L'Union du Cantal 05 janvier 2011 à 14h49 | Par P. Olivieri

Simon Teyssou - Architecte des temps modernes

Simon Teyssou aurait pu se faire un nom du côté de Clermont, il a préféré installer son cabinet d’architecte en Châtaigneraie en restant fidèle à son éthique d’une discipline qui reste pour lui une œuvre de création.

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À 37 ans, Simon Teyssou est à la tête d’un cabinet d’architectes de douze personnes. Une entreprise qui vient successivement de se voir attribuer le trophée régional 2010 Architecture bois dans la catégorie “Le bois dans l’architecture intérieure” (pour la restructuration de la Manufacture d’Aurillac en Centre supérieur de danse, du mouvement et de l’image) et d’être distingué lauréat d’un appel à projet lancé également par la Région Auvergne autour de la thématique des constructions basse consommation (un appel à projet qu’il avait déjà décroché l’an dernier). Une double reconnaissance qui dépasse désormais les frontières auvergnates et qui s’est accompagnée en cette année 2010 de l’obtention, sur concours ou appel à projet, de chantiers conséquents, comme celui de l’extension-réhabilitation de la maison de retraite d’Arlanc (Puy-de-Dôme) avec Boris Bouchet (architecte associé au projet) et de 20 logements en ossature bois répondant à des normes environnementales basse consommation (BBC) à Brioude. L’atelier a par ailleurs fait acte de candidature aux concours relatifs à 50 habitations groupées également BBC à Limoges et à 40 logements dans le futur éco-quartier du Vialenc à Aurillac.

Pour Simon Teyssou, l’architecte a une vraie responsabilité vis-à-vis des générations à venir.
Pour Simon Teyssou, l’architecte a une vraie responsabilité vis-à-vis des générations à venir. - © P.O.

Construire, un acte culturel

 

De quoi donner des ailes au jeune architecte du Rouget, par ailleurs maître-assistant et administrateur de l’école nationale d’architecture de Clermont-Ferrand qui continue de voir dans sa discipline un acte culturel, de création. Un parcours sans-faute donc qui n’a rien enlevé de sa lucidité et de sa philosophie à celui qui décida voilà quelques années de faire pousser son activité dans ce coin de Châtaigneraie en tournant le dos aux sirènes clermontoises. Un pari osé et un choix de vie que Simon Teyssou - tout comme ses onze salariés aujourd’hui - ne regrette pas. Car même s’il reconnaît qu’il lui faut être chaque année à l’affût des appels d’offre pour équilibrer son activité, son atelier d’architecture est sans doute l’un des rares à se permettre de choisir ses projets, voire d’en refuser dès lors que ceux-ci ne s’inscrivent pas dans l’état d’esprit de la maison. “Je défends l’idée selon laquelle l’architecture est une discipline noble qui a une vraie responsabilité vis-à-vis des générations futures tant en termes de création que d’impact environnemental, mais aussi de qualité de vie proposée, de relation au paysage, de lumière...”, expose Simon Teyssou. Avec le souci également de contribuer à l’économie locale en essayant de faire appel à des artisans cantaliens, en particulier la menuiserie Bouysse à Saint-Paul-des-Landes. Une vision à coup sûr avant-gardiste dans un département à l’architecture plus traditionaliste. D’ailleurs, le “terrain de jeu” de l’Atelier d’architecture est majoritairement extérieur au département, même si certaines des ses réalisations locales marquent les esprits comme cette maison solaire à ossature bois à Saint-Simon ou encore les nouveaux locaux du centre optique mutualiste de la Mutualité du Cantal à Aurillac. Pourtant, l’équipe de Simon Teyssou, dont la moyenne d’âge peine à dépasser les 30 ans, n’est pas vraiment prophète en son pays même si les préoccupations écologiques sont devenues un argument de vente pour beaucoup. “On fait peut-être un peu peur”, suppose S. Teyssou déplorant une logique identique “qu’on fasse construire une maison ou qu’on achète une voiture”. Lui garantit au contraire des constructions à nulles autres pareilles : “Chaque projet est complètement individuel en essayant en amont de bien cerner les enjeux et les objectifs”, expose Simon Teyssou. Des constructions cousues mains aux délais forcément plus longs que ceux d’un pavillonneur mais qu’assume parfaitement l’architecte non sans humour : “Si vous ne voulez pas vous casser la tête, ne venez pas chez nous !” Un conseil que d’aucuns préfèrent ne pas entendre, à l’image de cette famille de la Sarthe qui a fait le déplacement jusqu’au Rouget pour convaincre l’architecte d’accepter de plancher sur sa maison. Peut-être déjà la rançon du succès...

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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