L'Union du Cantal 16 juillet 2008 à 00h00 | Par Patricia Olivieri

Marcolès, l’alchimiste

Un bon génie s’est penché il y a bientôt 20 ans sur le village médiéval de Marcolès, sortant ses carriérons et habitants de l’anonymat. Des habitants devenus depuis les premiers acteurs d’une dynamique rare.

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Mais que s’est-il passé dans ce petit village enfoui de la Châtaigneraie cantalienne il y a maintenant plus de 15 ans ? Sans doute l’un de ces sortilèges ou l’une de ces diableries qui vont faire sursauter les participants des Nuits de Marcolès fin juillet. Pour le coup, c’est plutôt une bonne fée qui s’est penchée sur ce territoire de quelque 600 âmes pour l’extraire de son calme et de sa langueur et en faire l’une des destinations les plus prisées du Sud Cantal, l’une des plus originales aussi. Mais Marcolès ne doit pas son essor touristique et sa dynamique à la seule beauté de ses pierres médiévales et de ses carriérons. C’est bien la volonté de ses irréductibles habitants qui est à l’origine d’un feu d’artifice d’animations, chaque année renouvelées. Et 2008 n’échappera pas à cette règle remarquable. Un état d’esprit qu’incarne Christian Montin, maire du village, qui n’hésite pas régulièrement à faire montre de ses qualités de conteur, mais aussi d’animateur. Ce fut encore le cas récemment lors d’un dimanche ensoleillé de juin où il avait convié l’ensemble des responsables associatifs à venir présenter les moments forts de la saison marcolésienne, avec l’idée aussi que chacun s’approprie ce programme mêlant adroitement peinture, sport ou encore patrimoine.

 

L’ensemble des responsables d’associations marcolésiennes.
L’ensemble des responsables d’associations marcolésiennes. - © P. O.

Une potion magique : le bénévolat

“Nous avons un cadre idéal, propice à la création et à l’animation, mais ce qui fait sans doute la différence et les clés de notre dynamique, c’est l’adhésion exceptionnelle des habitants du village, pour la plupart bénévoles de l’un ou l’autre, et souvent de plusieurs, des événements marcolésiens”, analyse l’élu qui reste malgré tout conscient de la fragilité de cette belle aventure. Pourtant, depuis près de 20 ans, le succès est au rendez-vous, même si l’intimité des ruelles de la cité supporte mal les notions de masse et de rentabilité. Nuits de Marcolès, fête du 15 août (Lez’arts de la rue), expositions d’artistes en résidence ou invités, critérium, enduro, visite du patrimoine et bientôt une rando “De Four en four”, chaque nouvelle animation développée intègre un même ingrédient : un petit noyau de passionnés, qui fédère autour de lui une centaine de bénévoles. Et l’on pourrait croire qu’avec le temps, l’usure se serait immiscée dans la volonté et que tout cela se serait essoufflé. Que nenni ! Si les pionniers sont toujours là à l’image d’Yves Cantournet, à l’origine du critérium cycliste, ou de Danny Lage, président du collectif d’animation, la relève est assurée par des “petits jeunes” du cru ou installés depuis peu à Marcolès, séduits par ce terreau fertile pour l’art sous toutes ses formes. À l’image de Marie-Claire Bonhommet et Jérôme Montens, peintres tous les deux en résidence, qui ont rejoint les “éclaireurs” - Philippe Henry puis Marèse - et sont devenus deux chevilles particulièrement ouvrières dans cette dynamique.

Une passion particulièrement contagieuse

Cette fierté et cette identité marcolésiennes, qui se sont faites jour au cours de cette dernière décennie, poussent chacun des acteurs de cette communauté à “contaminer” à son tour son entourage. C’est le cas des artistes en résidence, qui n’hésitent pas à chercher à accueillir et faire exposer de nouveaux talents. Et si çà et là, il y a eu bien sûr des tensions, les Marcolésiens de souche ou nouvellement intégrés ont toujours su les dépasser. “Parce que c’était aussi une question de survie pour notre village, précise Christian Montin. Notre commune est isolée, nous n’avions pas beaucoup de perspectives pour maintenir la population et attirer du monde”. L’alchimie fonctionne puisqu’aux dernières nouvelles Marcolès a gagné près de 30 âmes. “Ce n’est pas énorme mais dans le contexte cantalien, c’est beaucoup”, conclut enjoué le maire. Trente nouveaux habitants venus partager, qui sait, les secrets de l’alchimiste.

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