L'Union du Cantal 30 juin 2004 à 00h00 | Par Benoît Parret

Une réserve biologique à l´étude

L´ONF envisage la création d´une réserve biologique de 174 hectares dans la forêt domaniale de Murat pour y mener des études scientifiques.

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Coupes "à blanc" laissant un terrain en proie à l´érosion, plantations de sapinières rectilignes : la forêt n´est pas forcément ce que veut en faire l´homme. La tempête de 1999 a démontré la
fragilité de ce patrimoine naturel. L´ONF, en charge de la forêt publique en France, porte de plus en plus sa réflexion sur l´étude du milieu naturel dans sa biodiversité et les conséquences de l´intervention humaine, qu´elle soit économique, écologique ou touristique. C´est dans ce cadre-là que l´Office national envisage la création d´une réserve biologique dans la forêt domaniale de Murat.

"?tablir des comparaisons"

"Il s´agit d´étudier l´évolution du milieu de façon naturelle (réserve intégrale), sa régénérescence, le développement des essences et de certains biotopes en termes de flore et de faune ou au contraire son évolution avec l´intervention de l´homme (réserve dirigée), explique Thomas Darnis, responsable "environnement". Le but étant de pouvoir établir des comparaisons puisque la forêt naturelle en France n´existe pas". Emmené en fin de semaine dernière par Patrice Vermelen, directeur territorial de l´ONF Auvergne-Limousin, le comité scientifique de l´ONF s´est rendu sur les hauteurs d´Albepierre pour valider la pertinence du territoire retenu pour la création de la réserve. L´évaluation scientifique sera produite devant le Comité national de protection de la nature dans l´objectif d´obtenir un statut officiel conjoint des ministres de l´Agriculture et de l´Environnement.

Une réflexion d´ensemble

Jusqu´à la limite haute de la forêt, dans le cirque de Chamalières, et le secteur du Lissard, 174 hectares sont à l´étude avec 107 hectares de réserve biologique intégrale et 67 hectares de réserve dirigée. "Nos objectifs portent sur la production de bois, l´intérêt écologique, la protection des sols", note Philippe Rouanne, technicien?à?Aurillac. Parallèlement, une réflexion d´ensemble est menée pour l´aménagement de la forêt, ce qui comprend aussi l´accueil du public avec la mise en sécurité ou les sentiers de randonnée. "Une réserve biologique ne constitue pas non plus la fin de la chasse pour réguler les populations,?notamment d´ongulés, et maintenir les équilibres", précise Nicolas Drapier, coordinateur national des réserves. L´intérêt aussi de cette réserve dans la forêt domaniale de Murat est d´étudier une sapinière-hêtraie de montagne dans le Massif central. "En Auvergne, le retard en la matière provient de la faible importance de la forêt publique. Il existe une réserve de 100 hectares à Tronçais, dans l´Allier. Une réserve dirigée est en cours de création au puy de la Tuile (forêt communale) aux Deux Verges près de Chaudes-Aigues, où sera étudiée la pratique du pastoralisme et les effets induits sur la lande.

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