L'Union du Cantal 25 avril 2012 à 14h50 | Par Renaud Saint-André

Le Cantal éparpille ses voix à droite et place Hollande en tête

Le premier tour de l’élection présidentielle a réservé localement quelques surprises.Parmi les plus flagrantes, l’arrivée en tête du scrutin pour la première fois d’un candidat socialiste.

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Le tiercé de tête dans les urnes cantaliennes : Hollande 30,84%, Sarkozy 28,61%, LePen 15,12%.
Le tiercé de tête dans les urnes cantaliennes : Hollande 30,84%, Sarkozy 28,61%, LePen 15,12%. - © R.Saint-André
Lundi matin dans le Cantal, les commentaires sur le résultat du premier tour des élections présidentielles portaient sur deux volets : François Hollande en tête (30,84 %) dans un département historiquement ancré à droite et la percée de Marine Le Pen qui double le score du Front national (15,12 %). Sur ce dernier point, certaines interrogations se font jour. Pourquoi des communes extrêmement rurales votent elles parfois assez massivement pour la candidate dont les sujets de prédilection de campagne sont très éloignés des préoccupations quotidiennes de nos campagnes : immigration, islamisation, violence urbaine ?... C’est le cas de Badailhac, par exemple, canton de Vic-sur-Cère où la candidate du FN arrive en tête (33,65 %), ou de Brageac sur le canton de Pleaux (31,67 %). D’autant plus curieux que le parti ne compte aucun élu local affiché, ni même de section départementale structurée qui puisse un minimum adapter son discours à nos territoires.

Mobilisés, mais dispersés

 

François Bayrou, qui semblait le plus proche du monde agricole et rural, n’a pas fait mieux qu’une quatrième place, assez loin derrière (11,16 %). Presque deux fois moins bien qu’il y a cinq ans. Certes dans des proportions différentes, le candidat Sarkozy, largement vainqueur du premier tour dans le Cantal en 2007 (33,36 %), a également vu sa côte s’effriter en 2012 (28,61 %). Il est toutefois prématuré d’imaginer que le département change de couleur, avant la proclamation du second tour. En effet, si les Cantaliens se sont bien mobilisés pour aller aux urnes (83,16 %), fidèles à leurs habitudes, c’est la première fois que leurs voix se dispersent autant. Et l’équation demeure à une inconnue, mais de taille : vers qui se reporteront les voix des candidats éliminés ? Concernant les voix du Front national, il y a fort à parier que le principe des trois tiers (un tiers gauche, un tiers droite et un tiers d’abstention de blanc ou nul) ne soit pas respecté et profite à la droite. C’est en effet un électorat souvent ouvrier qui, même le coeur à gauche, vote Le Pen ; une frange peu représentée dans le Cantal. De même, les soutiens locaux à François Bayrou sont plutôt issus de la droite traditionnelle.

Ville / campagne

 

La différence entre ville et campagne apparaît de plus en plus marquée dans le Cantal, “clivé” pour reprendre un terme en vogue. Car les écarts se creusent entre le rural et Aurillac qui vote massivement pour François Hollande (39,32 %), boude Nicolas Sarkozy (23,62 %) et accorde des scores aux coudes à coudes à Le Pen et Mélenchon (11,11 % et 10, 94 %). Une impression déjà ressentie dans l’hémicycle départemental où les préoccupations entre la ville et la campagne semblent de plus en plus se distendre.

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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