L'Union du Cantal 11 novembre 2015 à 10h00 | Par R. Saint-André

Une opération de solidarité pour le Cézallier

FOURRAGE Un appel est lancé pour aider les agriculteurs des cantons de Condat et Allanche, frappés par la sécheresse et les rats.

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Tous les agriculteurs sont invités à donner de une à dix bottes de foin de bonne qualité.
Tous les agriculteurs sont invités à donner de une à dix bottes de foin de bonne qualité. - © RÉUSSIR©ANNICK CONTÉ

L’herbe n’est pas toujours plus verte dans le pré voisin. Si cette année, la récolte de fourrage fut globalement très moyenne, certains agriculteurs ont été doublement frappés par la sécheresse et la pullulation des rats taupiers, dans les cantons d’Allanche et Condat, les plus touchés. Pour les aider dans cette grande difficulté, une opération départementale de solidarité se met en place.
Dès son assemblée générale vendredi, la FDSEA avait lancé l’idée : que les agriculteurs du département, adhérents ou non, donnent chacun une, deux, trois voire dix bottes de foin pour permettre à leurs collègues de nourrir leur troupeau pour l’hiver prochain. Une proposition relayée aussitôt par la FDCuma et la Chambre d’agriculture, chacun agissant à son niveau. “Les Cuma peuvent abonder dans l’offre de foin et aussi être utile sur l’aspect logistique pour faciliter le transport de foin avec du matériel approprié”, assure Éric Lafon, président de la FDCuma.
“Notre participation est une évidence, car les Cuma ont aussi un rôle social et il faut penser à ceux qui se trouvent désemparés, montrer qu’ils ne sont pas isolés. Ne pas oublier que si les rats sont sous terre, sur terre, ce sont des hommes qui y vivent. Or, unpetit don ce n’est rien pour laplupart d’entre nous, mais multipliéc’est un vrai soulagementpour ceux qui sont dans le désarroi”, analyse Éric Lafon, en invitant les adhérents de Cuma à prendre contact avec le réseau(1).
De son côté, la Chambre d’agriculture prend contact avec les éleveurs touchés, évalue les impacts et les besoins et assure un accompagnement, comme l’explique David Noyer, directeur. “Les conseillers de secteur sont mobilisés et vont commencer par vérifier si tous ont bien prétendu au dispositif de plan d’urgence et s’assurer que personne ne passe à côté(2).”


Huit communes prioritaires

“C’est vrai que sur certaines exploitations qui ont passé tout l’été à porter du foin aux bêtes, les papiers sont restés sur le coin de la table ; il faut les aider dans les démarches”, estime Patrick Pomel, délégué cantonal de la FDSEA de Condat. Selon lui, il faut agir vite pour éviter que trop d’exploitations disparaissent sur son secteur : “Quand on n’a plus que 50 boules pour passer un hiver - qui chez nous dure six mois - l’opération solidaire peut apporter un peu d’espoir. Certains sont au bout du rouleau. Vous savez, c’est terrible de constater qu’on n’a plus rien dans la grange.”
“Dans notre secteur, certains n’ont déjà plus rien”, confirme à son tour Hubert Marcombe, délégué cantonal d’Allanche. “Car entre la sécheresse et les rats, des éleveurs ont été obligés de donner du fourrage aux animaux dès fin juin ou début juillet. Une opération solidaire sera vécue comme un soulagement pour limiter les frais qui vont être engendrés et aussi pour montrer qu’il ne sont pas tout seuls. C’est très important moralement.”
“Les besoins sont priorisés”, explique à son tour Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA. Ainsi, huit communes ont été identifiées comme particulièrement touchées : Landeyrat, Pradiers, Allanche, Vernols, Marcenat, Saint-Bonnet-de-Condat, Condat et Montgreleix. Ce qui n’exclut pas le cas par cas. “Les manques sont si considérables, qu’il nous faut lancer un appel d’envergure départementale”, estime le porte-parole du syndicat. Il insiste sur la qualité du produit offert : “Il vaut mieux moins de bottes mais de bonne qualité, que davantage de mauvais foin(3).”

(1) Soit auprès des présidents de Cuma, soit directement auprès du président de la FDCuma au 06 70 51 67 41.
(2) Les agriculteurs concernés doivent se rapprocher de leur conseiller de la Chambre d’agriculture.
(3) Prendre contact avec le responsable syndical de sa commune ou de son canton.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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