L'Union du Cantal 20 avril 2016 à 08h00 | Par M. Varnieu

La gouvernance des Cités cantaliennes de l’automne ne passera peut-être pas l’hiver

Le syndicat CFDT des Cités cantaliennes de l’automne a été reçu mercredi par le préfet du Cantal, en présence notamment du président du Conseil départemental.

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Rien ne va plus aux Cités cantaliennes de l’automne (lire aussi notre édition du 9 mars). Après avoir essayé de dialoguer avec la gouvernance, après avoir alerté les autorités de tutelle (Conseil départemental et ARS), après avoir organisé une assemblée générale d’une ampleur inédite le 5 mars, les représentants du syndicat CFDT santé sociaux du Cantal ont abattu, mercredi matin, leur avant-dernière carte : une rencontre avec le préfet Richard Vignon, en présence notamment de Vincent Descœur, président du Conseil départemental, et de Mme Debaud, représentante de l’Agence régionale de santé (ARS). L’occasion pour la délégation syndicale(1) de “rappeler nos positions et de réclamer une mise sous tutelle des Cités cantaliennes”. Juridiquement, la demande de la CFDT n’est “pas recevable en l’état”, comme l’a expliqué le préfet. “Les Cités cantaliennes de l’automne ne sont pas en cessation de paiement et elles ne sont pas reconnues d’utilité publique”, décrypte Olivier Pineau, secrétaire général du syndicat CFDT santé sociaux du Cantal.

“Le préfet a répondu à nos attentes”

Si l’éventualité de la mise sous tutelle n’est donc pas envisageable, il reste une autre possibilité : stopper les financements (l’association vit grâce à des fonds publics, NDLR). “Les tutelles sont prêtes à aller jusque là s’il n’y a pas d’avancées concrètes”, assure la délégation. Une décision qui aurait toutefois de lourdes conséquences pour la structure : cela conduirait au dépôt de bilan... Les salariés ne souhaitent “pas en arriver là”. “Toutes les décisions seront prises en commun”, a précisé la CFDT. Lors de cette entrevue, l’État et le Conseil départemental “se sont montrés très attentifs. Ils ont saisi et compris la gravité de la situation”, souligne la délégation, qui dit avoir “apprécié” la main tendue du préfet. “Parce que d’habitude, on est plutôt reçu par un directeur de cabinet... Cela témoigne aussi de la prise de conscience de nos problèmes.” D’autant que les autorités de tutelle “ont découvert et entendu certains propos, comme la hausse de salaire conséquente du directeur général... Cela a jeté un grand froid...” Alors, concrètement, Richard Vignon, Vincent Descœur et l’ARS, vont “interpeler la gouvernance des Cités cantaliennes de l’automne et peser de tout leur poids pour lui demander, dans un délai le plus court possible, de prendre ses responsabilités”. Par le “délai le plus court”, entendez d’ici à 15 jours maximum. Un calendrier serré : “Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut aller vite. Nous sommes dans du droit privé, donc ni l’État, via le préfet, ni le Conseil départemental, ne peuvent faire d’ingérence. Par contre, ils peuvent faire pression.”

Les Cités cantaliennes de l’automne gèrent douze établissements qui accueillent 820 personnes et emploient 700 salariés.
Les Cités cantaliennes de l’automne gèrent douze établissements qui accueillent 820 personnes et emploient 700 salariés. - © L'Union du Cantal

Table ronde ou grève d’ici début mai ?

D’ici à la fin du mois donc, “on devrait avoir un élément de réponse quant au changement de gouvernance”, espèrent les syndicalistes, qui ont bon espoir : “Les constats sont partagés concernant l’incompétence et la mauvaise gestion financière et des ressources humaines. Nous allons rester très attentifs sur les propositions que peuvent nous faire le conseil d’administration.” En cas de “non-réponse”, ou de “mauvaises réponses”, le syndicat abattra cette fois-ci sa dernière carte : “Nous n’écartons pas la possibilité de lancer un appel à la grève à partir de début mai, prévient Olivier Pineau. Nous avons le mandat de la majorité des salariés pour le faire.” Ils en ont conscience, cette “action ultime” causerait de gros soucis, pour des salariés déjà affaiblis socialement (perte des acquis sociaux,...), mais aussi, et surtout, dans la prise en charge des malades. “Il n’y a pas de service minimum chez nous, il faudrait recaser tout le monde ailleurs.” Tout le monde, cela signifie plus de 820 personnes âgées et dépendantes à reloger. Un beau bazar en perspective. Que la CFDT a prévenu depuis longtemps...

 

(1) Composée d’Ève Rescanières, secrétaire nationale représentante de la fédération CFDT santé sociaux ; Valérie Guillaume, secrétaire générale de l’URI (Union régionale interprofessionnelle) CFDT ; Françoise Prulhière, secrétaire générale Union professionnelle régionale santé sociaux mandatée ARS ; Jeanine Taillade, déléguée syndicale CFDT des Cités cantaliennes de l’automne,...

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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