L'Union du Cantal 11 juillet 2012 à 16h55 | Par P. Olivieri

“On n’a pas à avoir de complexes”

Malgré un léger recul d’effectifs et de recours à l’IA, les performances et les qualités génétiques sont au rendez-vous chez les éleveurs cantaliens.

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Paul Besson a incité les éleveurs à participer à l’AGde la section Rhône-Alpes Auvergne du herd-book le 24juillet à Pradiers puis à l’inter-régional de Cluny.
Paul Besson a incité les éleveurs à participer à l’AGde la section Rhône-Alpes Auvergne du herd-book le 24juillet à Pradiers puis à l’inter-régional de Cluny. - © P.Olivieri
Certes pour la première fois, le Cantal a vu ses effectifs de vaches mères limousines diminuer en 2011 d’un petit 1,1% (en juin 2012,on dénombrait 481 élevages et 41990animaux). Le phénomène de décapitalisation observé partout dans l’élevageallaitantfrançais (-180000vaches nourrices en moins début 2012) n’a donc pas épargné la race limousine qui continue néanmoins de représenter 13% du nombre total de vaches allaitantes dans le département. Certes, le pourcentage de veaux nés d’IA (insémination animale) a lui continué de chuter l’an dernier (passant de 21,7%en 2008à 9,5% en 2011) dans les élevages limousins cantaliens mais l’ensemble des autres cri­tères - tant de performances que de reproduction - sont bons.

Voilier après Vetiver et Ulysse

Ce qui a fait dire à Michel Souvignet, président de la section Rhône-Alpes Auvergne du herd-book : “On n’a pas à se poser beaucoup de questions aujourd’hui, on n’a pas à avoir de complexes”. Pour preuve : en moins de cinq ans c’est la troisième fois qu’un taureau cantalien fait la Une du magazine de la race Bovins limousins : Voilier (seul taureau qualifié RRE VS cette année et qui devrait être retenu pour être diffusé à l’IA), après Ulysse et Vetiver. “Les taureaux aujourd’hui les plus utilisés en France”, a rappelé l’éleveur de Villedieu selon qui ces performances des reproducteurs et éleveurs cantaliens “en font baver plus d’un en France”. En termes de performances justement, en l’espace de trois campagnes, le poids des mâles en contrôle de performances (67élevages y ont recours pour 3340vaches) a gagné pas moins de 20kg passant d’un poids âge type (PAT)à 210jours de 278kg à 297kg. Côté femelles, le gain atteint pas loin de 10kg entre 2008 et 2011 pour s’élever à 262kg. Des chiffres jugés encourageants par Paul Besson, le président du syndicat des éleveurs cantaliens de bovins limousins, qui tenait son assemblée générale mercredi 4 juillet à Ytrac. Encourageants tout comme l’évolution du taux de renouvellement qui pointe à des niveaux jamais atteints (24,8%), tandis que les intervalles vêlage-vêlage sont stables (381j) tout en étant jugés perfectibles. L’âge moyen du premier vêlage tend à diminuer (34,27mois), ce qui laisse supposer le recours chez certains à un vêlage à deux ans. Côté schéma de sélection, là encore les élevages cantaliens, connectés à 91,4%, affichent une forte implication. Autant de données qui valent aujourd’hui aux éleveurs et à la génétique limousins du Cantal d’être reconnus et de grimper dans la hiérarchie des concours comme le prouvent leurspalmarèsaudernier Sommetdel’élevageetau National entre autres. Dans ce bilan flatteur complété par un marché porteur, deux bémols ont alimenté le débat : l’incapacité financière des éleveurs cantaliens, individuellement, à acquérir un taureau de Lanaud. D’où, à défaut de la constitution d’un GIE d’achat jugée trop complexe, la proposition du président Besson de réflechir entre éleveurs d’un même secteur à se porter acquéreurs à plusieurs.

La limousine motrice

Autre remontée, de la salle cette fois : un écart de valorisation entre limousines et autres races allaitantes qui a eu tendance à être grignoté ces dernières années. “Et ce que les éleveurs limousins n’ont pas tiré les autres vers le haut ?”. Une hypothèse de Paul Besson à laquelle abonde pleinement Michel Souvignet : “Les autres ont effectivement fait des progrès, et en matière de viande sans doute plus que nous, notamment en aubrac. Malgré tout, on a des atouts à faire valoir : notre force c’est de travailler en race pure avec le schéma de sélection le plus cohérent”. Autres explications avancées : des modes de distribution qui ont évolué au profit de la grande distribution aux attentes différentes des artisans bouchers et un doublement des effectifs en France en 20ans qui s’est sans doute opéré aux détrimens des fondamentaux de la race avec une conformation à retravailler. “On n’a pas à jalouser les autres races, on doit être convaincu de ce que l’on fait et y croire”, a conclu Joël Piganiol, élu de la Chambre d’agriculture qui en a profité pour dresser un état des lieux positif de la stratégie d’exportation vers pays tiers poussée par la profession. Tout en mettant en garde contre les velléitéspermanentesdes industriels de la viande de faire pression sur les prix mais aussi sur une consommation française en léger recul.

 

 

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