L'Union du Cantal 14 janvier 2009 à 14h22 | Par Christian Fournier

Le coup de gueule des JA

Face au silence des transformateurs, les Jeunes Agriculteurs se font entendre.

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Nicolas Cussac et Pascal Pojolat, deux jeunes agriculteurs qui veulent que la situation s'éclaircisse, pour le bien de tous.
Nicolas Cussac et Pascal Pojolat, deux jeunes agriculteurs qui veulent que la situation s'éclaircisse, pour le bien de tous. - © C. F.

Ils ont l’impression que les entreprises de transformation font la sourde oreille et, en tout cas, leurs propositions restent pour eux, “trop floues”. Jeudi matin, à moins d’un mois de la nouvelle date butoir fixée par l’INAO pour entrer dans l’AOC cantal, Nicolas Cussac, responsable du groupe lait et Pascal Pojolat, secrétaire général des JA, ont donc décidé de monter au créneau : “Nous en avons ras-le-bol de l’attitude de nos entreprises, de leurs propositions qui ne sont pas à la hauteur du cahier des charges AOC. Elles n’ont pas souhaité que se fasse un Criel AOC” résume Nicolas Cussac qui rappelle qu’au 1er janvier les demandes d’identification ont été bloquées par les producteurs de saint-nectaire et de cantal, “un signal fort”. C’est un “coup de gueule” que lui et Pascal Pojolat ont décidé de pousser en direction des transformateurs réitérant fermement les positions des producteurs : “Plus 70 euros par 1 000 litres sur la zone AOC et par rapport au lait “blanc”.

Clarifier la situation
Antérieurement à cette action, lors d’une rencontre des producteurs fin décembre avec les quatre plus grosses entreprises, les représentants des coopératives et privés, les transformateurs avaient bien fait “une proposition immédiate de 30 euros de plus-value avec un objectif de 50 e à terme mais cela, sans échéance ni sans planning véritable et, sans non plus, que soit clairement défini si cette plus-value s’appliquerait sur le lait “AOCisable” ou sur le lait véritablement transformé. Sans non plus d’assurance de conserver cette hausse dans l’hypothèse d’un lait blanc à la hausse”. Les entreprises voudraient elles bien donner une prime mais, “à condition que tous les producteurs signent pour toutes les AOC et qu’ils soient seulement rémunérés sur l’AOC la plus représentée”. Des zones d’ombre qui restent entières donc pour les représentants des JA qui proposent une issue : “Que tout cela soit géré par le biais d’une cotisation volontaire obligatoire, CVO. Elle permettrait de définir le pourcentage de lait “AOCisable” et cumulable (sur plusieurs AOC) sur l’ensemble de la zone, ce que demandent les producteurs, de même que la pérennité du système”. Elle présenterait également pour eux l’avantage de “supprimer les désaccords avec les entreprises mais en plus, que tout éleveur s’engageant dans l’AOC bénéficie de la plus-value et du cumul des primes AOC”. Une CVO, toujours selon eux, à laquelle les entreprises ne seraient pas opposées, mais qui demanderait néanmoins de fixer la hauteur des primes. La pression continue donc de monter préviennent les JA. Et les jeunes agriculteurs de préciser qu’en l’absence d’avancées, “des actions vont se mettre en place.” S’ils veulent cette valorisation, “c’est pour conserver les installations laitières de notre département et garder l’AOC dans le Cantal : “Cette situation freine l’installation”, soulignent-ils, “et nous nous demandons en vérité si les entreprises veulent en fait du lait AOC dans le Cantal…” Le dossier de la CVO est du ressort du préfet qui devait, en tant que médiateur, rencontrer les différents protagonistes.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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