L'Union du Cantal 14 septembre 2005 à 00h00 | Par Pascal Piganiol

La hausse des prix des carburants pèse sur l´activité économique

Les prix flambent à la pompe, le fioul domestique a pris 61 % depuis début 2004. Les conséquences sont lourdes, tant pour les professionnels que pour les particuliers.

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Dans certaines stations-services, le prix du litre de super sans-plomb 98 a atteint la barre symbolique des 1,50 euros (10 F). Les prix de tous les carburants ont flambé au mois d´août et subissent une hausse continue depuis plusieurs mois, particulièrement sensible sur le fioul domestique (+ 61 % depuis janvier 2004), utilisé pour le chauffage et par les agriculteurs, ainsi que sur le gazole (+ 34 %). Particuliers comme professionnels sont touchés. Les premiers auraient même tendance à s´affoler : "En août, les commandes de fioul domestique ont doublé en France comme dans le Cantal par rapport au même mois de 2004", annonce André Garrouste, président de la chambre syndicale des négociants en combustible du Cantal. Selon lui, il n´y a pourtant pas lieu de paniquer : "On ne manque pas de produit, il n´y a pas de risque de rupture d´approvisionnement, et il n´est pas impossible que les prix soient moins élevés cet hiver. D´ailleurs, depuis trois ou quatre ans, c´est sur les mois de juillet à septembre que les prix sont les plus hauts", assure-t-il.

Des surcoûts très importants

Les agriculteurs, même s´ils bénéficient cette année d´une petite remise sur la TIPP, sont parmi les professionnels les plus touchés. "J´ai acheté un tracteur de 110 chevaux il y a cinq ans. A l´époque, il me fallait vendre 300 litres de lait pour payer un plein, aujourd´hui, il m´en faut 700", témoigne un jeune agriculteur en mettant en parallèle la baisse du prix du lait et l´augmentation des charges. Car la hausse des prix du pétrole a aussi des incidences sur ceux des plastiques agricoles (+ 20 à 25 % en 2005) ou des engrais azotés (+20 % en un an). Il faut y ajouter le coût des transports des matières premières. "Sachant qu´en alimentation animale, le transport représente 25 % du coût du produit, et que le gazole a augmenté de 20 % depuis un an, on a aujourd´hui un surcoût de 5 % qui représente 25 000 euros par an pour notre entreprise", calcule Jean-Luc Doneys, directeur de la coopérative Centraliment. Si l´on extrapole ces chiffres au volume total d´aliments du bétail livrés chez les agriculteurs cantaliens, on arrive à un surcoût d´un million d´euros.

Les transporteurs inquiets

Même réflexion chez les transporteurs, qui évoquent la difficulté voire l´impossibilité de répercuter ces hausses. "Ils doivent de plus faire face à un phénomène de stagnation voire de baisse d´activité", souligne Francis Coste, technicien à la Chambre de commerce et d´industrie du Cantal, qui vient de réaliser une enquête auprès des professionnels du transport pour connaître l´impact de la hausse du prix du fioul. "Les petites comme les grosses entreprises se disent inquiètes et ne savent pas pour certaines comment elles vont faire en 2006", commente Francis Coste. "Il n´y a apparemment pas de projets de licenciements dans l´immédiat dans les grosses entreprises, mais les départs en retraite ne sont pas remplacés et les investissements gelés", ajoute-t-il. Et ce ne sont pas les mesures annoncées par le gouvernement qui vont rassurer les professionnels : "On va vers un système de redistribution qui n´est pas du tout économique et pas du tout équitable. C´est sur le prix du produit qu´il faut agir, en utilisant la TIPP flottante", préconise Bernard Bouniol, président de la CCI du Cantal.

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