L'Union du Cantal 17 mai 2006 à 00h00 | Par P.Piganiol

Pour ou contre les OGM ? Difficile de choisir son camp

L’un des quatre “débats citoyens” que le Conseil régional d’Auvergne a entrepris d’organiser pour tenter de dépassionner le débat sur les OGM s’est tenu samedi 15 avril à Aurillac.

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Le débat a posé plus de questions qu’il n’a donné de réponses.
Le débat a posé plus de questions qu’il n’a donné de réponses. - © L'Union du Cantal
Avec 20 hectares de semences OGM (Organismes génétiques modifiés) semés et déclarés dans le Puy-de-Dôme, l’Auvergne fait aujourd’hui figure de premier champ d’OGM de France. Parallèlement, le Conseil régional a décidé d’encourager fortement l’agriculture biologique, en doublant encore cette année les crédits qui lui sont consacrés. Un paradoxe qui interroge, y compris les élus régionaux qui, s’ils ont pris position contre les cultures d’OGM en plein champ, affirment ne pas ignorer non plus les enjeux qu’elles représentent tant pour la recherche régionale que pour ses filières agroalimentaires. Le Conseil régional a donc décidé d’organiser un grand débat public -le premier à cette échelle en France- pour tenter de dépassionner ce sujet informer, et prendre la température de l’opinion auvergnate. L’une des quatre réunions programmée s’est tenue samedi 15 avril à Aurillac en présence de plus de 200 personnes.

L’opinion publique prise en otage


Il y a ceux qui sont favorables aux OGM et qui osent à peine le dire. Et puis il y a les opposants farouches, nettement les plus bruyants. Entre les deux, une majorité silencieuse qui se pose des questions, et a le sentiment d’être prise en otage entre, d’un côté, des firmes qu’elle soupçonne d’être capables de sacrifier la santé de leurs concitoyens à des enjeux financiers et, de l’autre, des “faucheurs volontaires” qui tentent d’imposer un autre point de vue par la force. On leur reconnaît toutefois le mérite de susciter un débat qui, sinon, n’aurait pas lieu, le sentiment général étant que la question des OGM n’est pas traitée dans la transparence. C’est à cette majorité silencieuse que le film projeté en prélude au débat a donné la parole. Il en ressort une interpellation forte des responsables politiques, à qui les personnes interviewées demandent de prendre clairement position, à la lumière d’un éclairage apporté par la recherche publique et non les laboratoires privés.

Les scientifiques n’ont pas de réponse claire


Puis la discussion s’est engagée, en présence de deux scientifiques et deux économistes dont les interventions ont soufflé le chaud et le froid, et finalement démontré qu’il ne faut pas tout attendre des chercheurs pour se forger une opinion. En tout cas, quand l’animateur de la réunion demande à ces spécialistes s’ils sont pour ou contre les OGM, le moins que l’on puisse dire, c’est que les réponses ne sont pas tranchées. “Ça dépend de la manière dont vous allez interpréter ma réponse”, répond Bernard Chevassus, ancien directeur de recherche à l’Inra et président du Muséum national d’histoire naturelle. “En tant que chercheur, je suis payé pour argumenter pour et contre les OGM, pas pour trancher”, a repris Egizio Valceschini, économiste à l’Inra qui, comme son prédécesseur, a estimé que la vraie question est de savoir qui décide des orientations de la génétique. Bref, le chercheur fait son travail, ce qui ne l’empêche pas de se poser en tant que citoyen des questions sur “quel type de société et quel type d’agriculture ça sous-tend”, comme l’a dit un autre chercheur de l’Inra.

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