L'Union du Cantal 14 mars 2007 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Un audit pour permettre aux producteurs laitiers de se situer face à l’AOC

Tous les producteurs de lait du département vont bénéficier d’un audit, à partir duquel ils pourront décider de s’engager ou non dans l’AOC cantal. La démarche est lancée.

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Avant de répondre aux questions de son technicien, l’éleveur fait avec lui le tour de l’exploitation.
Avant de répondre aux questions de son technicien, l’éleveur fait avec lui le tour de l’exploitation. - © L'Union du Cantal
Il ne sait pas s’il va s’engager dans une démarche de lait AOC. A Talizat, André Gravejat -en Gaec avec sa belle-fille depuis le mois dernier- voudrait d’abord en savoir davantage sur la plus-value qu’il pourrait attendre en contrepartie de cet engagement. C’est ce qu’il a fait savoir au technicien venu il y quelques jours réaliser un audit sur son exploitation. Avant de faire connaître sa décision, il a pris le temps d’écouter Alexis Meironen de la Chambre d’agriculture, mandaté par le Cif (Comité interprofessionnel des fromages), pour réaliser cet audit gratuit, proposé à tous les éleveurs laitiers de la zone de l’appellation d’origine cantal. Le contenu du décret qui vient d’être signé lui a été résumé. Notamment tous les nouveaux engagements qui concernent la production, mais aussi la transformation et l’affinage.
Phase de réflexion
“La démarche se met en place en trois étapes : actuellement, c’est une phase de sensibilisation. Puis viendra l’heure de l’habilitation. Après quoi, les producteurs engagés bénéficieront d’un accompagnement”, explique M. Meironen. Les informations recueillies de part et d’autres laissent supposer que l’alimentation du bétail sera le point le plus délicat pour respecter les termes du décret. Certes, depuis trois ans, André Gravejat a renoncé à l’enrubannage. Mais les sécheresses à répétition sur ce secteur du département l’obligent à acheter du fourrage hors zone, dont du foin de luzerne. Le décret prévoit d’ailleurs des dérogations, notamment en cas de catastrophe naturelle (dont la sécheresse). “Dans certains cas, les systèmes fourragers devront être entièrement revus”, remarque le technicien.

La valorisation du lait se fait attendre 
Ce n’est pas forcément le cas chez le Gaec Gravejat où, finalement, peu d’adaptations seraient nécessaires : les animaux naissent et sont élevés sur l’exploitation (donc sur la zone), l’herbe est bien valorisée, les concentrés dans les rations alimentaires parfaitement maîtrisés... Et si les quelques ajustements ne semblent pas rédhibitoires, le producteur tient à souligner que, déjà, des efforts avaient été consentis pour améliorer la qualité du lait. “Mais ils n’ont pas forcément été récompensés par une revalorisation du prix payé !”, se plaint-il. Mais un argument de son technicien fait mouche : “Si les quotas ne sont pas maintenus à l’avenir, la valorisation par les AOC permettra de conserver une production laitière sur la zone, sans concurrence”. “Mais il faut y croire avant de se lancer”, estime Alexis Meironen. La décision du Gaec Gravejat n’est pas prise. Mais il est probable qu’il s’engagera.

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