L'Union du Cantal 06 février 2013 à 15h04 | Par P.Olivieri

Le Parti communiste lève le voile sur ses archives

C’est un transfert assez rare : le PC cantalien a confié ses archives aux professionnels des Archives départementales.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
“Je préfèrerais qu’elles soient étudiées par des étudiants que par des rats !” L’allusion de William Burias - secrétaire départemental du Parti communiste - aux archives de la section cantalienne du PCF stockées au sous-sol de son local à Belbex, a immédiatement suscité l’intérêt et l’enthousiasme d’Édouard Bouyé, directeur des Archives départementales. Adhésion partagée en interne par les camarades communistes, validée en bureau fédéral puis en congrès avant de recueillir l’assentiment tout aussi unanime du Conseil général, dont dépendent les Archives départementales. “Ça n’a pas fait un pli, raconte Édouard Bouyé. Tout ce qui est apprécié du public, on le recueille ici où est stockée une mémoire plurielle : aussi bien la mémoire d’un château, celle d’un chanoine, d’un architecte et maintenant celle des communistes... Je pars du principe que tout est à tous, rien de ce qui est humain dans le Cantal ne nous est étranger...” Emboîtant les pas de Marie-Georges Buffet, qui, en 2003, décidait de déposer les fonds nationaux du PCF aux archives de Seine-Saint-Denis, William Burias estime que c’est un acte fort que le parti cantalien pose aujourd’hui : “Nous voulons mettre à la disposition des chercheurs, des étudiants, tous ces documents car la recherche doit être libre et sans entrave. L’acte que nous posons aujourd’hui relève non seulement d’un souci de préservation de notre patrimoine mais c’est aussi un choix politique fort, qui n’est nullement en contradiction avec notre volonté de travailler nous-mêmes sur cette mémoire. Notre rapport à la mémoire ne peut que s’en enrichir. À travers nos archives, celle d’un parti qui a marqué profondément la vie politique de notre département, on apprendra sans doute beaucoup sur le Parti communiste dans le Cantal, sur ses débats, ses hésitations, ses impulsions, sur ses hommes et ses femmes, les responsables, les militants anonymes...” Et le secrétaire départemental de souligner que le Parti communiste est à ce jour le seul(1) à avoir porté dans le domaine public ses fonds.
William Burias (à droite en médaillon) et les délégués communistes ont pu redécouvrir leurs archives.
William Burias (à droite en médaillon) et les délégués communistes ont pu redécouvrir leurs archives. - © P.O.

Un demi-siècle d’histoire politique

“Un geste du PCF courageux, celui de permettre à tous de plonger dans un passé en toute transparence”, a salué samedi 26 janvier le directeur des Archives, à l’occasion de la remise de la convention(2) récemment signée entre le “PCG” (président du Conseil général) et le PCF, convention scellant la mise à disposition de 30 mètres linéaires d’archives du Parti aux Archives départementales. Et Édouard Bouyé d’assurer qu’aucun document n’avait été trié ou “épuré” de ces archives avant leur transfert. “Vous nous avez donné tous ces documents, votre confiance au service public nous touche beaucoup”, a-t-il déclaré. Cette mémoire complète intègre 51 années de fonctionnement des instances cantaliennes du Parti (délibérations de sections, bureau fédéral, congrès...) de 1944 à 1995. “On a même retrouvé un document de 1920, année de la naissance du PCF après l’adhésion de la SFIO à l’Internationale communiste”, a précisé Édouard Bouyé avant une visite commentée des archives. Des délibérations, des circulaires du comité central, des let- tres des différentes sections, la comptabilité de la vente de L’Humanité, mais aussi des photos, des enregistrements sonores avec la voix d’un certain Georges Marchais, des trombinoscopes des candidats communistes cantaliens aux différents scrutins, les 3 000 numéros du Cop (le journal “Cantal ouvrier et paysan”) ou encore des gobelets de manifestations diverses... : tous ces dossiers et cartons attendent d’être inventoriés et classifiés, ce qui devrait prendre plusieurs mois. Ensuite, ces archives pourront être consultables, du moins celles de la période allant de 1944 à 1962, puisqu’un délai de mise à disposition de 25 ans a été appliqué pour les actes de la sphère publique (délibérations...), délai porté à 50 ans dès lors que les documents en question ont trait à la vie privée (jugement de valeur émis dans un courrier par un adhérent...). L’intégralité des archives confiées sera donc communicable à compter de 2020.

(1) Les Archives hébergent aussi les archives de la CFDT Poste.

(2) À l’issue du 36e congrès départemental du PCF 15 et en présence notamment du maire d’Aurillac, Pierre Mathonier.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union du Cantal se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui