L'Union du Cantal 14 mai 2008 à 00h00 | Par Patricia Olivieri

Le 21e siècle, ère d’une “renaissance” occitane dans la modernité ?

Loin de l’image d’un patois reculé du monde rural, l’occitan est en train de reconquérir la population de son aire d’expansion, avant, peut-être, un retour via les médias.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L’occitan, du patois ? Sacrilège ! Ne dites pas à Jean-Pierre Malichier que la langue d’Oc s’apparente à ce parler local “employé par une communauté rurale et restreinte”, définition pour le moins péjorative donnée par le Petit Larousse. Car pour le président de l’IEO (Institut d’études occitanes), l’occitan doit d’abord être considéré comme la grande langue de culture qu’elle fut à l’époque des troubadours. “L’occitan ne peut être ramené à sa seule expression orale. C’est une langue qui s’est transmise aussi par l’écrit”. Le document le plus ancien identifié à ce jour, à sa connaissance, étant précieusement conservé chez nos voisins aveyronnais dans le trésor de l’abbaye de Conques, dont il constitue le texte fondateur.
À l’image des manifestants de Béziers, un courant de plus en plus large dans l’opinion milite pour une plus grande reconnaissance de l’occitan.
À l’image des manifestants de Béziers, un courant de plus en plus large dans l’opinion milite pour une plus grande reconnaissance de l’occitan. - © IEO

Réhabiliter la langue d’Oc

Et si l’occitan a rayonné bien au-delà des seules frontières françaises du Sud de la Loire depuis le Moyen-Âge, pas question pour le président et les membres de l’IEO, qui tenaient leur assemblée générale le 25 avril dernier, de véhiculer une image passéiste de la langue d’Oc (qui veut dire “oui”), qui regroupe en réalité un ensemble de dialectes d’origine romane. Ainsi, selon des enquêtes réalisées en 2006, le nombre de personnes capables de parler ou de comprendre l’un de ces six dialectes occitans pourrait s’élever à un, voire deux millions, sur une population concernée de quelques 15 millions d’habitants. Dans le Cantal, une enquête Ifop a évalué en 2005 que 75 % de la population comprenait le parler occitan ou du moins quelques mots. Mieux, plus de 70 % des personnes interrogées alors souhaitaient que la langue soit réhabilitée et transmise via les médias. Plus récemment, le poisson d’avril orchestré par France Bleu pays d’Auvergne a suscité l’enthousiasme des auditeurs de la radio. 

Des discussions avec France 3

"Il y a une vraie émergence de l’identité occitane”, analyse M. Malichier, faisant également référence aux 20 000 manifestants venus défendre en mars 2007 à Béziers la langue. “Les gens commencent à répondre en Oc, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes”. Pour autant le chemin s’avère encore long pour “un service public de radio et télé en occitan”, comme le revendique l’IEO.  Son président ne désespère pas cependant d’aboutir dans les discussions engagées avec France 3 avec l’appui d’élus, devenus “plus sensibles à notre cause”. Loin d’être un repli sur soi, cette renaissance de la culture occitane est perçue par M. Malichier comme “un retour aux racines pour mieux appréhender la mondialisation”. 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Union du Cantal se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui