L'Union du Cantal 25 mai 2011 à 10h56 | Par R. Saint-André

Prairies sèches et trésoreries fragiles augurent un avenir très sombre

La FDSEA du Cantal tire la sonnette d’alarme afin que les pouvoirs publics se mobilisent à temps, face à une calamité agricole qui pourrait s’avérer plus grave qu’en 2003.

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Cela fait déjà de longues semaines que la FDSEA du Cantal se penche sur le dossier sécheresse. “Évidemment, les conditions ne sont pas tout à fait les mêmes selon les secteurs du département et leur altitude, mais globalement, si on n’assiste pas rapidement à de fortes précipitations dans les jours à venir, la situation deviendra extrêmement critique”, prévient Patrick Escure, président de la FDSEA du Cantal. Sachant que le besoin fourrager de la ferme Cantal dépasse les 755 000 tonnes, le constat est en effet d’ores et déjà alarmant : jusqu’à 50 % de perte sur la première coupe d’herbe ; un manque de pâture qui se fait déjà sentir ; des premières difficultés d’approvisionnement en eau... Le syndicat, en réunion de concertation ce jeudi 19 mai, ajoute que la situation est bien plus alarmante qu’en 2003, en raison de difficultés généralisées de trésorerie qui se sont considérablement dégradées en huit ans. C’est pourquoi la FDSEA n’attend pas et formule un pool de demandes, basé sur la solidarité nationale.

La FDSEA du Cantal s’est réunie tout au long de la journée de jeudi, avant de rencontrer les services de l’État.
La FDSEA du Cantal s’est réunie tout au long de la journée de jeudi, avant de rencontrer les services de l’État. - © RSA

Les demandes

 

“D’abord, il est urgent d’assouplir certains aspects réglementaires”, détaille Patrick Bénézit, secrétaire général du syndicat départemental, en citant les contraintes environnementales liées aux engagements Pac (seuils de chargement pour la prime à l’herbe, par exemple), les cahiers des charges difficilement soutenables quand l’herbe ne pousse pas (AOP, bio), et le nécessaire assouplissement des contrôles (si des animaux sont sur une parcelle où ils ne doivent pas être, par exemple). “À cela s’ajoute des mesures conservatoires pour les stocks de fourrage, avec l’interdiction indispensable de broyage de paille pour faire ruminer les animaux”, poursuit le secrétaire général, convaincu que la France à de quoi nourrir son cheptel. Il ajoute aux demandes formulées de se pencher sur l’approvisionnement en eau et, bien sûr, sur le volet financier : “Mise en place d’exonération sur les cotisations sociales et sur les taxes du foncier non-bâti ; faire un report d’annuité en fin de tableau ; accorder des avances, comme une PMTVA qui doit être versée bien avant le 16 octobre comme c’est prévu”, énumère-t-il. Il espère également des mesures européennes spécifiques, notamment en matière de stockage de la viande tant le risque de décapitalisation du cheptel est élevé - ce qui induirait un effondrement des cours -, ou encore de trouver rapidement des aides pour faciliter l’exportation. “Évidemment, si la situation perdure, nous formulerons encore d’autres demandes”, promet le bureau de la FDSEA. “Car il en va de la survie de nos exploitations.”

 

 

 

 

 

 

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