L'Union du Cantal 08 septembre 2010 à 14h31 | Par M. Varnieu

La paix de Carlat à New York

Alain Cousin, maire de Carlat, a participé au mois de mai à une réunion sur le désarmement nucléaire à New York. Aux côtés d’Hillary Clinton ou de Mahmoud Ahmadinejad, l’élu a rencontré les grands pontes de l’Onu.

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Bien plus que l'Océan atlantique, c'est un vrai monde qui sépare Carlat de New York, où s'est rendu au mois de mai le maire de la petite commune cantalienne, Alain Cousin. Si l'Amérique, il voulait la voir et il l'a vue, l'élu communiste de 62 ans y était surtout aller afin de participer à une réunion sur la renégociation du traité de non-prolifération (TNP) des armes nucléaires, revouvellé depuis 1972 tous les quatre ans, ou moins selon l'urgence des situations. À l'heure où les États-Unis et la Russie, les deux grands ennemis d'hier, entament une procédure de "réduction des armes stratégiques", "de nouvelles nations viennent contrarier le projet de l'Onu : l'Iran, mais également la Corée du Nord, qui adhère pourtant au TNP", relève Alain Cousin, "des états voyous qui ne respectent pas le code de la route avec leurs expériences douteuses et qui jouent avec le feu."

"Arrêtes de faire le con !"

Au gré de rencontres, le communiste a participé à des débats, des tables rondes, qui se déroulaient "souvent dans des églises baptistes", mais également à des séances plénières, où, de l'aveu même de l'intéressé, il a côtoyé "le gratin mondial !" "J'avais Hillary Clinton à quelques rangs de moi, et Mahmoud Ahmadinejad deux rangées derrière ! Je lui aurais bien demandé d'arrêter de faire le con..." Mais au-delà du "bling-bling" des personnalités, Alain Cousin a également fait connaissance avec la réalité. Beaucoup de maires de villages martyrs avaient fait le déplacement à l'Onu, pour témoigner au nom des "Majors for peace", association présidée par l'édile d'Hiroshima, vice-présidée par celui de Nagasaki. Étaient aussi présents des témoins de conflits dans le monde mais surtout les "yakabusa", les "survivants" des éclairs nucléaires. Une rencontre "très impressionnante" pour l'élu qui se souvient d'une "femme" très belle du côté droit. Le côté gauche était entièrement brûlé..." Un moment pénible à vivre - le sexagénaire s'avouant "ébranlé" - accentué son envie de témoigner, d'"expliquer que ça concerne tout le monde."

 

Alain Cousin, comme d’habitude à l’extrême gauche, aux côtés des Majors for peace, à l’image des maires d’Horoshima et de Nagasaki.
Alain Cousin, comme d’habitude à l’extrême gauche, aux côtés des Majors for peace, à l’image des maires d’Horoshima et de Nagasaki. - © DR

"Être des témoins"

Ce voyage à New York, le maire le justifie par une idée : la "paix". "Dans chaque commune, il y a un monument aux morts, avec une liste de noms. Alors oui, j'aurais pu rester à Carlat pour m'occuper de l'école, ou des chemins ruraux. Mais la question de la paix nous concerne tous." Pourtant, la réponse n'a pas encore été trouvée pour résoudre le problème de l'armement nucléaire. Pour autant, l'élu y croit : "Nous n'avons pas besoin d'attendre la guerre pour se battre pour la paix. Ce n'est pas que chez les autres que le conflit peut se produire. On ne peut pas dire que les risques, ce n'est qu'en Afghanistan ou en Irak ! Ça peut très vite dégénérer chez nous aussi avec tous ces apprentis sorciers qui se prennent pour Al Qaeda. Qui peut nous dire comment va évoluer la question basque, catalane ou belge ? Qui a pu prédire que la Yougoslavie allait se déchirer ? La vigilance s'impose en permanence." Ainsi, le "boulot" des maires est bien pour lui celui d'être "les témoins" et d'"assurer la lutte pour la paix." À son niveau, celui de la commune, le Carladézien y œuvre comme il peut, "afin de tenir les gens éveillés". Lors du dernier conseil municipal, Carlat a ainsi adhéré à l'Association française des communes, départements et régions pour la paix et son collègue de Bruni, présent lors du récent jumelage, y adhèrera également, en Italie. Bruni, qui en 14-18, a vu 80 000 de ses habitants tués, "le Verdun des Italiens." Face à tant de dégâts, passés, présents et futurs, "l'objectif final est bien qu'on en finisse avec l'arme nucléaire. Avec ce que les États possèdent, il y a de quoi détruire 20 fois le monde !" Et en témoignant de ce qu'il a vécu à New York, Alain Cousin espère bien apporter son petit rocher à l'édifice.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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