L'Union du Cantal 28 octobre 2009 à 15h40 | Par P. OLIVIERI

Producteur-contrôleur laitier : un tandem gagnant

Sur les conseils de son contrôleur laitier, l’EARL de Fraissy a opté pour le pâturage tournant.

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Passionné de montbéliardes, Johan Meynial a aussi œuvré aux côtés de Pierre Meihoc et de son fils à la préparation d’Ultime, sacrée championne pour la seconde fois à Pleaux en août 2009.
Passionné de montbéliardes, Johan Meynial a aussi œuvré aux côtés de Pierre Meihoc et de son fils à la préparation d’Ultime, sacrée championne pour la seconde fois à Pleaux en août 2009. - © PO

Entre eux, c’est une franche complicité qui s’est installée. Et même si Johan Meynial a l’âge d’être son fils, Pierre Meilhoc est toujours à l’écoute de l’analyse et des conseils de son jeune contrôleur laitier. Ainsi, quand à l’été 2008 il est confronté à un recul sensible de la production de son troupeau montbéliard, il entreprend une réflexion de fond avec Johan pour en identifier les causes. “L’année 2008 a été pour nous une des pires avec des dégâts importants dus aux rats taupiers et des fourrages de mauvaise qualité, se rappelle Pierre Meilhoc, en EARL avec son épouse, Marie, à Fraissy d’Ally. Mais avec l’aide de Johan, nous avons aussi identifié un vrai problème de gestion du pâturage”. Et de fait, la quarantaine de laitières du troupeau étaient conduites en rationné avec un apport d’ensilage de maïs jusqu’au 10 mai et un net gaspillage d’herbe.

La peur “de manquer”

Quand Johan Meynial préconise la mise en place d’un pâturage tournant, l’éleveur est d’abord sceptique : “C’est une pratique à laquelle on n’est pas habitué. Surtout, on craignait de manquer d’herbe”, expose Pierre Meilhoc. Après réflexion, il se laisse convain-cre et intègre le pâturage tournant dans son nouveau contrat d’objectifs : après un tour des parcelles le 1er avril 2009 avec Johan et son responsable Gérard Combelles, huit paddocks représentant 18 hectares dédiés au pâturage tournant sont installés et au 15 avril, “les vaches commençaient à tourner”. Et c’est avec appréhension que l’éleveur attendra les premiers résultats de son nouveau système, surtout que ce coup d’essai a été mis en place dans des conditions pour le moins peu favorables : pas d’apport azoté en février et des prairies toujours dégradées par les campagnols terrestres. Autre modification apportée à la conduite du troupeau : le changement de complémentation via du Mash 18, plus fibreux, pour augmenter la rumination. Début juin, l’ensemble des contrôleurs laitiers du secteur vient dresser un premier bilan. Verdict : un paddock à faucher. Quant aux résultats sur la production, ils seront vraiment concluants à partir de juillet : 40 g de concentré / tonne de lait distribué en moins par rapport au mois de juillet 2008 (mois moyen), une productivité par vache qui passe de 15,6 kg à 20,6 kg en un an et un état corporel des vaches qui s’améliore franchement. “Alors qu’on a eu deux saisons estivales qui se sont ressemblées, juillet 2009 ayant même été plus sec”, souligne Johan. “Moi, ça m’a convaincu, témoigne Pierre, surtout qu’on a fait ça dans une mauvaise année. Ça ne peut être que mieux”.

 

Premier bilan très encourageant

C’est donc confiants qu’éleveur et conseiller vont ajuster le tir pour 2010, avec une nouvelle donne : l’installation prévue au 1er avril de Guillaume, l’un des fils du couple, avec la transformation d’une partie des 310 000 litres de références de l’EARL. “D’où l’exigence d’avoir un système encore plus précis, de faire un maximum de lait à la pâture et de conserver un état correct des animaux”, insiste le contrôleur. “Il nous faut prévoir des apports azotés comme il faut, quand il faut, afin que notre foncier soit optimisé et qu’on ne s’agrandisse pas à outrance”, complète l’éleveur. “Avec une exploitation comme la nôtre à 310 000 litres, l’appui du Contrôle laitier est indispensable, que ce soit au niveau de l’alimentaire, du contrôle de performances ou de la génétique, même si, c’est vrai, cela a un coût”, conclut Pierre Meilhoc. Une vision pleinement partagée par Johan pour qui “on est là pour aider l’éleveur, pour qu’il s’en sorte le mieux possible”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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