L'Union du Cantal 10 juin 2015 à 08h00 | Par Jean-Marc Authié

Une saison “comptablement fabuleuse, mais sportivement rageante”

Le Stade aurillacois a échoué d’un rien aux portes des phases finales. Thierry Peuchlestrade, entraîneur des lignes arrières, revient sur une saison tout de même remarquable.

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Le Stade aurillacois vient de boucler une saison rugbystique haute en couleurs et en émotions. Jusqu’au bout, les hommes de Jeremy Davidson et Thierry Peuchlestrade auront joué dans la cour des grands. Au final sixièmes, ils échoueront de trois petits points dans leur quête des phases finales. “Comptablement, échouer à trois petits points c’est tout de même fabuleux. Mais c’est en même temps très rageant car cela prouve bien que l’on n’était pas si loin de la qualification, lance Thierry Peuchlestrade. Mon sentiment ? Celui d’un mec qui entraîne depuis douze ans les pros, et qui se dit pour la première fois : on peut monter en Top 14.”

“La montée était possible sans que ce soit du vol”

Celles et ceux qui connaissent bien l’entraîneur des arrières du Stade savent très bien que l’homme n’est pas du genre à faire des pronostics et encore moins des projections à la légère. “Avec un peu de baraka, la montée était possible et sans que ce soit du vol. Je suis persuadé qu’en phases finales, rien ne nous aurait fait peur car nous étions capables de passer les tours”, appuie-t-il. Pour preuve, hormis Pau qui a survolé les débats toute la saison, le Stade a non seulement fait plier tous les cadors à Jean-Alric, “mais on les a également accrochés chez eux. Bien sûr, nous avons manqué d’expérience sur certains matches, notamment chez les moins bien classés où l’on attendait beaucoup plus de nous. Je pense à Dax ou encore à Massy. Ce sont des matches que nous n’avons pas su gérer comme nous aurions dû”. Et puis il y aussi Albi, la seule équipe à s’être imposée dans le Cantal... et qui a fini cinquième ! D’une manière générale, Thierry Peuchlestrade considère aussi que le recrutement de l’an dernier “a été efficace avec des jeunes qui nous ont beaucoup apporté. Même si le manque d’expérience était palpable, ils avaient tous la même envie, celle de bien faire et de donner leur maximum”. Et comme la sauce a bien pris avec les plus anciens, le contenu général s’est avéré positif. “Nous avons su nous appuyer sur notre conquête, notamment la touche, sur une bonne animation offensive avec Max (NDLR : Maxime Petitjean) qui a bien rempli son rôle. Ensuite, on a manqué de réalisme car nous n’avons pas marqué beaucoup d’essais en début de saison, sans pour autant changer notre jeu. Bon, il est vrai aussi que les belles envolées sont arrivées en fin de saison, avec le beau temps”, s’amuse-t-il.

Auteur d’une grosse saison, Maxime Petitjean mènera encore le jeu aurillacois l’an prochain. (photo d’archives)
Auteur d’une grosse saison, Maxime Petitjean mènera encore le jeu aurillacois l’an prochain. (photo d’archives) - © J.-M.A

Une Pro D2 avec “une gueule de Top 14 d'il y a quatre ou cinq ans”

Lucide jusqu’au bout, le coach estime “qu’on avait une opportunité réelle cette année dans une poule très homogène. Car l’an prochain, ce sera beaucoup plus dur. La poule va encore monter d’un cran, le niveau aussi, donc nous aussi”. C’est d’ailleurs le cas depuis quelques années. Le Stade a cette faculté de pouvoir s’adapter malgré le manque de moyens (un des plus faibles, voire le plus faible budget professionnel), le départ des meilleurs éléments... C’est aussi la preuve que la formation aurillacoise est excellente, tout comme le recrutement, judicieux. “L’an prochain, nous aurons un groupe à peu près identique et avec une cohésion renforcée. Il y aura un peu plus de maturité pour nos jeunes, dont certains comme Hézard, Granouillet, Boisset ou encore Nanette se sont affirmés. Pour peu que la balance entre les départs et les arrivées soit positive, alors cela devrait être bon.” Côté recrutement (lire encadré), le Stade aurillacois pourra donc compter sur la plupart de ses tauliers et espère que les nouveaux viendront bonifier ce groupe en apportant ce petit plus nécessaire à toute accession. “Cela se présente plutôt bien sur le papier. Mais nous ne serons pas les seuls.” Et d’enchaîner : “Le Lou (Lyon) descend, mais, on le sait avec, déjà, de grosses ambitions pour remonter tout de suite. Après, il y a tous ceux qui ne sont pas montés cette année, comme Perpignan, Biarritz ou encore Mont-de-Marsan, et qui auront une énorme envie. La poule risque d’avoir une gueule de Top 14 d’il y a quatre ou cinq ans. Il ne faut pas oublier non plus la montée d’Aix, qui a des moyens et qui connaît la Pro D2, et l’arrivée de Lille qui bosse pour atteindre ce niveau depuis des années et qui aura également des moyens.” Toujours est-il que le Stade devrait lui aussi être prêt. Au sortir d’une saison qui s’est conclue sur une victoire, le 10 mai, face à Bourgoin, Aurillac reprendra le chemin de l’entraînement le 29 juin. Ce sera parti pour neuf semaines de préparation avec au programme 15 jours intenses de “physique” sous la houlette de Sébastien Delpirou, puis le jeu qui fera petit à petit son apparition. Un stage est également prévu. Quant aux matches amicaux, quatre sont pour l’instant programmés afin que le Stade aurillacois soit prêt. Prêt pour une nouvelle histoire, une nouvelle aventure en Pro D2 qui débutera le vendredi 21 août.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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