L'Union du Cantal 31 janvier 2007 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Un “rallye poil” pour mieux connaître son troupeau

Six éleveurs du canton de Maurs expérimentent en commun la méthode Obsalim.

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Le principe d’un rallye, c’est d’évaluer à plusieurs les indicateurs qui trahissent la bonne santé ou non d’un troupeau et de trouver ensemble les bonnes solutions alimentaires amélioratices.
Le principe d’un rallye, c’est d’évaluer à plusieurs les indicateurs qui trahissent la bonne santé ou non d’un troupeau et de trouver ensemble les bonnes solutions alimentaires amélioratices. - © L'Union du Cantal
Bruno Giboudeau est un vétérinaire qui a conçu un principe révolutionnaire pour améliorer la santé des vaches laitières. Exclusivement basée sur l’observation de l’animal (notamment de son poil) et sur des corrections alimentaires, cette méthode baptisée “Obsalim” est plus facile à apprendre en groupe. Depuis une rencontre avec le concepteur, six éleveurs de Châtaigneraie se réunissent régulièrement, observent, agissent et enregistrent des premiers résultats positifs. Un “rallye poil” pour reprendre l’expression du docteur Giboudeau. André Muratet et Daniel Carrière de Saint-Étienne de Maurs, Raphaël Bruel, Jean-Marie Fau, Thierry Bac et Cyril Ginalhac ont programmé pour février leur 3e réunion, encadrée par leur contrôleur laitier, Stéphane Dejou, spécialement formé. “Dès la mi-décembre, nous avons appris à identifier les signes les plus flagrants sur nos troupeaux”, se souvient M. Muratet, éleveur d’holsteins. “Trois semaines plus tard, nous avons fait le lien entre les signes observés et l’alimentation”. C’est le principe même d’Obsalim : l’observation directe des animaux trahit leurs habitudes alimentaires et permet rapidement de dresser un diagnostic, voire d’éviter certaines pathologies.
Pour le bien-être des animaux et la trésorerie de l’éleveur
Ce qui revient dans un premier temps à garantir le bien-être  des animaux et à terme de limiter des charges vétérinaires tout en valorisant au mieux les fourrages et les concentrés. “Et des vaches en forme produisent mieux”, confirment les éleveurs du groupe. Car les indicateurs doivent être relevés sur environ 75 % du troupeau pour être validés. Par exemple, si les trois quarts des vaches ont le poil sale à hauteur de l’omoplate, c’est qu’elles se lèchent en raison d’une démangeaison... causée par une douleur à l’estomac. “Depuis toujours on observe les vaches. Mais désormais, on met quelque chose derrière ce que l’on voit”, remarque l’éleveur de Saint-Étienne de Maurs. “Le rallye poil permet de se former à plusieurs, sachant qu’il nous faudra rapidement être chacun autonome”, admet-il. Raphaël Bruel a également été conquis par la méthode. “On peut facilement apporter des corrections sans coût supplémentaire”, témoigne-t-il. Et si certains résultats sont visibles seulement quelques heures après la correction, d’autres prennent plus de temps ou induisent des améliorations plus tardives. M. Bruel est également convaincu d’un retour positif sur le long terme. Par exemple sur la fécondité.
Des résultats à court et à long terme
Déjà, depuis la première réunion, les six éleveurs ont relevé objectivement une amélioration globale de l’état des différents troupeaux ; des poils moins hérissés ; des ports de tête plus droit ; moins de naseaux qui coulent ; et bien d’autres signes négatifs qui s’atténuent. “Parfois, en ne changeant que bien peu de choses. Simplement la chronologie des aliments, du foin
d’abord, le silo ensuite”, expliquent MM. Bruel et Muratet. Ils témoignent aussi d’une ambiance de franche camaraderie au sein de ce groupe d’éleveurs qui partagent la même motivation. Et si le contrôleur laitier pouvait craindre un moment que des agriculteurs d’un même rallye allaient se “juger entre eux”, il fut vite rassuré. “On a chacun nos défauts, on progresse ensemble”.

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