L'Union du Cantal 11 février 2004 à 00h00 | Par Renaud Saint-André, Benoit Parret et Frédéric PIgot

Les producteurs de lait maintiennent la pression

Jugeant inacceptables les propositions des transformateurs, les producteurs de lait ont continué de manifester pour le maintien de leur revenu.

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¿ la veille de la rencontre entre le ministre de l´Agriculture et les représentants des industries laitières, mercredi 10 février, les éleveurs laitiers du Cantal ont maintenu la pression. Ils s´insurgent contre une nouvelle baisse programmée du prix du lait. Après avoir évoqué une baisse de 18 euros par tonne, il est désormais question de revoir la baisse à 20 euros par tonne de lait.

A l´appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, près de 400 agriculteurs des arrondissements d´Aurillac et Mauriac se sont relayés, lundi matin 10 heures jusqu´à mardi soir, sur deux sites stratégiques : l´usine de transformation fromagère 3A de Saint-Mamet et l´usine Lactalis de Riom-ès-Montagne. Sur place, ils interdisaient tout trafic de citernes : ni entrées, ni sorties de camion.

Des tournées avancées

Lundi soir, bien peu de citernes avaient été interceptées : visiblement les responsables des unités de transformation avaient été prévenus de cette action. Les agriculteurs ont joué la montre et, mardi matin à Saint-Mamet, des citernes en provenance de Toulouse étaient immobilisées.

Convaincus que l´usine manque de lait, les manifestants ont décidé de maintenir le blocus plus longtemps que prévu. "Alors qu´on nous laisse entendre que nos intérêts sont bien défendus, que la transformation joue le jeu autant que faire se peut, on nous oblige à entrer dans un rapport de force", déplore le secrétaire général de la FDSEA, Michel Combes. Même chose du côté de Riom, où le président des Jeunes agriculteurs, Antoine Croutes, constate que "la pression monte". Pour preuves, une mobilisation deux fois plus importante, dès lundi, que lors d´une précédente action, le 30 janvier dernier et une citerne de 17 000 litres, interceptée et vidée dans la nuit.

Des camions-citernes interceptés et vidés

Contrairement aux actions menées sur les deux autres arrondissements, à Saint-Flour, les producteurs de lait n´ont pas bloqué d´usine. Un "souhait au plan local" de ne pas intervenir sur les sites de transformation, justifiait Dominique Troupenat, responsable cantonal FDSEA.

Néanmoins, une centaine de manifestants s´est réunie lundi sur la place des Allées Georges-Pompidou pour dénoncer publiquement la baisse du prix du lait avant de se rendre à la sous-préfecture où Patrick Escure, président de la FDSEA, demandait audience auprès de Marie-Blanche Bernard, sous-préfète. Il espérait pouvoir la convaincre, à quelques heures de la rencontre entre industriels et ministre de l´Agriculture, qu´un partenariat "gagnant-gagnant" entre producteurs et transformateurs reste possible. Mardi après-midi, après l´annonce par le ministre de l´Agriculture d´une enveloppe de 20 millions d´euros d´aide à la filière laitière, les barrages ont été (provisoirement?) levés.

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