L'Union du Cantal 30 août 2017 à 08h00 | Par Eva DZ

Le cap des 200 000 aubracs dépassé !

Le 11 août, les éleveurs aubracs étaient nombreux pour assister dans la commune éponyme aux travaux d’une race qui continue de progresser.

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Le cap des 200 000 vaches aubracs, longtemps convoité, est aujourd’hui dépassé (207 878 vaches inscrites à l’IPG 2017). “Grâce à des choix éclairés et au maintien de ses spécificités, l’aubrac trouve aujourd’hui sa place parmi les grandes races allaitantes françaises ainsi qu’à l’étranger”, a introduit, ravi, Yves Chassany, président de l’Union aubrac qui gère le herd-book de la race. Sans conteste, son adaptation au territoire, sa rusticité, ses qualités maternelles et bouchères,... font la différence. Elle prédomine toujours sur le plateau de l’Aubrac (208 éleveurs en Aveyron, 132 dans le Cantal et 152 en Lozère) et continue de progresser dans toute la France, dans les départements limitrophes, en zone charolaise et dans l’Est (142 éleveurs hors berceau). Ils sont ainsi 640 éleveurs à adhérer au herd-book, inscrivant 533 mâles, 6 993 femelles en section principale et 600 femelles en section annexe.

Un territoire qui grandit

“L’évolution se dessine plutôt de façon positive avec, à nouveau, de nombreux éleveurs souhaitant rejoindre le herd-book (près d’une quinzaine cet été encore)”, se réjouit Yves Chassany avec toutefois une limite. “Les adhésions de plus en plus nombreuses engendrent une réflexion quant au fonctionnement de notre équipe de techniciens. Les déplacements sont plus éloignés et les demandes des adhérents diffèrent entre utilisateurs du herd- book et sélectionneurs, détaille le président. Notre priorité reste le service rendu à nos 640 adhérents sur un territoire toujours plus large.” La clé de la réussite tient dans le tandem éleveur-technicien, “socle de nos activités de sélection”. Yves Chassany évoque ainsi la reconnaissance du travail accompli, la diversité génétique dans les élevages, l’écoute et la confiance. “Confiance et sérieux sont indispensables également dans la collecte des données avec d’abord des poids naissance et des conditions de vêlage fiables si on veut espérer un bénéfice commun”, a rappelé le président. Jacques Renou, directeur, a bien insisté sur ce point : “Attention, l’aptitude à l’allaitement se maintient tout juste et la facilité de vêlage peine un peu (87 % de vêlage sans aide, 10 % avec aide facile). Il ne faut pas non plus baisser la garde sur l’intervalle vêlage-vêlage (70 % à moins de 385 jours)”, regrettant au passage le taux toujours en baisse de croisement (14,5%) : “Le marché se chargera de réguler le flux de femelles en race pure ! Le manque de sérieux et de fiabilité dans l’enregistrement des poids naissance et des conditions de mise bas n’est pas compatible avec l’expansion de la race”, a-t-il argumenté. Cette base solide de sélection reconnue sera aussi un atout en vue du nouveau règlement zootechnique européen en place au 1er novembre 2018. “La conservation et l’amélioration de la diversité génétique de notre race, par le biais notamment de la génomique (application possible en 2017/2018), sont autant de richesses avec lesquelles nous pourrons créer la génétique de demain”, a avancé Yves Chassany, rejetant par là même la standardisation et la spécialisation. À cela s’ajoute le bon taux de variabilité génétique : le taux moyen de consanguinité des femelles aubrac atteint à peine les 3 % et les pedigrees remontent à neuf générations en moyenne ce qui place la race au deuxième rang national en la matière.

L’aubrac, une race reconnue aujourd’hui bien au-delà des frontières hexagonales.
L’aubrac, une race reconnue aujourd’hui bien au-delà des frontières hexagonales. - © S. CHATENET

Notoriété internationale

Les satisfactions sont nombreuses pour les responsables de l’aubrac. Sa notoriété se développe aussi bien en France qu’à l’étranger. Ainsi la race enregistre des records en nombre de pedigrees à l’export : 830 sur l’année dont 275 en Italie (grâce à une prime à la vache allaitante en race pure), 187 en Lituanie par le biais de Celia et la SARL Nolorgues et aussi en Roumanie, en Slovaquie,... (lire notre édition des 9-12 août). Yves Chassany regrette toutefois les contraintes sanitaires et commerciales rencontrées à l’export. Cette notoriété, la race aubrac la gagne aussi lors des concours et manifestations qui la mettent en lumière. L’exemple le plus probant est la Semaine européenne des races locales des massifs en septembre 2016 à Saint-Flour. “Grâce à un partenariat d’un nouveau genre avec le Coram, Collectif des races de massifs, nous avons démontré la capacité de nos races locales et rustiques à maintenir une économie basée sur une forte identité, non délocalisable et nécessitant peu d’intrants”, argumente Yves Chassany. Demain, le parc Aubrac placera également la vache épponyme comme moteur du développement territorial et en imaginant les complémentarités évidentes avec les autres secteurs d’activité. Enfin, la race prépare sa prochaine saison à la station d’évaluation La Borie (entrée des veaux mi-octobre), car les travaux autour de l’évolution de la race sont la base de cette communication positive. “Notre race est à nouveau à un tournant de son histoire, les solutions sont entre les mains des éleveurs et dépendront de leur volonté commune pour garantir l’avenir et les générations qui suivent”, a encouragé Yves Chassany.

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