L'Union du Cantal 18 février 2009 à 14h14 | Par R. Saint-André

Un outil pour parler plus librement de ses difficultés

“Écoute éleveurs en détresse”: tel est le nom de la cellule téléphonique mise en place cette semaine.

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Pas évident de parler de ces choses-là. Par pudeur, souvent ; parce que parfois habité par le sentiment de culpabilité ; ou hanté par la peur de l’avenir. De fait, l’agriculteur en grande difficulté reste seul, face à son désarroi. Partant de ce constat, et compte tenu de la multiplication d’éleveurs en détresse, la FDSEA et les JA ont pensé à ouvrir un numéro vert (gratuit). Au bout du fil, écoute et conseils, avec des spécialistes, issus de la MSA, de la Chambre d’agriculture ou de l’Adasea. Mais en fait, qu’importe la structure. Le plus important, c’est cette oreille attentive qui écoute et cette voix qui oriente afin de trouver des réponses. “L’interlocuteur doit se sentir libre, pas sous la responsabilité d’une structure identifiée”, précise Joël Piganiol de la FDSEA.

Avant qu’il ne soit trop tard
Le président de la MSA, Albert Chandon, salue le courage du syndicat de mettre en place pareil dispositif. Un outil nouveau et différent pour bénéficier, par exemple, d’un échéancier de paiement pour alléger une trésorerie mise à mal par une très mauvaise conjoncture.
Le directeur de la Chambre d’agriculture révèle qu’entre 2006 et 2008 le revenu des éleveurs du Cantal a été divisé par deux ! “La plupart font face en puisant dans les réserves et en limitant les dépenses”, explique Bernard Berthelier. Mais il sait qu’il devient urgent de les repérer avant que l’équilibre de l’exploitation ne soit sérieusement mis à mal. À cet égard, la cellule d’écoute servira aussi à une analyse plus fine de la situation (statistiques anonymes), afin de répondre au mieux aux besoins exprimés. Cette “harmonisation de l’écoute”, comme l’a définie le président de la FDSEA, Patrick Escure, doit permettre de s’exprimer sans a priori : “Car personne n’est à l’abri”, conclut-il, “mais ensemble, on a les moyens de passer le cap. On ne laissera personne au bord de la route”.

0800 115 315
Le numéro vert est gratuit. Il est actif depuis mardi. La cellule d’écoute est joignable du lundi au jeudi de 8 h 30 à 12 heures et de 13 h 30 à 17 heures et le vendredi de 8 h 30 à 12 heures de 13 h 30 à 16 heures.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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