L'Union du Cantal 05 juin 2019 à 16h00 | Par P.Olivieri

Maurine Caisey : pour que les vaches repartent du bon pied...

Ostéopathe pour animaux de formation, Maurine Caisey vient de s’installer à Tournemire comme pédicure pour bovins.Sa mission : prévenir les boiteries et rééquilibrer la posture des vaches.

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Comme beaucoup de petites filles, Maurine Caisey rêvait jadis de soigner, plus tard, des animaux. À une différence près : pas des chats ni des hamsters ou d’autres animaux familiers mais des vaches dans les fermes. Une prédisposition qui ne doit pourtant rien à ses origines familiales, Maurine n’ayant pas de parents agriculteurs. Qu’importe, la jeune Francilienne ne lâche pas le morceau et, le bac en poche, s’expatrie en Normandie pour suivre un BTS Productions animales à Saint-Lo avant de poursuivre à l’École française d’ostéopathie animale. “Je me suis alors rendu compte que beaucoup de problèmes venaient des pieds. Du coup, je me suis renseignée pour devenir pédicure bovin”, relate la jeune femme de 26 ans dont les parents, tombés sous le charme du Cantal, s’y sont installés au début des années 2010, à Tournemire. Perspicace, Maurine Caisey enchaîne donc avec une spécialisation en pédicure bovine dans la seule école de l’Hexagone, à Rennes, dédiée à cette discipline.
Elle vient juste de décrocher son diplôme et, dans la foulée, de s’installer en indépendante comme pédicure pour bovins dans la vallée de la Doire, à quelques encablures seulement de la forteresse médiévale. Huit mois de formation durant lesquels elle a pu allier théorie et pratique via de nombreux stages avec son tuteur aveyronnais et en se perfectionnant sur les vaches et taureaux de ses voisins éleveurs.

Parage : prévenir plutôt que... curer

Son ambition à terme : allier ses connaissances et compétences de pédicure à celles d’ostéopathe au service de la santé des cheptels. “Mais je veux d’abord constituer ma clientèle en pédicure, avant d’aller sur l’ostéopathie.” Sachant que les conditions d’exercice de cette discipline se sont durcies ces derniers temps, explique la jeune femme, persuadée que les politiques et réglementations tant françaises qu’européennes vont de plus en plus conduire les éleveurs à recourir à des solutions alternatives et/ou complémentaires aux antibiotiques. “Un virage à 180°” que Maurine veut accompagner.
Elle entend pour ce faire décliner une palette de prestations, à commencer par le parage fonctionnel préventif. “L’objectif de ce parage est de limiter le curatif qui va avoir un impact économique pour l’éleveur et altérer le bien-être de l’animal”, indique-t-elle, en rappelant qu’il s’agit par ce geste d’enlever l’excès de corne(1), de redonner du talon au pied de la vache et répartir le poids de l’animal sur ses huit onglons. Ce parage fonctionnel, elle le recommande au minimum deux fois par an, à des périodes stratégiques dans la vie du bovin : deux mois post-vêlage - “c’est là qu’on voit apparaître des lésions liées au stress du vêlage, notamment chez les primipares” - et au tarissement. Voilà pour l’idéal ; dans la pratique, elle propose aux éleveurs de la solliciter deux fois par an mais en fonctionnant avec deux lots pour mieux intégrer ces phases plus sensibles.

Maurine Caisey, lors de sa première intervention “officielle” auprès d’une cliente.
Maurine Caisey, lors de sa première intervention “officielle” auprès d’une cliente. - © P. O.

Prestations et clientèle diversifiées

Dans les cas où ce parage préventif ne suffit pas à enrayer des boiteries récalcitrantes, Maurine, qui est intervenue jeudi auprès de sa première cliente (sur une vache salerset un taureau charolais), peut réaliser un audit pour identifier les pathologies dominantes et les facteurs aggravants dans le bâtiment (mauvaise aération, présence d’un nid bactérien,...). “Parfois, ça peut être tout bêtement un manque d’espace linéaire à l’abreuvoir qui va conduire à une déshydratation de l’animal et à une boiterie”, expose la pédicure qui, pour toucher une plus large clientèle, a entrepris d’ajouter d’autres prestations à son arc. Elle compte ainsi développer du conseil auprès des marchands de bestiaux “pour les aider, entre autres, à repérer si tel ou tel animal est atteint de la maladie de Mortarello par exemple, dont les lésions sur les pieds sont caractéristiques”. Et parallèlement, proposer aux éleveurs du conseil à l’achat, en intervenant lors de manifestations, comme Cournon.

Contention automatisée

Maurine Caisey, dont la carte de visite a déjà pas mal circulé ces derniers temps “grâce aux éleveurs de Tournemire qui jouent vraiment le jeu, comme le maire, les habitants...”, met en avant d’autres atouts : la flexibilité de ses horaires du fait de son statut “me permettant de m’adapter aux horaires des éleveurs”, un service d’urgence sous 48 heures pour ses clients, un forfait visite unique sur tout le territoire cantalien, des tarifs préférentiels sur abonnement mais aussi une cage de contention dernière génération entièrement automatisée. La jeune femme travaille actuellement avec une cage de location mais la sienne - attendue pour août - sera identique et lui permettra de manipuler cet engin de 1,6 tonne avec une simple télécommande et d’intervenir en toute sécurité tant pour l’animal, l’éleveur que le pareur.
Outre ses premiers pas auprès de sa clientèle naissante, la professionnelle a sur la feuille de route de ses prochaines semaines d’aller rencontrer les vétérinaires “dont nous sommes complémentaires”, les marchands de bestiaux, groupements de producteurs, lycées agricoles... Une entreprise qu’elle aborde avec enthousiasme et confiance.

(1) L’usure naturelle ne permet généralement pas d’éliminer la croissance de 0,5 mm par mois de la corne des onglons.

 

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