L'Union du Cantal 23 mars 2016 à 08h00 | Par Christian Fournier

Association : la règle des trois fonctionne bien

Partant du principe qu’ils avaient plus à gagner ensemble qu’individuellement, ils ont monté un Gaec il y a dix ans, engagés dans une filière de qualité de cantal au lait cru.

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Au début des années 2000, à quelques kilomètres les uns des autres, ils sont encore installés en individuel dans trois villages de la commune de Coltines à conduire leur élevage laitier avec des animaux à l’attache dans des bâtiments anciens, traditionnels… Ils ne se connaissent pas plus que ça, mais ils s’estiment et travaillent déjà ensemble en Cuma. Puis, voyant arriver la fin des quotas, les voisins décident d’anticiper. L’idée de se regrouper en Gaec fait son chemin et se concrétise après 18 mois de réflexion. Le Gaec de la Crouzette, en Planèze, est fondé en 2006. Une réalisation qui leur a jusqu’à présent permis de traverser la crise agricole, mieux armés que beaucoup de leurs homologues : “On est un peu plus serein avec une maîtrise de nos coûts de production et une productivité de 266 000 l par UTH qui a augmenté, ce qui fait partie des clés pour s’en sortir”, analyse Jean-François Falcon, associé à André Delrieu et Éric Rispal.

Les associés, une entente sans faille a permis de mener à bien tous leurs projets.
Les associés, une entente sans faille a permis de mener à bien tous leurs projets. - © C. F.

Trois conditions

Leur lait AOP cantal est livré à la coopérative de Talizat (Sodiaal) spécialement destinée au lait cru et la mutualisation de leurs moyens est leur force. “Nous avions même pensé à passer au bio, mais la base du bio, c’est l’autonomie en céréales produites sur nos terres et si nous étions autonomes en fourrage, ce n’était pas acquis pour l’être en céréales…”, se souvient Jean-François. En 2006, la stabulation de Vauls regroupe tous leurs animaux sur un même site. “Depuis, ça marche plutôt bien”, estiment-ils aujourd’hui, satisfaits d’avoir clairement énoncé au début de leur projet des objectifs prioritaires : “Arriver à la retraite d’une façon acceptable. Avoir un revenu correct que nous avions fixé à 1 400 € net par mois, non comptées les mises à disposition. Enfin, il était essentiel pour nous de libérer du temps libre pour nos familles et nous avons opté pour un week-end de travail chacun toutes les trois semaines. Et ce temps libre, c’est notamment l’emploi de la mélangeuse qui le leur permet (lire par ailleurs) grâce au travail en Cuma, celle de Coltines, mais aussi en complément, celle de Talizat (Cuma du Sully) : “Sans les Cuma, qui est la solution pour n’avoir que très peu de matériel en propriété, nous n’aurions pas fait notre projet.” Et déjà se profile pour les plus âgés l’objectif retraite. Pour André, 60 ans, Jean-François, 55 ans, et Éric, 48 ans, le moment venu, il faudra renouveler les exploitants : “C’est notre prochaine échéance” et on peut leur faire confiance pour anticiper…

 

 

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