L'Union du Cantal 01 septembre 2004 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Les rayons des produits laitiers privés des grande marques

Mardi 24 août, les rayons produits laitiers des grandes surfaces étaient à moitié vides. Une action destinée à dénoncer la baisse du prix du lait qui n´a pas déplu aux distributeurs.

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Fait inhabituel : les agriculteurs et la grande distribution étaient parfaitement d´accord. Les éleveurs de lait, à l´appel de la FDSEA et des JA, et les responsables de super et hypermarchés du Cantal se sont même unis pour conduire une action contre les grandes marques de transformation laitière. Mardi 24 août, dans le rayon frais, il était difficile de trouver du fromage Caprice des Dieux, du beurre Président, de l´emmental Entremont, des yaourts Danone ou des desserts lactés Nestlé... pour ne citer qu´eux.

Guidés par le directeur

"Ces grands groupes, privés ou issus de la coopération, se livrent une concurrence sans merci, mais réussissent à se mettre d´accord de façon presque unanime pour baisser le prix du lait à la production, résume Chantal Cor, présidente de la section laitière de la FDSEA. Baisser le prix de pratiquement 12 euros les 1 000 litres, cela revient à priver les producteurs de la prime dont le paiement est attendu le 16 octobre". A ses côtés, ils étaient une cinquantaine à parcourir mardi matin les rayons de l´hypermarché Géant d´Aurillac. Guidés par le directeur du magasin, Christian Millette, ils ont pu constater que la consigne avait été plutôt bien suivie. Le responsable de l´hypermarché s´en explique : "Pour une fois, nous sommes d´accord. On met trop souvent en cause la GMS alors que ce sont bien les intermédiaires qui font la loi. Les agriculteurs s´attaquent bien là où le bât blesse", dit-il. Plus nuancée, Chantal Cor précise que, quand on est éleveur, "on a un peu l´impression de passer à la moulinette des deux côtés". Les troupes restent en effet dubitatives devant un lait entier marqueté, affiché à 0,87 euro, payé péniblement 0,27 euro au producteur.

Egalement à Mauriac et Saint-Flour

Même type de scénario à Mauriac et Saint-Flour, où des délégations ont pris acte du suivi de leurs recommandations auprès des distributeurs. Les responsables des magasins avaient même affiché une lettre explicative rédigée par les syndicats agricoles. A Mauriac, René Champagnac, directeur du magasin, est allé jusqu´à tirer sur sa photocopieuse les tracts distribués à la clientèle. Pierre Meilhoc (FDSEA) confirme l´intérêt des consommateurs qui ont eux aussi l´impression d´être bernés. Bien que très en colère contre les industries et coopératives qui fabriquent des produits laitiers à très forte valeur ajoutée, FDSEA et JA refusent dans un premier temps de conduire des actions coup de poing dans le Cantal. Mme Cor, autant que Gilles Amat, président des JA, gardent l´espoir d´une réouverture des négociations. Du côté des industriels de la région, on se dit également favorable à la reprise rapide d´un dialogue, interrompu au niveau national.

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