L'Union du Cantal 10 octobre 2007 à 00h00 | Par Charlotte Rolle

Michel Barnier rassure les éleveurs et promet un horizon à l’élevage

Jeudi 4 septembre à Clermont, à l'occasion du Sommet de l'élevage, le ministre de l’Agriculture a annoncé des mesures spectaculaires, de nature à rassurer les éleveurs par rapport à la fièvre catarrhale.

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Le ministre dans le hall de l’élevage, déserté par la moitié des animaux initiatlement attendus sur ce 16e Sommet.
Le ministre dans le hall de l’élevage, déserté par la moitié des animaux initiatlement attendus sur ce 16e Sommet. - © L'Auvergne Agricole
C’est dans un contexte particulier que la 16e édition du Sommet de l’élevage a ouvert ses portes jeudi 4 septembre. Le spectre de la  fièvre catarrhale ovine (FCO) s’est invité, privant la manifestation de près de la moitié des animaux initialement attendus, et laissant planer une sensation de vide dans les halls bovins et ovins. Très attendu sur ce sujet par la profession, le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier n’est pas arrivé les mains vides. Il a annoncé des mesures d’assouplissement  adoptées par les 26  autres pays de l’Union européenne. “Il nous fallait changer de stratégie sanitaire”, a-t-il expliqué, en soulignant que celle “mise en place en 2006 pour ralentir la progression de la maladie, et qui avait fonctionné dans un contexte de faible pression virale, ne fonctionne plus dans le contexte actuel. Car la maladie s’étend et l’hiver est encore loin”. En effet, la FCO touche maintenant 50 départements avec 2 246 cas recensés. Dans le bassin allaitant, 100 000 broutards seraient actuellement bloqués en attente d’exportation.

Changement de stratégie sanitaire

Le plan d’action mis en place dans l’urgence est basé sur trois axes : la vaccination d’abord. Un appel d’offres est sur le point d'être lancé aux laboratoires pour mettre en place un vaccin dès le printemps, “si possible avant mai 2008”. Michel Barnier a indiqué qu’il avait demandé à la Commission européenne “de prendre en charge partiellement” les coûts de vaccination. Deuxième axe : la simplification du zonage. Il sera désormais constitué uniquement de périmètres interdits de 20 kilomètres et de zones tampons de 50 kilomètres autour des périmètres interdits. Conséquence : les régions qui étaient en zone de surveillance (dont cinq cantons du Nord Cantal) vont se retrouver en zone indemne. Sachant que le dispositif des “élevages sentinelles” institué par le protocole franco-italien restera en vigueur pour “assurer la meilleure épidémio-surveillance possible”. Enfin, le ministre français a obtenu de Bruxelles une considérable simplification des règles sanitaires au niveau des échanges commerciaux : tous les animaux, y compris ceux inclus dans les périmètres interdits et les zones tampons, pourront être exportés, sous réserve d’une protection par insecticide contre le moucheron de 14 jours et d’un test sérologique individuel avant la sortie. Mesure qui sera applicable d’ici 15 jours.  Michel Barnier a enfin annoncé le déblocage d’une nouvelle aide de 13,5 millions d’euros afin de prendre en charge une partie des coûts de sérologie, participer à l’indemnisation des animaux morts et alléger les charges d’emprunts professionnels. 

“Réinventer une politique agricole”

Au-delà de l’actualité sanitaire, le ministre a tenu à rassurer les agriculteurs sur l’avenir de la Politique agricole européenne. “Il y a un horizon pour l’élevage et les territoires de notre pays. Nous devons tirer les leçons de ces crises sanitaires ou économiques à répétition. Nous devons réinventer les bons outils”. Il propose la construction d’un nouveau dispositif s’appuyant sur trois volets : la régulation des marchés, la mise en place d’instruments de couverture individuelle du risque et le renforcement des interprofessions. Mais l’essentiel, selon lui, “c’est de réinventer une politique agricole qui ne se résume pas à la gestion des crises. Il faut sortir du débat premier pilier/second pilier et du cloisonnement des mesures”. Michel Barnier a réaffirmé son souhait de refondre la Pac. “Nous ne devons pas attendre 2013 pour discuter de l’agriculture. C’est au débat  politique de commander le budget et non l’inverse. Nous voulons une politique européenne forte ; ce n’est pas le moment de la détricoter mais d’en construire une autre dans laquelle nous serons des acteurs et non des spectateurs”. Cette nouvelle politique agricole reposerait sur trois axes : sécurité et indépendance alimentaire ; équilibre des territoires et diversité des productions ; une agriculture produisant plus et mieux et prenant compte des nouvelles exigences environnementales. 

Les éleveurs soulagés

“Le ministre a fait preuve d’une efficacité redoutable”, a réagi Patrick Benezit, président du Berceau des races à viande, visiblement soulagé des mesures annoncées par le Michel Barnier sur le volet sanitaire de la FCO. “Toutes nos demandes ont été prises en compte et dans un délai extrêmement court. Cela va permettre aux éleveurs d’accéder à nouveau aux marchés et de vendre leurs animaux”, relève-t-il. Déception par contre sur d’autres dossiers “urgents”, comme le financement du plan bâtiment ou de la PHAE, “sur lesquels nous n’avons pas eu de réponse claire”. Le responsable agricole se dit enfin rassuré de constater que le ministre “convient que la Pac actuelle ne correspond plus aux enjeux du moment”. 

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