L'Union du Cantal 21 janvier 2014 à 08h00 | Par P.Olivieri

Pacte de Responsabilité - Des annonces “qui réhabilitent les entreprises”

Pour le Medef Cantal, le chef de l’État a enfin redoré l’image du monde de l’entreprise et fixé un bon cap. Son de cloche très différent à la CGPMEpour qui ces mesures arriveront trop tard.

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“C’ est un message politique très fort pour les entreprises. Au delà des mesures annoncées, on va enfin réconcilier les entreprises, les élus et la société française, réagit positivement Martine Chimbault, PDG de l’entreprise mauriacoise Chimbault-Peyridieux, spécialisée dans la fabrication de filtres à air, et par ailleurs présidente du Medef Cantal. Il y a 18 mois, on disait à bas les entreprises, aujourd’hui la voix du président a été claire et nette en faveur de la réhabilitation des entreprises, qui, rappelons-le, sont les seules à créer de l’emploi et de la richesse.” Pour la patronne du Medef, c’est le signal que les chefs d’entreprise attendaient : “C’est un vrai engagement, qui dépasse tous les partis.” Et le cap est jugé le bon même si le Medef est aujour­d’hui dans l’attente de précisions pour savoir si au-delà des allègements de cotisations sociales, des mesures fiscales accompagneront ces annonces du chef de l’État.

Martine Chimbault (Medef)
Martine Chimbault (Medef) - © P.O.

Alléger plus et plus vite
Sera-ce suffisant pour passer la crise et permettre aux entreprises cantaliennes de rebondir ? “Pour 2014 et 2015, il y aura encore le CICE(1) même s’il reste quand même limité, pour 2016 et après, il faut absolument accentuer les aides aux entreprises”, répond Martine Chimbault, inquiète de voir la concurrence européenne s’exacerber, notamment celle des pays de l’Est. Et de confier : “Franchement, quand je vois les dernières prévisions de croissance des autres pays européens, j’ai un peu honte pour la France.” Quant à la contrepartie du pacte de responsabilité, l’emploi, elle rappelle l’engagement national du Medef : la création d’un million d’emplois “si on arrive à supprimer des charges fiscales, sociales mais aussi les lourdeurs administratives. Mais il faut faire vite. Et on a besoin d’une réaction de toute la classe politique !” Le ton est diamétralement opposé du côté des représentants des PME cantaliennes, très sceptiques sur la portée des mesures annoncées mardi : “2014 s’annonce comme une très mauvaise année après la chute de près de 20 % du nombre de permis de construire délivrés en 2013, affirme Jean Bruel, président de la CGPME. Or, rien n’est débloqué pour permettre aux collectivités d’investir en 2014. Tout est prévu pour 2017, c’est trop tardif, on prévoit tout à long terme.” S’il convient que le choix d’un allègement des charges “n’est pas mauvais”, le responsable de la CGPME Cantal craint donc qu’il n’intervienne après la bataille et l’arrêt volontaire ou non d’un certain nombre d’entreprises cantaliennes confrontées à la raréfaction des chantiers et à des pressions sur les prix. Et Jean Bruel se veut tout aussi modéré sur le CICE, auquel n’accèdent selon lui que les grosses sociétés, et sur le financement des allègements de charges promis.

(1) Crédit d’impôt compétitivité emploi.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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