L'Union du Cantal 14 juin 2006 à 00h00 | Par Benoît Parret

Se donner les moyens de la performance économique

L’élevage de vaches salers en production laitièrea encore de beaux jours devant lui. La preuve chez Gilbert Delorme, à Joursac.

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Effort de sélection, bonne gestion alimentaire, nouveaux bâtiments : le travail de Gilbert Delorme porte ses fruits.
Effort de sélection, bonne gestion alimentaire, nouveaux bâtiments : le travail de Gilbert Delorme porte ses fruits. - © L'Union du Cantal
Un système traditionnel avec des salers laitières peut être synonyme de modernité. C’est ce qu’ont pu constater une trentaine d’éleveurs lors d’une journée d’information qui s’est déroulée jeudi 8 juin à Recoules de Joursac, chez Gilbert Delorme. Producteur de lait depuis 1984, cet éleveur a voulu conserver un système traditionnel avec un troupeau de 60 vaches, encore traites à la montagne durant l’été, partageant le lait entre leur veau et l’éleveur. Ce qui ne l’a pas empêché de moderniser son outil de travail. Cette deuxième journée d’information proposée par l’association Tradition Salers mettait l’accent sur les bâtiments et la génétique. Gilbert Delorme bénéficie de 50 hectares de pâture et 45 hectares de pré de fauche pour une alimentation du troupeau exclusivement à base de foin offert à satiété. De la luzerne et de la pulpe déshydratées complètent la ration hivernale.


Performances laitières

Cette bonne gestion alimentaire contribue à la qualité des rendements. Gilbert Delorme constate également une amélioration de la production depuis la construction d’une nouvelle stabulation en 2003 en remplacement de deux étables traditionnelles. Toujours entravés, les animaux profitent cependant de davantage d’espace, mieux aéré et mieux éclairé. “Je n’ai pratiquement plus de problème de mammites, ce qui se ressent directement sur la production”, se félicite-t-il. L’agriculteur de Recoules s’est également penché sur les performances laitières de son troupeau par un effort constant de sélection avec l’Upra salers et l’aide financière du Conseil général. Il recherche prioritairement des taureaux d’origines laitières et pratique 20 % d’insémination artificielle avec Indy, Onix et Lorrain. Seules les meilleures génisses sont conservées.


S’ouvrir aux outils techniques novateurs

Autant d’efforts qui ont entraîné une amélioration sensible des rendements. Entre 2002 et 2005, la production suivie par le Contrôle laitier est passée en moyenne de 2 390 kg à 3 457 kg par vache, avec une évolution favorable des taux butyrique et protéique. En 2005, la production totale a atteint 107 000 litres pour 118 000 litres de référence. Durant la belle saison, certaines vaches se retrouvent à élever exclusivement leur veau. “L’ouverture à une utilisation d’outils techniques et génétiques novateurs, renforcés par l’adhésion à une démarche de valorisation de produit, constituent les points clés de la pérennité de l’exploitation de Gilbert Delorme”, selon Hervé Laurent technicien à la Chambre d’agriculture de Riom-ès-Montagnes. Cette journée présentait d’ailleurs un intérêt tant pour les laitiers que les éleveurs en système allaitant. “Une bonne laitière évite les compléments alimentaires pour un veau qui tète bien”, affirme Gilbert Delorme.

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