L'Union du Cantal 05 décembre 2007 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

La manifestation de soutien s’invite au concours des AOC

Le concours des fromages a été perturbé par une manifestation.

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Vincent Descœur à la rencontre des manifestants : ici aux côtés de Michel Ters, agriculteur à Roumégoux qui a hébergé les deux clandestins.
Vincent Descœur à la rencontre des manifestants : ici aux côtés de Michel Ters, agriculteur à Roumégoux qui a hébergé les deux clandestins. - © R. S.-A.
Combien seraient-ils ? Depuis l’arrestation des deux sans-papiers géorgiens à Roumégoux, le Collectif 15 contre une immigration jetable n’a eu que peu de temps pour organiser sa  manifestation de soutien. On attendait une centaine tout au plus. Ce sont finalement 350 personnes qui se sont mobilisées samedi matin en faveur de Tengiz et Zurab, retenus en centre de rétention à Lyon, et de Michel Ters, interpellé la semaine dernière pour avoir hébergé ces clandestins et proposé du travail à l’un d’eux.

Rencontrer Vincent Descoeur

D’abord, au son d’une fanfare improvisée, les membres du collectif et du Réseau éducation sans frontière, ainsi que de nombreux sympathisants, se sont massés devant le marché couvert d’Aurillac. C’est donc en musique que les manifestants ont traversé la ville jusqu’à se rendre au pied de la statue des Droits de l’homme, comme les organisateurs l’avaient annoncé. À la fois cherchant le soutien d’élus locaux et reprochant aux parlementaires d’avoir récemment voté une loi sur l’immigration, ils se sont tournés vers la permanence voisine du député Vincent Descœur. Absent, celui-ci recevait en sa qualité de président du Conseil général les producteurs d’AOC salers à l’Hôtel du Département (voir par ailleurs). Le cortège motivé a tenu à rencontrer M. Descœur et s’est donc invité au concours fromager. Pacifiques, les manifestants n’ont pas cherché à franchir les barrières mises en place pour le concours, mais ont insisté pour rencontrer le président-député. Vincent Descœur a accepté de recevoir une délégation de cinq personnes, dont Lionel Roucan, vice-président du Conseil régional, venu apporter son soutien à ce mouvement.  

La loi plus favorable aujourd’hui

Après ce premier entretien, M. Descœur est allé à la rencontre des 200 personnes qui scandaient son nom, attendant de sa part quelques explications quant à la loi et voulant s’entretenir avec lui des possibilités de trouver une issue favorable pour les deux Géorgiens expulsables. Sans se défausser face au mécontentement, l’élu a parfaitement assumé son choix politique, répondant qu’il voterait de nouveau le texte si c’était à refaire. “Cette loi adoptée définitivement en octobre est plus favorable que celle qui était en place précédemment”, a insisté le député, tout en rappelant que la décision de justice qui concerne Tengiz et Zurab date... de février. En clair, l’arrêté d’expulsion qui concerne les deux Géorgiens hébergés à Roumégoux est antérieur à la promulgation de la loi. Lundi, le député rendait compte à la préfecture  et au ministère de la mobilisation générée par cette affaire.  Vincent Descœur demandait surtout une expertise pour savoir dans quelle mesure il serait possible d’appliquer le nouveau texte à ce cas de figure  présent, Tengiz Galustov ayant signé un contrat de travail chez l’agriculteur de Roumégoux. Mais il faut faire vite, plaident les manifestants. L’expulsion pourrait en effet être rapidement prononcée. 

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