L'Union du Cantal 24 mars 2010 à 14h54 | Par R.Saint-André

Unie au second tour, la gauche garde la Région

Les électeurs qui se sont rendus aux urnes ont massivement plébiscité les forces de gauche, unies face à l’UMP arrivé premier d’une courte tête au premier tour.

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Q ui sort vainqueur des élections régionales ? Tout le monde et personne à en juger par les commentaires des candidats : la gauche compte en pourcentage et remarque une nette progression cantalienne et auvergnate ; la droite martèle qu'en nombre de voix, le PS recule et que la "première force politique de France" n'existe que grâce à ses partenaires écologistes et communistes... Le constat est pourtant là : avec à peine plus de 51 % dans le Cantal, le secrétaire d'État Alain Marleix enregistre un net recul par rapport au score de Valéry Giscard d'Estaing en 2004 qui dépassait les 55 %. Paradoxalement, il est vrai aussi que le département est celui qui a le plus voté en faveur d'un candidat UMP en France, et que la Région se situe en cinquième position en matière des votes de droite métropolitains. Pas suffisant cependant pour empêcher René Souchon d'asseoir sa légitimité. Tête de liste face au suffrage universel régional, il dépasse le score enregistré par son prédécesseur, Pierre-Joël Bonté. Mieux, il obtient le troisième meilleur score de la vague rose, derrière Martin Malvy en Midi-Pyrénées et Ségolène Royal en Poitou-Charentes.

 

 

Le rural qui rosit

"Nous avons réussi à dépasser nos projections les plus ambitieuses. Mon implantation dans le Puy-de-Dôme a bien pris (65,06 % en 2010 pour 54,75 % en 2004). Il faut dire que j'ai beaucoup travaillé sur Clermont", explique René Souchon au lendemain de son succès et des 33 sièges accordés à l'Union de la gauche. Trois de plus qu'il y a six ans. Quant au score réalisé sur la ville préfecture du Cantal, René Souchon en est fier ; il l'attribue à son "passage à Aurillac"... Il remarque surtout que la gauche progresse sur l'ensemble de ce département rural. "Les agriculteurs se rendent compte qu'ils ne pourront pas s'adapter à la loi du marché, que le libéralisme défendu par la droite sacrifie l'élevage". Le futur président du Conseil régional, qui regrette la suppression des quotas laitiers dont il revendique la co-paternité, promet qu'il fera "beaucoup d'efforts en faveur de la ruralité", en évoquant le travail à conduire conjointement avec les agriculteurs, les acteurs du tourisme et les communautés de communes. Mais en retrouvant son siège grâce à l'alliance conclue avec Europe-écologie et le Front de gauche, René Souchon devra composer avec de nouveaux élus bien décidés à faire appliquer les idées qu'ils défendaient dès le premier tour dans leurs programmes respectifs.

 

 

La nouvelle répartition des 47  conseillers régionaux d’Auvergne : les forces de gauche gagnent trois sièges.
La nouvelle répartition des 47 conseillers régionaux d’Auvergne : les forces de gauche gagnent trois sièges. - © DR

Condamnés à s'entendre

Ainsi, Christian Bouchardy (Europe-écologie) ne veut pas qu'un centime de la Région soit dépensé sur les routes, ni nationales, ni départementales. Son ami Lionel Roucan (les Verts) veut interdire la culture d'OGM en plein champs et tient à l'éco-conditionnalité agricole. Nuancé, André Chassaigne (PCF) prévient qu'il n'attend pas une agriculture "tout bio", prônant néanmoins des productions de qualité et des filières courtes. Il défend d'autre part l'idée de n'attribuer d'aides aux entreprises qu'en fonction de critères sociaux. Enfin, il semble qu'il a obtenu que ne soit pas expérimenté une ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires TER. Autant d'éléments à intégrer dans le programme des quatre années du mandat, dont René Souchon a d'ores et déjà fixé les priorités : l'emploi (à travers notamment des formations rémunérées) et la jeunesse (présentée comme une "grande cause régionale". Après quoi, les conseillers régionaux, comme les conseillers généraux, rendront leurs sièges pour laisser place aux... conseillers territoriaux. La mise en place de cette réforme revenant à un certain Alain Marleix. Une réforme que son principal artisan estime urgente afin d'intéresser d'avantage l'électorat. Car M. Marleix n'oublie pas que "des dizaines de milliers d'électeurs ne se sont toujours pas déplacés". Le secrétaire d'État candidat estime d'ailleurs que la Région reste un échelon mal identifié. "Les Français n'ont pas la tête dans la Région. Chez nous, le sud Cantal est tourné vers Toulouse ou Montpellier, la Haute-Loire vers Saint-Étienne et Lyon, tandis que les Bourbonnais ne se considèrent pas forcément Auvergnats".

Une autre vision

Et c'est ce constat qui fait dire à Alain Marleix que "ne pas abonder la finition du désenclavement est une erreur de fond". Il souligne que l'Auvergne serait la seule Région à ne pas conforter l'effort que l'État consent sur les routes, alors même que le Programme de modernisation d'itinéraire est prêt. Il redoute l'amplification des "forces centrifuges" des autoroutes (qui restent entièrement financées par l'État) qui cerclent l'Auvergne, à l'image de l'A75 gratuite qui borde le Cantal. "Le fait auvergnat, déjà pas très important, va encore s'amoindrir", pronostique M. Marleix en évoquant l'attractivité des grandes villes citées plus tôt. Comme les 47 autres conseillers régionaux, il siègera vendredi à Chamalières pour désigner un président. Un troisième tour totalement dénué de suspense.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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