L'Union du Cantal 13 juillet 2011 à 14h34 | Par P. Olivieri

Tour de France - Cantal’Tour dans la peau ou la passion vélo

Dimanche c’est un Cantal rude mais magnifique qui a accueilli coureurs et spectateurs d’une course à suspense.

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Les bobs quadrillés de rigueur ont laissé place aux parapluies et les parasols été reconvertis en abris. Car ce n’est pas un crachin breton qui sévit ce dimanche 10 juillet au matin sur le Lioran mais une grosse pluie ininterrompue qui doit faire ailleurs le bonheur des agriculteurs. Alors, sur le bord de la route sinueuse qui grimpe à la station plongée dans le brouillard, on s’occupe comme on peut, faisant souvent contre mauvaise fortune bon cœur à l’image de Jean-Louis tout droit arrivé de Pompadour et qui profite de sa récente retraite pour se faire plaisir en suivant cette étape du Tour. Avec son collègue Charles Henri, les voilà attablés à 10 heures du matin avec un petit rosé, bien frais vu la température ambiante, et un confit de foie de volaille au porto.

Plus loin, cette famille stéphanoise, en transit vers sa villégiature estivale, a sorti les cahiers de vacances tandis que du côté de cette tablée de neuf de Carladésiens et Aurillacois, on s’essaie aux premiers pronostics pour cette seconde étape de moyenne montagne : “Moi je verrais bien l’ancien de chez Cofidis, Chavanel”, lance Jean-Pierre aussitôt contredit : “Ce sera le Belge Gilbert ou un des frères Schlek”, assure Yoann coupé par un “Non, je vous dis que ce sera Contador !”

 

La morosité du matin pluvieux a vite laissé place à l’excitation avec l’arrivée de la caravane puis de l’échappée.
La morosité du matin pluvieux a vite laissé place à l’excitation avec l’arrivée de la caravane puis de l’échappée. - © P.O.

Le jeu des pronostics

 

André, 61 ans, qui arbore le tee-shirt jaune du Tour sous sa veste et qui a planté son drapeau tricolore au bord de la chaussée, penche plutôt pour un Français : “Ce serait bien que ce soit Thomas Voeckler”, espère celui qui n’a pas raté un Tour de France depuis une bonne vingtaine d’années. “Une nouvelle victoire française à Saint-Flour, ce serait un bon point pour le Cantal”, estime pour sa part Jean-Louis, éleveur de salers à Marmanhac.

Première brève éclaircie sur les coups de midi et demi tandis que le peloton vient à peine de s’élancer d’Issoire. Encore une grosse heure à patienter avant l’une des grandes attractions de la journée, la caravane, et c’est un groupe de Belges venus de Liège, pour suivre comme chaque année depuis neuf ans deux étapes du Tour, qui met l’ambiance sur des airs d’accordéons wallons. Dans les campings-cars on oriente comme on peut les paraboles pour suivre l’étape en direct. Et les premières nouvelles véhiculées par le bouche-à-oreille sont saluées : une échappée au 40e kilomètre de six coureurs, dont les Français Voeckler et Casar.

Le soleil fait un retour plus franc tandis que la caravane est annoncée à Saint-Jacques-des-Blats. Chacun cherche la position la plus stratégique pour engranger le maximum d’échantillons. Petits et grands, toutes catégories sociales confondues, se prêtent alors au jeu de ce convoi publicitaire au succès populaire jamais démenti.

Quinze heures, Voeckler en tête au Pas de Peyrol avec plus de trois minutes d’avance, relaient les téléphones portables sur lesquels on suit les dernières informations dont celle qui, quelques instants plus tard, annonce la lourde chute qui contraint deux nouveaux outsiders, Vinokourov et Van Den Broeck, à l’abandon. “La descente du col du Perthus pourrait être tout aussi dangereuse”, redoute une spectatrice qui connaît bien les lieux.

Cette fois, le ciel et les sommets sont définitivement dégagés, on guette le balai des hélicoptères qui, une trentaine de minutes plus tard, surplombent Saint-Jacques-des-Blats. Et dans les rangs des Cantaliens, on déploie le cartouche rouge Cantal Auvergne imprimé sur des petites roll banners. Entraînant dans son effort et son sillon Casar, Sanchez, Flecha et Hoogerland, Thomas Voeckler apparaît à la sortie du virage, à peine le temps d’une ovation et d’une photo. Six minutes s’écoulent et c’est le peloton parti en chasse qui avale l’asphalte fumant avant d’arriver au col de Cère. La fête est, déjà, finie. On remballe les chaises, on s’empresse de regagner sa voiture pour tenter de suivre la fin de l’étape à la télévision.

Mais pour beaucoup ce n’est qu’un aurevoir : “Prudhomme nous a promis qu’il ferait passer le Tour à Pailherols”, assurent les Carladésiens. Impassibles à l’agitation de ces dernières heures, les salers, elles, continuent de brouter consciencieusement l’herbe reverdie ces derniers jours sur les pentes du Massif cantalien.

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