L'Union du Cantal 01 février 2012 à 14h53 | Par Jean-Yves Brunon

Une préfecture cantalienne en tous ses états

La préfecture du Cantal est la première de France édifiée en tant que telle, en 1806. Elle constitue un point de communication privilégié entre le citoyen et l’administration.

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Le dernier cahier des Amis du Patrimoine de Haute-Auvergne est consacré à l’hôtel de la préfecture et aux préfets du Cantal. Cet ouvrage a été coordonné par Marc-René Bayle, docteur en histoire, préfet du Cantal, et Édouard Bouyé, conservateur en chef du patrimoine, directeur des Archives départementales du Cantal. Bien que le bâtiment fût achevé en 1806, le premier préfet, François Riou de Kersalaün, ne s’y installa qu’en 1812, il y a juste 200 ans. Dans cet ouvrage qui vient de paraître, 16 auteurs, historiens, témoins, membres du corps préfectoral, experts, présentent l’hôtel et son mobilier, ainsi que plusieurs figures de préfets et de fonctionnaires qui ont habité cette maison et y ont travaillé. Lieu de pouvoir, de représentation et aussi de réception, l’hôtel de la préfecture est, dans le chef-lieu du département, la maison de l’État. L’ouvrage, illustré de documents anciens et de photographies actuelles, permet de découvrir certaines pièces de l’édifice qui ne sont pas habituellement ouvertes au public. Dans sa préface, Michel Bart, préfet et secrétaire général du ministère de l’Intérieur, souligne que c’est précisément cette année que le ministre de l’Intérieur a décidé d’instituer le comité pour l’histoire préfectorale : “C’est dire que cet ouvrage sur la préfecture du Cantal arrive à temps et apportera une contribution utile et emblématique au travail de recherche qui va être engagé.”
La préfecture cantalienne.
La préfecture cantalienne. - © (cliché Jérôme Groisard, ministère de l’Intérieur)

Des agrandissements successifs

 

L’histoire du bâtiment de la préfecture est celle de ses agrandissements successifs autour de l’hôtel primitif de 1812. Des écuries furent construites en 1814 au nord-est de l’hôtel. En 1826, des bureaux sont créés au-dessus des écuries, puis en 1859 est réalisé le prolongement de l’hôtel vers le sud-ouest. L’année 1864 voit l’extension du bâtiment sur sa façade sud. La façade côté jardin s’aligne sur celle existante. L’extension réalisée crée l’aile sud-ouest de la préfecture. En 1879, un nouveau projet d’agrandissement est prévu : les bureaux sont agrandis du côté nord. Il faut attendre la Libération pour voir à nouveau entreprendre de grands travaux. Le Conseil général adopte le projet présenté qui prévoit la construction d’une aile sur le côté nord entre la rue Transparots et le cours Monthyon. L’aile nouvelle s’élèvera perpendiculairement à l’hôtel, sur l’emplacement des anciennes écuries et s’étendra dans les jardins jusqu’au canal qui les borde. Le dernier projet d’extension de la préfecture est réalisé de 1974 à 1978 cours Monthyon et place Gerbert. Le nouveau bâtiment a été conçu de façon à pouvoir s’insérer dans le contexte urbain environnant tout en prolongeant, avec un léger décalage, l’aile des bureaux actuels. Cette construction, édifiée avec des matériaux traditionnels, parachevait l’ensemble immobilier que se partagèrent, jusqu’à la décentralisation, la préfecture et le Conseil général. L’hôtel primitif et ses volumes ont été conservés. Seule l’affectation des pièces diffère : le bureau du préfet au rez-de-chaussée et le transfert des locaux administratifs dans les extensions développées au nord. L’hôtel primitif est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Cet édifice est typique de l’architecture française depuis la Renaissance : l’hôtel particulier entre cour et jardin. Il est l’exemple même de la première période de l’architecture néo-classique en France qui se caractérise par une note antique dans les volumes et dans l’ordonnancement des façades : utilisation des ordres, de la symétrie, des proportions, la hiérarchie des percements. À l’intérieur, la pièce la plus typée est la salle de la rotonde avec son décor de style Empire et son parquet en chêne rayonnant à partir d’une étoile centrale.

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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