L'Union du Cantal 04 juillet 2012 à 14h21 | Par Patricia OLIVIERI

Le Puy Mary va entrer dans le club très fermé des Grands sites de France

Après l’avis favorable de la Commission supérieure des sites perspecti-ves et paysages, ne reste plus que la signature d’un ministre pour labelliser le Puy Mary en Grand site.

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Le territoire du futur Grand site comprend 36000 ha, sept vallées et 13villages mais seulement 6 habitants au km2.
Le territoire du futur Grand site comprend 36000 ha, sept vallées et 13villages mais seulement 6 habitants au km2. - © P.Olivieri
Les géologues le savent bien : il faut du temps pour modeler le territoire, arrondir les arêtes, faire émerger des sommets... Et tout vulcanologue vous le dira aussi : c’est souvent après des ères de léthargie, alors qu’on le croit sagement endormi, que ressurgit la fougue de l’ancien volcan. Ainsi en va-t-il de l’ancien stratovolcan cantalien. Plongé dans une longue hibernation entre-coupée d’une sur-agitation estivale au Pas de Peyrol durant des décennies marquées par le déclin démographique de ses vallées, le Puy Mary est sorti à la fin du siècle dernier de sa torpeur et le voilà bientôt propulsé dans le cercle très fermé des Grands sites de France. Jeudi 28 juin, la Commission supérieure des sites perspectives et paysages, après avoir auditionné notamment Bernard Delcros, président du syndicat mixte Grand site Puy Mary, a donné un avis favorable unanime et enthousiaste à sa labellisation qui devrait intervenir officiellement dans les prochaines semaines sous la plume d’une décision du ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Une reconnaissance à venir que l’Inspecteur des sites, qui était venu enquêter début juin sur place, juge dans son rapport “d’ores et déjà méritée” au vu du travail réalisé depuis dix ans sur ce territoire de 36 000 ha, regroupant les sept vallées (et leurs 13 villages) qui convergent vers le Puy Mary.

Fertiliser les vallées

Une décennie au cours de laquelle sept millions d’euros ont déjà été injectés avec un triple dessein : “Passer d’une visite passive de ce site très fréquenté (NDLR : un demi- million de visiteurs annuels), une visite parfois violente au vu des tensions pour se garer, circuler, une visite qui plus est sans aucune retombée économique, à une visite active et sereine où l’on donne aux gens des clés de compréhension du site, l’envie d’y rester plus longtemps, de respecter le territoire, avec des vraies retombées économiques”, explique Bernard Delcros, cheville ouvrière de la démarche lancée en 1999 par Roger Besse. Tout en précisant que ce label - attribué pour une durée de six ans - n’est en aucun cas une mise sous cloche. Contrairement à d’autres - Mont-Saint-Michel, Pont du Gard,... - qui ont à gérer une activité commerciale devenue anarchique, le futur Grand site cantalien présente en effet la spécificité d’être dans une logique de conciliation des impératifs de préservation et de développement économique. “Il s’agit de revitaliser des vallées, de reconquête démographique d’un territoire qui a beaucoup souffert au cours de la seconde moitié du XXe siècle”, poursuit le président du syndicat mixte. C’est ce à quoi s’attelle depuis sa création le syndicat qui a en quelque sorte fertilisé les vallées rayonnantes sur la base des projections du Puy Mary en associant habitants et élus à un projet qui a pris corps en juillet 2007 avec l’ouverture d’une première maison de site au Pas de Peyrol, puis d’une seconde l’été suivant à Mandailles et d’une troisième porte d’entrée en 2011 à Dienne.

 

Transport découverte

Le sommet et deux angles en quelque sorte de la pyramide que formait jadis le plus grand volcan d’Europe. Reste à finaliser toutes les facettes de la pyramide : les maisons du Claux et du Falgoux, dont le bâtiment a été pour chacune déjà acheté, devraient ouvrir d’ici fin 2013 et leur muséographie être conçue dans la foulée (comme celle de Dienne). Mais ce n’est là qu’une partie du vaste chantier programmé sur les six années à venir. Avec en premier lieu, d’ici l’automne, la finalisation des travaux d’aménagement du Pas de Peyrol pour transformer ce carrefour routier : les parkings seront déplacés vers l’aval côté Salers, l’arrivée au col sera rétrécie et la part belle faite aux piétons qui bénéficieront d’un accès facilité au sommet. Une requalification paysagère du col de Serre est aussi planifiée avec la construction d’un bâtiment aux normes BBC qui fera office de vitrine pour les activités de pleine nature toutes saisons, lesquelles seront repensées avec les professionnels. De même, un plan paysager est à l’étude avec les acteurs touristiques et les élus pour les cols de Néronne, du Pertus, de Légal et d’Aulac, ainsi que sur le secteur des lacs à Lavigerie. Dès l’été 2013, le transport découverte collectif sera par ailleurs expérimenté en lien avec des prestataires et accompagnateurs en montagne aux visiteurs désireux de ne pas s’encombrer de leur véhicule et d’appréhender la montée au site différemment. Côté animations, la base VTT de Mandailles trouvera une extension dans les différentes maisons de site. Enfin, le syndicat entend conforter son dispositif d’accueil de porteurs de projets mettant en avant la mutation opérée en peu de temps à Lavigerie.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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