L'Union du Cantal 07 juillet 2010 à 10h42 | Par Jean-Marc Authié

La Sablière : CCI, Caba et Ville d’Aurillac ne parlent pas le même langage

La chambre de commerce et d’industrie du Cantal vient de tenir son assemblée générale. Le projet de la Sablière aura été la grande “animation” de la réunion.

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Alain Calmette et Bernard Bouniol : deux logiques qui s’affrontent.
Alain Calmette et Bernard Bouniol : deux logiques qui s’affrontent. - © DR

"Nous considérons notre position comme une position d'ouverture afin d'aboutir à un projet partagé". Par ces mots, et au nom de l'ensemble des élus de la chambre de commerce et d'industrie du Cantal (sauf ceux du secteur du bâtiment), Bernard Bouniol, président de la CCI, semblait ouvrir la porte au projet reformaté de la Sablière, présenté dernièrement à l'ensemble des acteurs économiques. Mais à la lecture des réserves de la CCI, le visage d'Alain Calmette, maire d'Aurillac et vice-président de la communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac en charge du développement économique et de l'aménagement du territoire, s'est décomposé. Car dans l'esprit de la CCI, il ne resterait presque plus rien du premier projet faisant état de 33 000 m2 de surfaces commerciales avec notamment l'installation de Carrefour et d'une imposante galerie marchande. Après le recours de la CCI en 2009, la Caba s'est penchée sur un relookage plus en conformité aux recommandations de la Commission nationale d'aménagement commercial (portant sur la taille du site et son accessibilité).

Prise de bec verbale

Ainsi, le nouveau projet porté par la SNC Atout 15 fait valoir une surface commerciale revue à la baisse de 22 %. Quant à l'accès, le contournement d'Aurillac prend bien en compte la future zone. Mais pour la CCI, le projet présenté est encore trop grand. Bien que "favorables au développement économique et à la mise en concurrence sous toutes ses formes", les élus de la CCI dénoncent "toute situation de monopole". Les recommandations consulaires portent donc, entre autres, sur une limitation globale du projet à 15 000 m2 de surfaces commerciales, une clause de non extension de cinq ans, la limitation du nombre de boutiques dans la galerie marchande, et la possibilité pour les enseignes existantes d'accèder à la propriété... Afin de "maintenir et préserver les grands équilibres sur le bassin aurillacois", la CCI aspire également "au développement des autres pôles commerciaux existants", tout comme elle verrait d'un bon œil un projet commercial ambitieux du côté de l'Îlot des Frères Charmes (centre-ville d'Aurillac). Au-delà des recommandations de la Cnac, la CCI va donc plus loin, estimant que le projet, en l'état actuel, "paraît contradictoire", qu'il est "susceptible de remettre en cause l'équilibre des commerces de proximité", ou encore qu'un "multiple rural, c'est parfait contre la désertification". Prenant la balle au bond dès la fin de l'intervention de B. Bouniol, Alain Calmette a aussitôt réagi. "Un certain nombre d'arguments me paraîssent contestables. L'argument sur les multiples ruraux et la désertification des petites communes, je ne l'ai guère entendu de la bouche de la CCI dans le développement d'autres territoires du Cantal". Et de poursuivre : "Nous avons la chance d'avoir un investisseur prêt à mettre 60 millions d'euros sur la table sans demander un seul centime au contribuable. Il est contraint de subir un avis déconnecté de la chance entreprenariale. Soixante millions d'euros dans l'économie locale, ce n'est pas rien. Quand on voit les bassins de vie se développer autour de nous, je crois qu'on prendrait un retard considérable si ce projet n'aboutissait pas". Alain Calmette jugeant en outre "désolant que la CCI continue de se braquer contre un projet porteur de développement et permettant à Aurillac de lutter à armes égales avec les autres villes de taille moyenne. Nous avons la volonté d'équilibrer économiquement les choses avec le centre-ville... Quand on se bat sur des dossiers, c'est dur d'encaisser des refus". Présent lors de cette réunion, Paul Mourier, préfet du Cantal, s'est invité au débat. "Un territoire manque toujours de projets et on a besoin de projets pour une vraie ambition pour le Cantal. N'opposons pas les territoires. Un territoire qui se développe a des effets d'entraînements positifs sur les autres. Je vous invite à continuer le dialogue pour trouver une solution la plus harmonieuse".

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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