L'Union du Cantal 26 mars 2004 à 00h00 | Par Frédéric Pigot

Une sensibilisation aux risques du métier

Le GVA des cantons de Mauriac, Pleaux, Salers vient d´innover en sensibilisant les exploitants
aux risques du métier.


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Des animaux excités par l´arrivée de la nourriture, une bousculade, la chute de l´éleveur et c´est l´accident… Refermer un râtelier dans lequel on vient de mettre du foin et enlever les ficelles de la balle représente une situation à haut risque aux yeux de Michel Gratio, conseiller prévention à la MSA. A la demande du GVA (Groupement de vulgarisation agricole) des cantons de Mauriac, Pleaux et Salers, il s´est rendu récemment sur l´exploitation de Jean-Pierre Constant, à Saint-Jean de Mauriac, pour sensibiliser les agriculteurs aux risques du métier."Dans le Cantal, 35% des accidents sont liés aux animaux", précise-t-il. Tout comme le râtelier, la mangeoire au milieu de la pâture n´est pas sans risque. Il conseille ainsi de la placer en bordure de clôture, de manière à ne pas avoir à aller au milieu du troupeau. Il souligne cependant l´importance de maintenir un contact avec les animaux. "On voit qu´elles sont visitées tous les jours", a-t-il souligné en constatant la docilité des génisses de Jean-Pierre Constant.
930 déclarations d´accident en 2003
Il invite également les éleveurs à conserver un bâton pour garder une distance avec les animaux au cas où. Autre intervention à risque : le bouclage des veaux, qui doit se faire dans les 48 heures, au moment où l´instinct maternel est le plus développé. Principale recommandation : ne jamais se mettre entre le veau et sa mère ou attacher la vache, ce qui n´est pas facile lorsque les bêtes sont en extérieur. Ces quelques cas ont été présentés durant l´après-midi, sans mise en scène particulière. Ce sont les situations courantes qui ont été privilégiées. L´arrivée d´un voisin venu récupérer une tonne à lisier a d´ailleurs servi de base de travail. Préalablement, les participants avaient assisté au "dépilement" des balles de foin dans la grange. Le vermifugeage des animaux, la vaccination, l´écornage, une délivrance cachée sous la paille, les périodes de chaleur, la sortie de l´hiver, les rebonds des balles de foin, les arbres de transmission à cardan, la météo qui pousse à la précipitation, le manque de main d´oeuvre… Autant de situations à risque que certains participants ont eu l´occasion de vivre.
L´importance de l´organisation
"Je rêve du jour où personne n´aura connu ce genre d´expériences", remarque Michel Gratio en insistant sur l´importance de l´organisation générale sur l´exploitation, de la maintenance et de l´entretien du matériel. "Il y a des gens plus à risque", remarque un participant en évoquant ceux qui n´ont jamais une minute à eux. "On était deux, c´est de l´inattention", raconte un second en évoquant la chute d´une branche qui a failli lui être fatale. Le matin, 17 participants ont visionné une vidéo sur les enchaînements qui précèdent l´accident. "Ce n´est jamais imprévisible", insiste Michel Gratio. En 2003, la MSA a enregistré 450 déclarations d´accident pour les 4.708 adhérents salariés, dont ceux des coopératives et des organismes professionnels agricoles. Pour les 8.664 exploitants inscrits à la MSA, 930 déclarations ont été recueillies. Michel Gratio intervient souvent dans les établissements de formation agricole, mais constate que c´est la première fois qu´il est sollicité par un GVA. Déjà en décembre, le bureau avait proposé une session "Manipulation des bovins". Une seconde est d´ores et déjà envisagée.

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