L'Union du Cantal 19 mars 2008 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

“On travaille mieux, quand on est bien dans sa tête”

La Chambre d’agriculture propose un module de formation pour apprendre à gérer le stress.

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Soyons clair : le stress reste un sujet tabou. Il est pourtant présent dans tous les secteurs professionnels. L’agriculture n’y échappe pas. Entre les contraintes imposées, les épizooties, les caprices de la météo, les tâches administratives, les contrôles..., le métier d’éleveur peut s’avérer particulièrement stressant. Pour lutter contre le stress, un groupe d’agriculteurs de Châtaigneraie a suivi une formation de deux jours proposée par la Chambre d’agriculture,à l’automne dernier. Cette semaine, ils retrouvent leur formatrice, Martine Goujon. Il s’agit cette fois d’apprendre à gérer leur temps de travail. Stress et emploi du temps : deux sujets évidemment très liés. Au cours de la première étape, qui avait réuni en novembre une douzaine de participants, l’analyse des éléments déclencheurs, la pratique de techniques de concentration ou de relaxation, l’affirmation d’une meilleure confiance en soi ou la manière d’apprendre à relativiser les choses étaient notamment au programme.
Martine Goujon, intervenante déjà sollicitée à deux reprises.
Martine Goujon, intervenante déjà sollicitée à deux reprises. - © R. S.-A.

Un sujet encore tabou

Depuis quelques semaines, ces hommes et ces femmes ont mis les conseils de la spécialiste en application. “C’est quand même mieux que de prendre des médicaments, non ? Car effectivement je me sentais stressé et il me semble normal que quand on peut trouver une solution à un problème, on n’a pas à hésiter. Cette formation répond bien à mon attente”, affirme l’un des participants. “Cela m’a beaucoup aidé à reprendre confiance en moi. Pour prendre la parole en public, par exemple”, précise une agricultrice. La plupart insistent sur les bienfaits relatifs à la meilleure connaissance de leur personne. Mieux s’accepter, avoir une meilleure estime de soi... S’aimer davantage, tout simplement. Ils gardent aussi en mémoire l’idée de dédramatiser les diverses contrariétés. “Cela permet de vivre mieux. Et y parvenir est une fierté”, lance un participant. Un sujet qui reste difficile à aborder ? Sans doute encore un peu. La personne stressée pouvant parfois être victime de railleries, jusque dans son propre foyer. “Alors même que tout le monde peut être concerné ; que chacun à ses problèmes et ses fragilités”, relève l’un des stagiaires.

Des résultats immédiats

Martine Goujon, consultante, sait que les chefs d’exploitation et leurs conjointes sont particulièrement exposés. Depuis cinq ans, elle travaille à 70 % avec le public agricole. Elle qualifie leur environnement “d’anxiogène”, relevant des motifs d’inquiétude permanents et un isolement fréquent. Le seul fait de travailler en groupe contribue déjà à une sorte de thérapie. “Ils ont mis en pratique certaines choses. On a assisté à une prise de conscience collective, qui se poursuit avec l’identification des pertes de temps, la gestion des priorités, la planification de sa charge de travail, pour se préserver un espace personnel”, explique-t-elle. À l’issue de cette deuxième session, les membres du groupe ont appris à établir un plan d’amélioration personnel. Nul doute que, à l’image des conseils prodigués à l’automne, il sera mis en application. Et qu’il portera ses fruits. 

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