L'Union du Cantal 18 juillet 2007 à 00h00 | Par C. Rolle

Mise en garde des responsables agricoles avant les arbitrages budgétaires

Les responsables agricoles de la région ont rencontré trois des ministres auvergnats du gouvernement. Ils ont exprimé leurs inquiétudes sur les choix budgétaires.

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Des représentants agricoles du Cantal, de Haute-Loire et du Puy-de-Dôme ont échangé pendant près d’une heure avec les trois membres auvergnats du gouvernement.
Des représentants agricoles du Cantal, de Haute-Loire et du Puy-de-Dôme ont échangé pendant près d’une heure avec les trois membres auvergnats du gouvernement. - © L'Union du Cantal
A la demande de la FNSEA Auvergne, une délégation de responsables agricoles de la région a rencontré le 6 juillet trois des quatre ministres Auvergnats. Ils ont exprimé leurs craintes sur les arbitrages budgétaires du nouveau gouvernement qui pourraient avoir des conséquences très importantes en Auvergne et plus largement dans le Massif central, sur le financement de l’agriculture. “En raison de décisions antérieures, près de 30 % des soutiens accordés à la région sont en effet menacés alors que la moyenne française est à peine de 7 %”, a expliqué en préambule Jacques Chazalet, président de la FNSEA Massif central.
Une restriction budgétaire à craindre

Les représentants agricoles ont fait part aux ministres de leurs vives inquiétudes sur le manque de crédits européens qui a conduit cette année la France à financer l’essentiel du deuxième pilier de la Pac, dans lequel se trouvent les soutiens économiques à l’agriculture (aides montagne, plan bâtiment, prime à l’herbe, prêts bonifiés, complément français de la PMTVA). Cette restriction budgétaire amène aujourd’hui les professionnels à dénoncer l’insuffisance des crédits du plan de modernisation des bâtiments et des enveloppes Prime à l’herbe, la suppression des prêts de modernisation et le manque de soutiens pour accompagner le renouvellement des générations. “Nous avons également de grosses craintes sur la part française de la Prime à la vache allaitante (PMTVA). Nous vous demandons d’obtenir des crédits complémentaires pour éviter la catastrophe et donner à l’agriculture du Massif central toutes ses chances sur le théâtre de la compétitivité”.

L’urgence pour les moutonniers

Une doléance reprise avec vigueur par les moutonniers qui attendent très rapidement un soutien complémentaire de 100 euros par UGB pour sauver la production, “au bord de l’extinction”, et arriver à la parité avec les autres éleveurs. “Il y a urgence, a insisté la présidente de la FRO, Michèle Delesvaux. Nous avons l’agneau le plus cher du monde et le revenu le plus bas. La Pac nous a menés dans le mur ! Nous sommes les bons élèves de la classe avec un niveau technique remarquable, une filière organisée et une présence active en matière d’aménagement du territoire, mais il faut pouvoir en vivre !”. Pour Jacques Chazalet, ce qui a été négocié pour le mouton dans les années 80 préfigure de tout ce qui va arriver dans les autres productions. “Les systèmes mis en place par la Pac sont pervers. Il faut revoir tous les fondamentaux de la Politique agricole commune”. Pierre Pagesse, président de Limagrain, souhaite de son côté que “l’Union européenne reprenne l’offensive, car c’est l’ensemble des productions qui va dans le mur. Nous avons une conjoncture qui peut-être favorable pour les négociations (présidence française de l’Union, nouvelle commission…). Si les secteurs de l’agriculture et de l’agro alimentaire sont sacrifiés, nous allons au devant de graves dangers”, a-t-il expliqué.
Enfin, les professionnels ont profité de la présence des membres du gouvernement pour faire valoir l’importance de la recherche fondamentale en agriculture. “Les destructions d’un essai de maïs OGM et de trois parcelles conventionnelles découragent les chercheurs. On n’y arrive plus, on ne sait plus comment faire. Cela fait maintenant dix ans que l’on débat sur cette question sans décision claire”, a expliqué Philippe Aymard, administrateur de Limagrain. “Soit on nous laisse travailler et on nous donne des moyens pour le faire. Soit on ne veut plus mais on cesse alors les importations des maïs OGM, sinon c’est la perte de la compétitivité de notre agriculture".

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