L'Union du Cantal 30 mars 2011 à 11h12 | Par P. Olivieri

La Légion d’honneur pour une bienfaitrice de l’humanité

Fondatrice de l’hôpital des nomades au Mali, Sœur Salomon a été honorée samedi à Vic-sur-Cère.

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“Je ne sais pas si ça se fait de remercier la France mais au nom de tous ceux qui travaillent avec moi je la remercie” : c’est avec son franc-parler coutumier étranger à la froideur d’un protocole que Soeur Anne-Marie Salomon a reçu samedi 26 mars des mains de Philippe Delort, la croix de chevalier de la Légion d’honneur, en présence de l’ancien ministre à la Coopération internationale et actuel président de l’Association française des volontaires du progrès, Jacques Godfrain, du conseiller au président de l’agence de l’eau Adour-Garonne, des responsables des antennes de Téranga Africa de Nantes et Millau, du maire L.-J. Liandier, de la conseillère régionale D. Bru... Une distinction - qui vient s’ajouter au Prix du courage, de l’exemplarité et du dévouement du Haut Conseil de la Coopération internationale, qui lui avait été remis en 2000 par le Premier ministre Lionel Jospin - à laquelle celle qui a fait le choix de dédier sa vie au service des peuples nomades maliens, a tenu à associer son fidèle compagnon de travail, Mohamed Ag Oumalha dit “Zado”, responsable de l’hôpital de Gossi (région de Tombouctou au Nord du Mali), “l’hôpital des nomades”, créé par Soeur Salomon.

“Il faudrait plusieurs heures pour décrire toutes vos actions”, n’a pas manqué de relever dans son allocution le Dr. Delort, après avoir retracé les grandes lignes du parcours de Sœur Salomon. Fille d’un médecin, lui-même officier de la Légion d’honneur, Anne-Marie Salomon fait partie de ces êtres qui semblent avoir déjà vécu plusieurs vies en une : bien que très tôt attirée par la médecine, elle s’engage à 21 ans dans la congrégation des Sœurs de la Retraite de Vannes dédiée aux retraites spirituelles et à l’enseignement des préceptes de Saint-Ignace : “être généreux et donner sans compter”.

 

C’est à Vic-Sur-Cère, siège de l’association Téranga Africa, qu’a eu lieu la cérémonie.
C’est à Vic-Sur-Cère, siège de l’association Téranga Africa, qu’a eu lieu la cérémonie. - © P.O.

Infatigable développeuse

 

Licenciée et professeur de mathématiques et physique-chimie, elle entame sur le tard, à 45 ans, des études de médecine et choisit un des pays les plus pauvres de la planète, le Mali, pour réaliser à Gossi son stage d’externat puis d’internat. Le début d’une nouvelle vie et d’une formidable entreprise solidaire. Installée à Gossi, elle y crée son premier centre de soins dans le quartier de Kaïgourou, un centre entièrement destiné aux réfugiés durant la rébellion touarègue qui durera cinq ans. Aujourd’hui, l’hôpital des nomades qui a inspiré le documentaire de Romain Potoki diffusé mercredi soir à Aurillac (voir ci-dessous) comprend un centre de soins à Gossi avec dispensaire, maternité, laboratoire d’analyses médicales, atelier d’optique, salle d’échographie et six dispensaires de brousse répartis dans le Gourma ma-lien. Des unités au sein desquelles œuvrent une équipe de 21 salariés maliens : infirmiers, sages-femmes, aides-soignants, magasinier, jardiniers... Sœur Anne-Marie est également parvenue à faire prendre en charge chaque année une dizaine d’enfants par des équipes médicales françaises pour des opérations chirurgicales avec le soutien d’une chaîne de solidarité. Et son engagement ne s’arrête pas là : à chaque dispensaire (intervenant dans un rayon de 150 km), elle a mis un point d’honneur à accoler systématiquement une école, fait creuser des puits... mais sans jamais se substituer à l’initiative locale. “Ne rien entreprendre qui n’ait été demandé par les populations locales elles-mêmes !” : tel est son credo anti-ingérence rappelé par Philippe Le Révérend, président de Téranga Africa, qui a rendu un vibrant hommage à celle avec qui des liens profonds d’amitié se sont noués. Aussi, pour “cette charge de travail considérable que vous assurez sans attendre d’autres récompenses”, Philippe Delort s’est dit honoré de remettre les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à cette infatigable bienfaitrice.

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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