L'Union du Cantal 05 juillet 2017 à 08h00 | Par P.Olivieri

Le préfet devant les élus du Département

Comme chaque année, le préfet est venu présenter le rapport des services de l’État devant l’Assemblée départementale, avant une séance de questions-réponses.

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Exercice de style imposé chaque année aux préfets, la présentation du rapport de l’activité des services de l’État dans le département devant les conseillers départementaux s’est faite jeudi dernier dans un contexte un peu particulier : à savoir en l’absence du président Descœur et de son premier vice-président, qui ont étrenné la semaine dernière leurs places sur les bancs du palais Bourbon, et un gros mois seulement après les prises de fonction d’un nouveau gouvernement déjà remanié depuis. C’est donc une tribune quasiment 100 % féminine qui a présidé à cette assemblée, Sylvie Lachaize, première vice-présidente, se chargeant de piloter les débats en relais à l’intervention du préfet Isabelle Sima. Cette dernière a ainsi fait un large tour d’horizon : de la dématérialisation des procédures administratives, au nouveau découpage intercommunal, au soutien de l’État aux collectivités, à l’agriculture et l’économie cantaliennes, en passant par l’accès aux services publics, aux services de soins, les mesures en faveur de l’emploi, du désenclavement routier,...

122 : “Il faut du concret, du rapide !”

Autant de têtes de chapitre qui ont souvent motivé des demandes de précisions ou compléments d’information de la part des élus, lesquels ont plus souvent vu le verre à moitié vide que plein... et des courbes en lieu et place des lignes droites et créneaux de dépassement tant attendus. C’est en effet sur le désenclavement via l’aménagement de la RN122 que les conseillers départementaux sont restés sur leur faim. S’agissant de la déviation de Sansac et du contournement sud d’Aurillac, le préfet a fait valoir que les travaux étaient engagés et que le financement des créneaux de dépassement entre Murat et Massiac était acquis. Dont acte, mais à quand les premiers coups de pelle sur la chaussée notamment au droit du point “PK 125” objet d’un nouvel accident le jour-même, a lancé Didier Achalme. La sénatrice Josiane Costes s’est montrée plus agacée s’agissant de l’étude partenariale d’itinéraire de la RN122(1) dont le rendu est attendu le 10 juillet et présentée par Isabelle Sima comme devant permettre aux élus de définir leurs vision et priorités sur le tracé de la 122 : “Les élus savent très bien comment ils voient la 122 et la population aussi ! a réagi Josiane Costes. Il est urgent de lancer les études sur le contournement de Maurs, Polminhac et Vic pour qu’une fois les financements là, on puisse agir !” Même exigence de pragmatisme et d’efficacité sur le schéma d’accessibilité des services au public : “Il faut que ce soit concret, rapide, mener une contractualisation avec les opérateurs du service public (NDLR : la Poste,...) sinon on se sera fait plaisir avec un énième schéma.” Céline Charriaud s’est elle interrogée sur le devenir des deux brigades de contact (Neuvéglise, Allanche) au terme de leur phase d’expérimentation qui prévoit le détachement de certains effectifs affectés à une mission de renseignement. Un point d’étape devrait intervenir courant juillet a répondu Isabelle Sima. Cette dernière se montrant aussi rassurante sur le retour à une semaine scolaire de quatre jours évoqué par Marie-Hélène Chastre : “Il n’y aura pas d’obligation à la rentrée 2017.”

Le préfet du Cantal a abordé de nombreux sujets avec les élus, dont l’aménagement de la RN 122.
Le préfet du Cantal a abordé de nombreux sujets avec les élus, dont l’aménagement de la RN 122. - © CD

Verre à moitié vide ?

Quid de l’avenir budgétaire des Départements, l’échelon de collectivités aujourd’hui le plus fragile, sans une politique réelle de péréquation et de compensation, a interrogé Sylvie Lachaize. “Le nouveau ministre Gérard Collomb est sensibilisé à l’avenir budgétaire des Départements, a répondu la représentante de l’État. Il faut que le gouvernement envisage d’autres pistes que la renationalisation de l’Apa”, piste rejetée par l’ADF (Association des Départements de France). Toujours au chapitre des dotations, Bernard Delcros a demandé une nouvelle fois que soient revus les critères qui ont prévalu dans l’évolution de leur attribution et joué en défaveur des collectivités cantaliennes. “On a atteint un seuil en matière de dotations et DGF(2) en deçà duquel on ne peut plus descendre, sinon on va finir par asphyxier les collectivités”, a alerté le sénateur, militant pour une révision des critères d’attribution des enveloppes allouées aux contrats de ruralité. La question de la compensation de la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages annoncée par le candidat Macron est elle restée sans réponse à ce stade. Ce qui, plus globalement sur ces sujets, a fait dire à Roland Cornet : “Ça va très vite quand on nous enlève (des services, dotations), beaucoup moins quand on nous donne...” Une position dont Alain Calmette a pris le contrepied en sommant les enveloppes allouées aux collectivités cantaliennes par l’État en 2016 : 24 millions d’euros (8 M€ de DTER (+ 60 %), 4 M€ du Fsil, 10 M€ pour les territoires à énergie positive, 2 M€ pour les contrats de ruralité). “Soit 19 à 20 M€ de crédits nouveaux, ce qui va à l’encontre du discours traditionnel consistant à dire que le monde rural est totalement abandonné par l’État et que les collectivités ne sont pas aidées. Je trouve choquant qu’on ne parle que des problèmes. C’est un effort sans précédent depuis 20, 30 ans, il faut le dire aussi !”

(1) Cofinancée par l’État, la Région et le Département. (2) Dotation globale de fonctionnement.

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