30 mars 2011 à 11h13 | Par P. O. ET J.-M. A.

Les électeurs font une nouvelle fois mentir l’arithmétique

“Aucun canton n’est perdable”, affichait il y a deux mois la Majorité départementale. Malgré deux cantons conservés à l’arrachée, les Cantaliens lui ont donné raison.

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Du côté de la fédération UMP du Cantal, on aime déjouer la pure logique mathématique quitte à rester l’exception revendiquée dans un paysage politique national en mutation. L’issue du second tour des cantonales ce dimanche - avec un canton de plus dans l’escarcelle de la droite (soit 20 sur 27) - en a une nouvelle fois apporté la démonstration, après l’élection partielle sur Aurillac IV qui avait vu l’an dernier Philippe Fabre s’imposer face à Claudine Fley contre tous les pronostics. L’arithmétique aurait aussi voulu que Christian Montin, arrivé second au premier tour derrière le candidat de la Majorité départementale mais favori au vu du potentiel de report de voix des candidats du Front de gauche et d’Europe écologie-Les Verts en sa faveur, fasse basculer le canton détenu depuis 1992 par Michel Lafon. Et rétablisse un statu quo des forces en présence au sein de l’Assemblée départementale. Il n’en a rien été même si le maire de Marcolès peut nourrir de profonds regrets au vu des 68 petites voix qui le séparent du nouveau conseiller général.

Alain Calmette et Henri Manhès : un duel qui a tourné à l’avantage du maire d’Aurillac.
Alain Calmette et Henri Manhès : un duel qui a tourné à l’avantage du maire d’Aurillac. - © P.O.

Regrets à gauche

 

Des regrets que nourrissait aussi dimanche soir, Patrick Carpentier, partagé entre “la mine triste” de la perte d’un siège (celui de Saint-Cernin laissé étrangement vacant par l’opposition) et la satisfaction de voir la droite en position de “vrai recul”. “Là où la Majorité départementale passait avec 65-70 % des voix, ses candidats accusent aujourd’hui des baisses de l’ordre de 10 %. On la grignote”, assurait le secrétaire de la fédération départementale du PS persuadé qu’à plus ou moins brève échéance et, pourquoi pas dès 2014, le département suivra la lame de fond nationale. De fait, la droite (UMP et divers droite) perd près de six points par rapport à son score de 2004 (où elle avait atteint près de 62 % des voix), sans pour autant que cela ne profite à la gauche (PS et divers gauche) qui n’engrange qu’un point (31 % en 2011). Les membres du Front de gauche présent sur tous les cantons renouvelables progressent de fait (passant de 3,84 % à 5,95 %), de même que les Verts (2,1 % contre 1,09 % en 2004). Le Front national, aligné sur un seul canton est lui logiquement en repli tandis que la catégorie des candidats non estampillés fait une percée. “Le Cantal joue aujourd’hui cavalier seul (dans le paysage hexagonal) : la gauche conforte sa majorité dans 56 départements et au final, 60 départements pourraient être administrés par la gauche”, faisait valoir Patrick Carpentier, saluant au passage le plébiscite du candidat Calmette qui assoit selon lui la notoriété du chef d’une “opposition constructive”. Ce dernier évoquait lui une droite “désorganisée et qui manque de prise”. “À Alain Calmette qui nous dit que la Droite est en perte de vitesse, je réponds qu’en deux élections, elle a gagné deux cantons, qui plus est aujourd’hui dans un contexte national extrêmement compliqué”, rétorque Jean-Antoine Moins, secrétaire de la fédération UMP du Cantal, préférant une comptabilité générale au chiffrage analytique. Si, comme lui, Vincent Descœur, qui devrait logiquement être réélu ce jeudi à la tête du Conseil général, se félicitait de la victoire, certes à l’arrachée, de Bruno Faure et d’Éric Février, il préférait retenir “l’enjeu d’un scrutin local et non le simple fait de se résumer à une opposition gauche/droite ou d’hommes. Nous nous sommes efforcés de parler d’un projet pour le Département et de l’avenir du Cantal. La participation est aussi une bonne nouvelle car quels que soient les votes émis, les Cantaliens ont fait la preuve de leur intérêt pour l’élection du conseiller”. Et pour le chef de la Majorité départementale, cela ne fait pas de doute, ces résultats traduisent “une approbation de la politique que nous menons depuis dix ans”. Une politique qu’Alain Calmette et son opposition comptent continuer de contester de façon “constructive mais ferme”. Rendez-vous dès ce jeudi dans une assemblée où s’affichent désormais face à face deux des candidats déclarés aux législatives sur la première circonscription.

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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