L'Union du Cantal 16 août 2010 à 15h21 | Par Marie Varnieu

Le talent du bout des doigts

À seulement 20 ans, le jeune Cantalien Yvon Momboisse a su se faire un nom sur les scènes musicales. Dernièrement, il était programmé en “In” du festival de boogie-woogie, à La Roquebrou.

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Ce pourrait être un jeune de 20 ans comme les autres. À la différence près qu'Yvon Momboisse est un prodigieux pianiste, adepte du boogie-woogie. Né dans le Cantal et désormais résidant britannique, il y revient de temps en temps, à l'occasion d'un festival, comme celui de La Roquebrou, début août. Jouer sur ses terres, il le vit comme une consécration puisque cette fois, il n'était pas simplement une première partie parmi tant d'autres, il était en "in", programmé pour l'ouverture. Devant une salle comble, "je me suis bien amusé, témoigne l'Aurillacois. Les musiciens étaient géniaux, j'ai vendu quelques CD..."


Le déclic "boogie" au festival de La Roquebrou

Mais avant d'en arriver là, Yvon Momboisse a travaillé sa technique au piano, "l'un des instruments les plus complets" après avoir commencé la clarinette à l'âge de 7 ans. Le petit, qui a en la personne d'Alain Bruel un oncle accordéoniste reconnu, s'inscrit ensuite rapidement au conservatoire, à l'harmonie municipale,... encouragé par son papa, Guy, contrôleur laitier. Entre les visites d'exploitation où il suit son père et des visites remarquées à la Chambre d'agriculture, Yvon suit un parcours "classique" où il apprend la musique "classique"qui "donne des bases techniques indispensables". Pourtant, l'élève ne se passionne pas, "le classique ne me correspondait pas beaucoup..." Le déclic pour le boogie, il l'a au début des années 2000, à La Roquebrou justement. Seulement à 11 ans, les concerts semblent longs, très longs au petit garçon qui finit par s'endormir avant la fin de la première partie du concert... Qu'à cela ne tienne ! Son oncle et sa tante lui achètent des CD des artistes présents, qu'Yvon écoute chez lui. Et là, "ça m'a branché !" Cette "musique d'acharné", il l'apprend tout seul pendant deux ans, aidé de son cousin et de son oncle. "Sans ce festival, je n'aurai pas vécu 99 % des choses que je vis aujourd'hui..." reconnaît-il. Et le garçon comprend vite comment fonctionne le 88 touches : "La main gauche sert de section rythmique pour la batterie, la basse, la guitare ; et la droite pour l'ornement." En autodidacte, l'ancien élève des classes à horaires aménagés de Jules-Ferry, qui affirme "ne pas aimer beaucoup travailler", s'entraîne des heures chez lui, sur son synthétiseur, avant de s'inscrire à une Master class, en 2003 à La Roquebrou, dirigée par Philippe Lejeune, pianiste toulousain bien connu du milieu. "Il m'a ensuite proposé de jouer sur scène avec lui, se rappelle Yvon, qui avait à peine "14 balais." Devant 1 200 personnes. Tout est parti de là."

 

Yvon Momboisse a assuré le spectacle lors du dernier festival de boogie woogie de La Roquebrou où un millier de personnes l’a applaudi.
Yvon Momboisse a assuré le spectacle lors du dernier festival de boogie woogie de La Roquebrou où un millier de personnes l’a applaudi. - © Pierrick Delobelle (La Montagne)

Et maintenant... l'Angleterre

De fil en aiguille, sa renommée ne cesse de grandir et il se retrouve invité aux terrasses musicales d'Aurillac. Recommandé par Philippe Lejeune, l'adolescent croise Mister B., pianiste américain. De là naît l'idée de partir aux États-Unis, un an, car le garçon, qui trouve "aberrant" ne pas pouvoir continuer en classes aménagées au lycée, a décidé de devenir professeur d'anglais en France. Finalement, suite à des problèmes de délai de visa étudiant, "il a fallu dire adieu à l'Amérique..." Un mal pour un bien puisque le fan de batterie boucle finalement ses valises pour l'Angleterre, accueilli par les organisateurs d'un festival dans lequel il avait joué l'année d'avant. Il s'installe donc à Dorset, dans le Sud Ouest de l'île, où il reste un an. Titulaire d'un bac ES et fidèle à son projet professionnel, il regagne la France et Toulouse, pour suivre la fac... un mois, avant de se rendre compte que "l'Angleterre me convenait" et que son cœur "était ailleurs". De retour "au pays", l'adepte des jeux vidéos cumule les petits boulots et quelques apparitions dans des pianos-bars. Un souvenir dont il ne gardera pas une trace indélébile... "Il faut jouer souvent et ce n'est pas mon cas... J'aurai pu rentrer dans un cursus musical après le lycée mais je ne l'ai pas fait... La musique, c'est génial mais ça laisse peu de temps et de place pour faire autre chose. Et ça m'a fait peur..." Le jeune homme a tout de même tenté d'entrer au conservatoire de Londres, en travaillant "quatre mois nuit et jour"mais seuls deux ont été retenus sur la centaine de prétendants... Lui termine dans les quatre premiers... C'est à ce moment-là qu'il se rend compte que la musique, "même si ça restera important, je n'en ferai pas mon métier." Yvon change donc son fusil d'épaule et s'est inscrit pour la rentrée prochaine à Sciences Po Cardiff afin de devenir... professeur de français en Angleterre ! Contacts et renseignements : http://yvon.momboisse.cantalpassion.com/index.php?lng=fr

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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