L'Union du Cantal 12 janvier 2005 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Le préfet va autoriser l´extension de la porcherie de Marchastel

Le préfet vient d´annoncer qu´il signera l´arrêté d´autorisation d´extension de la porcherie de Marchastel, juridiquement contraint, et à contrecoeur.


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Au terme d´une longue procédure, le préfet du Cantal donnera finalement son accord permettant l´extension de la porcherie de M. Chalier à Marchastel. Un feu vert dicté par le volet juridique, mais qui "n´engage pas (son) sentiment", comme l´a expliqué à la presse vendredi 7 janvier, le préfet Rigolet. Au lendemain de l´avis favorable unanime de la Conseil départemental d´hygiène (CDH), dernière instance consultative appelée à se prononcer, Alain Rigolet a confié "ne pas pouvoir juridiquement faire autrement". Comme toutes les chartes de parcs naturels régionaux, celle du Parc des volcans d´Auvergne n´est pas opposable à un tiers. Un argument exposé par les services juridiques de la FNSEA et de la Chambre d´agriculture qui a nécessité une enquête de jurisprudences auprès des tribunaux administratifs et du Conseil d´Etat et l´expertise déterminante des ministères de l´Agriculture, de l´Ecologie et de l´Intérieur.

"L´élevage industriel n´est pas normé"

En clair, il apparaît que la charte ne peut être opposée qu´à une collectivité. Or, sur Marchastel, il n´y a pas de documents d´urbanisme... L´élément est d´autant plus déterminant que la notion "d´élevage industriel" -à laquelle ladite charte fait référence- n´est pas clairement définie, comme le préfet lui-même l´a admis : "L´élevage industriel n´est pas normé. Considérer qu´il s´agit de tous les élevages classés soumis à autorisation est une interprétation. Porc-montagne se fie au nombre de truies présentes. C´est une autre interprétation"... Mais il ne cache pas -c´est le moins que l´on puisse dire- sa désapprobation. Après avoir dénoncé les actions conduites au domicile du vice-président du Parc Lionel Roucan ("Des méthodes qui appartiennent à un folklore agricole que je croyais révolu ; un archaïsme supplémentaire du Cantal") et les pressions et menaces exercées sur les élus et sa propre personne ("Un type de comportement d´un autre âge"), Alain Rigolet s´est lancé dans un véritable réquisitoire. Il estime que "les agriculteurs doivent prendre conscience de l´exaspération de la population" : "Ils n´ont pas intérêt à creuser un peu plus le fossé entre eux et le reste de la population. L´espace rural n´est d´ailleurs pas la propriété exclusive des agriculteurs. Il est à tous les Français et chacun a donc son mot à dire quant à la protection et la gestion de cet espace", poursuit le préfet.

Des prescriptions

"Il convient de prendre garde de ne pas sacrifier le tourisme, un des atouts forts du Cantal. J´invite les agriculteurs à réfléchir quelle agriculture ils veulent dans ce département pour le 21e siècle". Et d´ajouter qu´il regrette que le dossier Chalier ait été autant médiatisé, qu´il ait déchaîné des passions qu´il juge injustifiées : "C´est l´exemple même de ce qu´il ne faut pas faire", dit-il. "Il est temps de raisonner une politique globale plutôt que du coup par coup". Cela dit, le préfet signera le 10 février prochain un arrêté d´autorisation qui n´engage que le projet de Marchastel, assorti toutefois d´une analyse économique garantissant la viabilité du projet et de quelques prescriptions. Le préfet a demandé à l´éleveur de procéder à des aménagements tels que la désodorisation du lisier et la couverture de la fosse et demande de ne pas épandre l´été et les week-ends. Christian Chalier est prêt à exécuter ces recommandations, d´autant qu´il a à coeur de prouver que tourisme et élevage porcin de ne sont pas incompatibles. Il rêve déjà de ferme-auberge...

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