L'Union du Cantal 20 février 2008 à 00h00 | Par Jean-Marc Authié

Tunnel du Lioran : le gabarit autorisé devrait passer à 4,40 m d’ici l’été

Afin de répondre aux besoins des usagers et des professionnels, Paul Mourier, préfet du Cantal, annonce de nouvelles mesures pour le tunnel du Lioran.

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Dix centimètres plus haut ! Le gabarit autorisé pour emprunter le tunnel du Lioran devrait passer de 4,30 m à 4,40 m dès qu’un dispositif plus performant des intrusions aura été mis en place. C’est ce que Paul Mourier, préfet du Cantal, vient d’annoncer. Le représentant de l’État en a également profité pour faire une mise au point et tordre le cou à certaines déclarations ou on-dit. “Tout d’abord, il y a deux définitions à bien avoir en tête : le gabarit, il s’agit de la hauteur maximale d’un véhicule, chargement compris, dont le passage peut être accepté dans des conditions normales de circulation dans un ouvrage. Cette grandeur est associé à un véhicule ; la hauteur libre minimale, c’est la distance minimale entre tous points de la partie roulable de la plateforme et la sous-face de l’ouvrage, ou de la partie inférieure des équipements supportés par la sous-face de l’ouvrage. La circulaire d’octobre 1986 précise que sur toute route nationale, la hauteur libre minimale est de 4,30 m (cohérent avec les pratiques européennes)”.

Un tunnel aux normes

Les caractéristiques actuelles du tunnel du Lioran sont : 1 515 m de longueur ; 9 m de largeur entre les trottoirs ; gabarit à 4,30 m ; vitesse limitée à 70 km/h ; hauteur minimale retenue lors de la conception à 4,50 m ; hauteur libre constatée à 4,66 m. Au passage, le préfet rappelle que sur le réseau national, le gabarit réglementaire est de 4 mètres, de 4,30 m sur l’international, de 4,50 m sur autoroute. Concernant la hauteur libre minimale, les chiffres sont de 4,30 m, 4,50 m et 4,75 m. “Alors je le redis avec insistance, le tunnel du Lioran est totalement aux normes et en cohérence avec ce qui se pratique en Europe”. Ceci étant, Paul Mourier a confirmé les incidents rencontrés depuis la mise en service du tunnel, le 16 novembre dernier. “Il a été fermé deux fois, les 28 novembre et 9 janvier, suite au passage d’un camion d’une hauteur supérieure au gabarit retenu. La durée de fermeture a été respectivement de 15 et deux jours”. Le tunnel a été fermé aux poids lourds de plus de 7,5 tonnes, du 17 au 25 janvier, “pour reprendre le dispositif de protection des équipements qui s’est avéré non conforme”. Les jours de semaine, “le détecteur de gabarit se déclenche dix à 20 fois par jour. La très grande majorité des poids lourds hors gabarit emprunte l’itinéraire de déviation, la RD 67. Il faut vraiment souligner que les incidents rencontrés sont provoqués par des véhicules qui ne respectent pas la réglementation”. Enfin, d’autres problèmes ont été relevés : mauvaise perception de la signalisation réglementaire et interrogations sur l’interprétation du message concernant les “panneaux à messages variables” situés en amont des carrefours RN 122 et RD 67 ; confusion entre hauteur libre et gabarit induisant des difficultés de communication ; conception du système de détection des véhicules hors gabarit ; gestion difficile de l’évacuation ou retournement des véhicules hors gabarit engagés dans la zone comprise entre le carrefour avec la RD 67 et la tête du tunnel ; fragilité du dispositif d’arrêt (protection des équipements). 

D’ici l’été, plusieurs dispositifs de sécurité devraient être mis en place : détecteur de hauteur, feu rouge, alarme sonore, coffrage en béton armé.
D’ici l’été, plusieurs dispositifs de sécurité devraient être mis en place : détecteur de hauteur, feu rouge, alarme sonore, coffrage en béton armé. - © J.- M. A.

Évolutions envisagées

Pour répondre aux enjeux économiques, le gabarit autorisé sera relevé à 4,40 m “dès qu’un dispositif plus performant de prévention des intrusions aura été mis en place”, a annoncé le préfet. Ce dispositif doit permettre de réduire les marges de sécurité pour la protection des équipements sans conséquences préjudiciables pour ces derniers. “Dans tous les cas de figure, on doit répondre aux objectifs suivants : offrir un dispositif cohérent et compréhensible du public et des usagers ; minimiser les contraintes d’exploitation”. Concernant les détections et les dispositifs d’arrêt, “trois zones doivent être analysées pour déterminer les hauteurs de détection à retenir et les dispositifs à mettre en œuvre”, a ajouté le préfet :
- Zone 1, en amont du point de choix (carrefour RN 122/RD 67) : Problématique : renforcement de l’information sur le gabarit, lisibilité de la signalisation. La hauteur de détection doit être proche de celle retenue pour le gabarit autorisé. Dispositifs complémentaires étudiés : reprise de la pré-signalisation verticale et de la signalisation directionnelle (implantation et caractéristiques techniques) ; reprise de la conception du dispositif de détection ; réflexion sur la mise en place d’un système de lecture de plaques d’immatriculation pour cibler le véhicule auquel s’adresse le message (à confirmer avec les fédérations de transport).
- Zone 2, entre le point de choix et la tête du tunnel : Problématique : détection de dépassement du gabarit autorisé et arrêt du véhicule détecté. Dispositifs complémentaires étudiés : mise en place d’un contrôle automatisé d’enregistrement des plaques des véhicules en dépassement de hauteur par l’exploitant ; dispositions à prévoir pour arrêter le véhicule et lui permettre de manœuvrer sans gêne, dans de bonnes conditions de circulation. Il est envisagé la mise en place d’un nouveau système de détection (hauteur à définir), d’un dispositif d’arrêt avec feux rouge et alarme sonore.
- Zone 3, le tunnel : Problématique : protection des équipements du tunnel. Dispositifs complémentaires étudiés : la mise en place d’un coffrage en béton armé à 4,55 m afin de stopper net le véhicule.
 

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