L'Union du Cantal 26 avril 2006 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Les retraités agricoles s’estiment encore trop mal considérés

L’harmonisation des retraites est un vaste chantier. Malgré quelques améliorations notables, beaucoup de chemin reste à faire selon la section FDSEA des anciens exploitants.

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La section des anciens exploitants de la FDSEA a tenu son assemblée générale à Roannes Saint-Mary.
La section des anciens exploitants de la FDSEA a tenu son assemblée générale à Roannes Saint-Mary. - © L'Union du Cantal
Dès la lecture du rapport d’orientation par le secrétaire général, Géraud Fabre, le ton de l’assemblée générale des anciens exploitants de la FDSEA est donné. “La comédie n’a que trop duré, nous ne saurions nous contenter d’effets d’annonces”. Le thème de la réunion, les “oubliés du monde agricole”, annonçait déjà la couleur… Avec de nombreux exemples à l’appui, le bureau présidé par Albert Monier souligne la faiblesse des retraites agricoles, l’exclusion de la complémentaire obligatoire de certains chefs d’exploitation, mais aussi des conditions restrictives contestables pour des femmes d’exploitants et des aides familiaux. Il remarque aussi divers problèmes liés à la compensation démographique inter-régimes (dans le régime agricole, on compte 3 retraités pour 1 cotisant). Dans la salle, une retraitée a fait le calcul : “Nous sommes les retraités français les moins considérés ; les retraités de la fonction publique ou de la SNCF touchent en moyenne plus de 1 300 euros par mois, plus de 1 000 euros pour les salariés du régime général et pas plus de 260 euros pour certains non-salariés agricoles !” L’intervenante estime qu’il est “du devoir de nos élus de se battre sur ce dossier”.
88 centimes par mois ! Même s’il admet que ce n’est pas suffisant, le président de la MSA, Albert Chandon, tient à rappeler que la mobilisation des anciens a permis de notables améliorations ces dernières années. “Les 260 euros par mois correspondent à trop peu de trimestres de cotisation”, justifie-t-il. Il admet quelques aberrations. “La pension la plus faible des 17 000 versées chaque mois est de 0,88 euro par mois”... La section des anciens de la FDSEA demande à Jean-Yves Bony, conseiller général présent à cette assemblée, d’être leur porte-parole auprès des parlementaires (il est suppléant du député Marleix). “Ce sont eux nos interlocuteurs pour faire avancer des dossiers nationaux. Il faut qu’ils nous écoutent. On entend trop les plus nantis qui se plaignent et ceux qui ont travaillé pour ce pays et qui restent dans l’ombre, malgré des situations économiques qui se rapprochent de la misère”, relève Raoul Raynal, premier vice-président. “Messieurs les élus, si vous ne nous écoutez pas, c’est vous qui nous entendrez !”, prévient-il. En réponse, Jean-Yves Bony s’est engagé à organiser une rencontre entre les anciens exploitants et Alain Marleix.
Les promesses de la MSA Déjà, le président de la MSA annonce quelques nouveautés intéressantes qui seront mises en place au 1er juillet 2006. L’âge minimum requis pour la réversion sera progressivement abaissé ; à 55 ans pour les retraites de réversion prenant effet avant le 1er juillet 2005 ; 52 ans pour celles prenant effet à compter du 1er juillet 2005 ; 51 ans pour les retraites de réversion prenant effet à compter du 1er juillet 2007 et 50 ans celles prenant effet à compter du 1er juillet 2009. M. Chandon informe aussi de la suppression de la condition d’âge pour bénéficier d’une retraite de réversion à compter du 1er janvier 2011. D’autre part, la MSA envisage, sans même attendre le décret d’application, de mettre en œuvre un dispositif prévu par la loi d’orientation agricole, prenant en compte les périodes d’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) et de majoration d’assurance pour enfant élevé (MAE), validées par le régime général et exigées pour accéder aux revalorisations des petites retraites. “Tous les dossiers concernés seront réexaminés”, promet le président Chandon. Il reconnaît en revanche être toujours en attente du décret qui doit fixer le barème applicable au rachat des périodes d’aides familial mineur. Autre invité, Patrick Bénezit, secrétaire général de la FDSEA, a tenu à réaffirmer le soutien de la fédération aux combats menés par les anciens exploitants. Comme M. Chandon l’avait fait un peu plus tôt, il souligne la force de cette section syndicale dont l’action a permis déjà quelques avancées : augmentation et mensualisation, des retraites, mise en place d’une complémentaire obligatoire...

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