L'Union du Cantal 11 mai 2016 à 08h00 | Par Renaud Saint-André

Tour d’horizon de l’actualité par le préfet

Si, comme le disait en son temps Lionel Jospin “l’État ne peut pas tout”, il affirme en revanche l’omniprésence de ses services déconcentrés dans le Cantal, comme le préfet a tenu à le rappeler.

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Le préfet du Cantal ne veut plus entendre que “l’État abandonne le département”. Richard Vignon argumente pour démontrer que, malgré les difficultés conjoncturelles des uns et des autres, ni les collectivités, ni les entreprises locales, ni le monde agricole ne devraient pouvoir l’affirmer. Preuves chiffrées lors d’une rencontre face à la presse, le 3 mai. “Le gouvernement a prévu pas moins de 62 mesures nouvelles au bénéfice des territoires ruraux, dont certaines bonnes pratiques se développent dans le Cantal, à l’image des maisons de services(1) ou des maisons de santé, déjà réalisées ou en cours de labellisation ; des réflexions sur l’accessibilité aux services ou sur le tissu scolaire, impulsées par une convention”, lance-t-il en préambule. Le représentant de l’État ajoute que, désormais, une plate-forme unique sert les porteurs de projets (collectivités locales ou acteurs économiques). Un “secrétariat interministériel”, assuré par la Direction départementale des territoires (DDT), sous l’autorité des sous-préfets, qui permet de rencontrer rapidement les services de l’État dans toutes ses composantes et de bénéficier d’un éclairage conjoint sur les normes, le devoir ou non d’une enquête publique, les démarches, les financements, etc. “En travaillant de front et en temps masqué, le montage du dossier est cohérent et il aboutit plus rapidement”, résume le préfet Vignon.

PME et agriculture

Quant aux entreprises déjà existantes, elles ont bénéficié d’une série de mesures afin de créer de l’emploi, dont le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). En outre, depuis son instauration le 14 janvier, la prime à l’embauche a permis aux PME du département de pourvoir 501 postes. Et pour les métiers en tension qui ont du mal à recruter de la main d’œuvre, Pôle emploi finance des sessions de formation. “En se fixant pour objectif de former le double de demandeurs d’emploi que l’an dernier, soit 1 450 personnes formées”, précise le représentant de l’État. Dans le domaine agricole, Richard Vignon ne peut que déplorer une année 2015 qui fut “catastrophique”. L’ancien patron des pompiers qu’il était, use d’une métaphore : bien sûr, il est difficile lorsque la maison brûle de ne se satisfaire que du remboursement de l’assurance… Toutefois, il tient à ce que “tout le monde sache ce qui a été fait en faveur du milieu agricole, même si ça ne règle pas tous les problèmes”. Ainsi, liste-t-il les 1 000 exploitations qui ont bénéficié d’un soutien direct en monnaie sonnante et trébuchante, se partageant 3,5 millions d’euros ; 1 700 ont vu une baisse de leurs cotisations sociales, économisant 700 000 € ; 2 000 ont bénéficié d’un allègement fiscal pour près d’un million d’euros… “Et certaines ont cumulé les trois ; et à cela s’ajoutent des aides structurelles, type année blanche…”, précise-t-il. Rat taupier : une priorité “La sécheresse aura mobilisé 14 millions d’euros. Certes, après quelques rebondissements, mais quand on distribue l’argent public à cette hauteur là, il est normal qu’on y soit attentif”, remarque le préfet. Il se félicite d’un dispositif qui permet aux plus touchés d’être indemnisés les premiers : “Ceux qui ont subi 55 % de perte ont perçu intégralement l’acompte et le solde, soit 6 000 € en moyenne par exploitation.” Sur l’autre fléau qui a gravement touché le Cantal, le préfet Vignon ne peut qu’admettre que “l’État n’a pas trouvé le moyen d’éradiquer les rats taupiers... mais il y travaille !” Selon lui, si une phase de décroissance des populations de campagnols venait à se confirmer, c’est à ce moment que les tests grandeur nature prendront tout leur sens. Parmi les pistes évoquées, l’immunocontraception ou la glace carbonique. “Explorer toutes les formes de recherche prendra des années”, prévient cependant Richard Vignon.

Le fléau des rats taupiers compte parmi les sujets qui préoccupe particulièrement le préfet du Cantal.
Le fléau des rats taupiers compte parmi les sujets qui préoccupe particulièrement le préfet du Cantal. - © RSA

Argent public

L’État cherche toujours à limiter la dette publique et le préfet rappelle que les parlementaires ont décidé que les collectivités locales devaient contribuer à cet effort de redressement. Néanmoins, une nouvelle fois, il ne veut pas qu’il soit dit que l’État se désengage ; il considère que globalement la même enveloppe profite au département, mais qu’elle est différemment répartie. En l’occurrence, la baisse de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) baisse, et c’est indéniable. Mais parallèlement, la Dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) a augmenté de 38 % en 2015 et l’enveloppe promise pour cette année est à même hauteur, soit 7,6 millions. Ce qui revient à favoriser les communes qui lancent des travaux. Et d’encourager celles qui n’auraient pas de projet... à se grouper pour devenir plus fortes et/ou à faire confiance à la structure intercommunale, dont elles dépendent ou dont elles dépendront au 1er janvier 2017. Car l’échéance de la nouvelle carte intercommunale du Cantal est bien là. Un sujet qui ne fait pas l’unanimité chez les élus, mais pour lequel le représentant de l’État affiche une totale sérénité.

(1) À Allanche, Maurs, Murat, Saint-Mamet, Chaudes-Aigues, Pierrefort et Salers, va s’ajouter la labellisation d’Ydes et Riom, tandis que Champs et Condat sont en projets.

 

 

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