L'Union du Cantal 13 janvier 2015 à 09h00 | Par P.Olivieri

Marche silencieuse : 10 500 à Aurillac

Émotion mais aussi fierté dimanche dans un cortège inédit et en communion pour défendre les valeurs de la République. Dix mille cinq cents Aurillacois et Cantaliens debout.

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Un tel rassemblement n'avait pas eu lieu à Aurillac depuis la Libération.
Un tel rassemblement n'avait pas eu lieu à Aurillac depuis la Libération. - © P.Olivieri

Ils ont voulu abattre Charlie Hebdo, ils ont trouvé en face d'eux une France debout, fière, libre, unie, solidaire et fraternelle. Quarante-huit heures après le dénouement tragique d'une semaine qui restera gravée dans la mémoire d'une République qui s'est montrée ce week-end une et indivisible, à Aurillac, Riom-ès-Montagnes, Mauriac, Maurs, Clermont, Bordeaux, Lyon,..., Saint-Pierre-et-Miquelon comme en Guadeloupe et à Paris, ce sont les héritiers de 1789 qui ont rendu hommage aux 17 victimes de la barbarie, à l'impertinence précieuse de caricaturistes, à l'engagement des forces de l'ordre. Plus de 10 500 personnes à Aurillac, près de 1 000 à Mauriac, 600 à Riom-ès-Montagnes, sans doute pas loin de 4 millions à travers l'Hexagone, une participation historique. Et partout la même émotion, certains peinant à trouver les mots et retenir les larmes, telle Yvette, une Aurillacoise de 75 ans : "J'ai fait du syndicalisme, j'ai eu un mari militant, ma place est là, la liberté c'est tellement important", confie-t-elle les trémolos dans la voix avant de prendre rang au départ du cortège aurillacois, place des Carmes. Une marche, apolitique, asyndi- cale, aconfessionnelle, coordonnée par la mairie d'Aurillac avec la volonté d'écarter toute récupération et qui a réuni tous âges, toutes professions, toutes origines pour atteindre une fréquentation inédite depuis l'après-guerre. En tête de cortège, derrière le désormais universel "Nous sommes Charlie" porté par des enfants, journalistes et agents de la Police nationale et municipale défilaient aux côtés du maire Pierre Mathonier et du préfet Vignon. Puis une marée d'anonymes venus souvent en famille, entre amis, brandissant crayons, pancartes, caricatures de la bande à Charlie, et qui s'est étalée sur près de 2 kilomètres, exprimant hommage et soutien aux valeurs démocratiques par des salves d'applaudissements en certains points du parcours où les sapeurs-pompiers avaient aussi pris place. Si l'heure était au recueillement, elle était aussi clairement, après la stupeur, à la révolte : "Je pense aux 17 victimes, à leurs proches, leurs familles, confie Philippe, 60 ans. Je suis là pour défendre au-delà de la liberté d'expression la liberté tout court, car c'est la République et la France qu'on a attaquées." Ambre, 12 ans, collégienne, a aussi éprouvé le besoin de venir soutenir les journalistes et la liberté d'expression : "On en a parlé au collège,  avec  les  copains. On comprend ce qui s'est passé et ce qu'on défend."


Un ange républicain passe


"Ce qui est important c'est qu'il y ait ce souffle, c'est émouvant et impressionnant de voir autant de monde se rassembler, de se retrouver pour partager cette même solidarité", avance Dominique, 47 ans, traduisant un sentiment unanime. Une mobilisation qui a fait chaud au coeur de la chef de service de la Police municipale, Leslie Briand, et au brigadier Geneviève Roddier, son adjointe, dont l'insigne était dimanche barré d'un ruban noir : "Nous sommes fières de voir nos concitoyens se rassembler ainsi, fières de porter l'uniforme, de rendre hommage à notre collègue décédée, fières d'être des citoyennes françaises, c'est ça qui prévaut." Une fierté que partage à ses côtés Hakim Mokadem, 30 ans, gardien de prison, musulman, qui a pris la parole après notre confrère Arnauld Pasquier (au nom des journalistes des rédactions cantaliennes(1)) en clôture de cette marche et avant que la foule n'entonne une émouvante Marseillaise : "Je suis d'autant plus fier et touché en tant que Français d'origine musulmane et maghrébine. J'ai espoir que cette mobilisation change les choses, mais quand on aime la France et ses principes, on ne peut qu'en être convaincu." Dimanche, ils étaient nombreux à vouloir y croire aussi, à vouloir suspendre et prolonger le temps de cette communion.



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