L'Union du Cantal 24 octobre 2012 à 16h53 | Par J.-Y. Brunon

Le carillon de Saint-Géraud

Après l’agrandissement de la nef de l’ancienne abbatiale, entre 1856 et 1865, l’actuel clocher fut érigé en 1898. D’une hauteur de 77 mètres, il abrite six cloches formant le carillon.

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À l’occasion de la fête de saint Géraud, le 13 octobre, une visite du clocher en restauration et des interventions étaient organisées dans l’abbatiale par la Société des Lettres, Sciences et Arts la Haute-Auvergne en lien avec la municipalité d’Aurillac, les Archives départementales et la Fondation du Patrimoine (lire L’Union des 6 et 17 octobre). Cette journée a permis à un public venu nom­breux de mieux connaître, voire de découvrir, l’intérieur et l’extérieur de la flèche, ainsi que plus largement l’évolution du bâtiment abbatial. C’est à la suite d’une intervention d’urgence sur le clocher en 1994 successive à des chutes de pierres, qu’une étude de restauration a été lancée, puis élaborée par un architecte choisi par la Drac. L’église étant propriété de la commune, la municipalité a souhaité mener cette restauration du clocher en partenariat avec l’État, les collectivités locales, ainsi que des partenaires privés comme la Fondation du Patrimoine, organisme chargé de récolter les fonds privés au moyen d’une souscription.
À Saint-Géraud, les intervenants ont mis l’accent sur l’utilité du clocher et de sa flèche, ainsi que sur les diverses fonctions  du carillon.
À Saint-Géraud, les intervenants ont mis l’accent sur l’utilité du clocher et de sa flèche, ainsi que sur les diverses fonctions du carillon. - © J.-Y.B

La cloche, un instrument de communication

 

Considérées par des révolutionnaires comme servant la superstition, toutes les cloches des églises et des chapelles de France étaient destinées à être fondues pour en faire des canons et de la monnaie, selon un décret du 30 juin 1791. Les destructions ont alors été innombrables, heureusement pas totales. Concernant l’abbatiale Saint-Géraud, deux cloches sur cinq ont été fondues et le clocher entièrement détruit. D’une manière générale, le son produit par la cloche a été utilisé au fil des siècles pour diversesfonctions:alerte, information, appel civil ou religieux, localisation, par temps d’orage, etc. Le message transmis par la sonnerie s’appuie sur trois composantes : la sonorité, la modalité et le rythme de frappe, le nombre de cloches mises en œuvre simultanément ou successivement. Les combinaisons possibles autorisent un nombre important de messages à délivrer. Un règlement de sonneries précisait l’usage des différentes cloches en fonction des cérémonies ou évènements religieux. Le 6 juillet 1898, Monseigneur Lamouroux de Pompignac, évêque de Saint-Flour, bénissait le carillon de Saint-Géraud. Il se compose de six cloches fondues à Lyon par l’ingénieur Charles Arragon. La cloche se caractérise par une note de musique bien déterminée. Avant d’être coulées, elles ont été l’objet d’une étude minutieuse de la part du fondeur. La date de fonte, le nom du fondeur, celui de la cloche, ceux du parrain et de la marraine, une devise en latin rappelant la vie de leur saint patron, iconographies et épigraphies, ornent leur robe d’airain. La plus grosse cloche, le bourdon, nommée Saint-Géraud, pèse 2 600 kilos et sonne un do grave. La cloche Notre-Dame du Cœur pèse 1 600 kilos et sonne un la. Celle nommée Saint-Pierre, second patron de la paroisse, pèse 630 kilos et sonne un sol. La Sainte Adeltrude, mère de saint Géraud, pèse 430 kilos et sonne un la. Celle nommée Saint Odon, troisième abbé d’Aurillac et deuxième abbé de Cluny au Xesiècle, pèse 310 kilos et sonne un si bémol. Enfin, celle nommée bienheureuse Avigerne, sœur de saint Géraud, pèse 260kilos et sonne un do aigu. Ce carillon est considéré comme étant le plus remarquable du diocèse, aussi bien pour la justesse de ses tonalités que pour sa sonorité qui porte à plusieurs kilomètres à la ronde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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