L'Union du Cantal 03 mars 2010 à 13h52 | Par C. Fournier

La lentille blonde sur la route de l’IGP

Après l’obtention du Label rouge à la fin de l’année dernière, la belle blonde de Saint-Flour s’est positionnée pour obtenir la très convoitée Indication géographique protégée (IGP).

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La lentille blonde de Saint-Flour a obtenu un Label rouge en 2009. Mais, si le label français est bien le garant d'une production de qualité et reste "un signe de qualité synonyme de notoriété", pour Daniel Ricard, président de l'association interprofessionnelle lentille blonde de Saint-Flour, il n'est qu'une étape vers l'IGP. Les producteurs visent en effet plus loin avec le label européen d'Indication géographique protégée, qui rime avec qualité mais aussi avec protection de la production sur place. À l'occasion de l'assemblée générale des producteurs de lentilles blondes et pois blancs du pays de Saint-Flour, couplée avec celle de l'Association interprofessionnelle lentille blonde de Saint-Flour, organisée lundi 22 février à Sériers, les producteurs ont redit cette volonté en validant les grandes lignes de l'actualisation de leur demande qui doit les conduire à l'obtention de cette IGP.

La réunion était animée par Denis Bonneau, conseiller de la Chambre d’agriculture, qui apporte son appui au projet.
La réunion était animée par Denis Bonneau, conseiller de la Chambre d’agriculture, qui apporte son appui au projet. - © CF

Des contraintes, mais des assurances
Cette IGP demandera évidemment aux producteurs des contraintes en termes de cahier des charges, de contrôle, etc. Ce qui aura un coût, estimé entre 5 et 10 centimes au kilo et qui sera donc répercuté sur les consommateurs, lesquesl, au terme d'une enquête récente estimait à 70 % qu'ils étaient prêts à payer plus cher un Label rouge. D'où, pour Daniel Ricard, "la possibilité d'augmenter les prix" couplée à "l'augmentation de la production avec une demande qui croît". Ce qui implique également de trouver de nouveaux producteurs et là, ce n'est pas si simple : "C'est une question de volonté personnelle et la démarche se heurte à certaines craintes également". Cependant, la blonde légumineuse convainc de plus en plus : "Trois ou quatre producteurs supplémentaires entreront dans les rangs de l'association en 2010", confirmait Serge Ramadier, président de l'association. Ils rejoindront donc "ce groupe très soudé et, dès cette année, nous aurons aussi un peu plus de surface de production". Le tableau prospectif des producteurs prévoit ainsi, pour faire face à cette demande en hausse en lentille blonde, la culture de 100 hectares en 2012, et, pour Daniel Ricard, "il faudrait vraiment y arriver. La tendance est là ! Nous sommes sûrs que le marché va se développer. Il nous faut donc produire mais sans surproduire. C'est le marché qui décide de la production, mais il y a de meilleures années que d'autres, et les producteurs doivent donc aussi pouvoir fournir sans rupture de stock, au risque de perdre des marchés". "L'idéal serait d'avoir un an de stock", complétait Serge Ramadier qui avouait avoir dû "refuser des contrats parce que l'on n'avait pas assez de lentilles". Et d'illustrer ses dires en arborant un produit marketing : une blonde "habillée" en sac de toile de jute. Elle a séduit un acheteur en Allemagne qui en aurait pris dix tonnes... Pour ces producteurs de lentille blonde, bien implantée dans les circuits locaux (GMS et épicerie), qui a pris sa place chez les restaurateurs et les épiceries, et dont le marché s'étend en France (Paris) et s'ouvre à l'international, l'argument est évidemment économique. L'un d'eux indiquait d'ailleurs que les six hectares qu'il cultive en lentilles lui avaient fourni la même rentabilité que 24 000 litres de lait l'an dernier... Quant à Henri Cairon, trésorier de l'association, il présentait, dans le registre de la promotion du produit, un document d'appel édité pour convaincre de nouveaux producteurs de s'engager aux côtés de la trentaine déjà dans la démarche. Outre la quinzaine de producteurs présents, étaient venus Astrid Delord et Didier Prat, de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) à l'invitation de l'association qu'ils suivent depuis 2003 dans le cadre de son projet IGP, et ils ont apporté des réponses techniques sur ce dossier tout aussi technique. Selon eux, "les producteurs ont fait un gros travail, mais l'aboutissement de cette demande devra passer par l'instruction des instances nationales et européennes". Pour Serge Ramadier, l'objectif est quand même "d'obtenir cette IGP dans les deux ans".
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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