L'Union du Cantal 23 mai 2006 à 00h00 | Par P.Piganiol

La fracture numérique s’estompe, les usages se multiplient

Des élus et acteurs ruraux de toute la France ont participé les 17 et 18 mai à Aurillac au 1er forum “Ruralitic” qui a montré les atouts d’internet pour le monde rural.

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La Région va installer 60 de ces Points visio-public sur le territoire auvergnat.
La Région va installer 60 de ces Points visio-public sur le territoire auvergnat. - © L'Union du Cantal
Le Cantal a accueilli les 17 et 18 mai le premier colloque national “Ruralitic”, sur le thème de “l’e-administration au coeur de l’aménagement et de la compétitivité des territoires ruraux”. Il a regroupé à Aurillac quelque 300 élus, agents publics ou entrepreneurs venus de toute la France pour échanger sur leurs usages des nouvelles technologies de la communication et de l’information et sur les actions mises en oeuvre pour en vulgariser l’utilisation. Un enjeu fort, à l’heure où l’Insee publie les résultats d’une enquête qui révèle que, désormais, un Français sur quatre (28 % précisément) utilise internet quotidiennement. Ce colloque a montré que le risque d’une fracture numérique au détriment du monde rural semble en passe de s’estomper. Et démontré au travers d’une multitude d’exemples qu’il peut s’en servir pour faciliter la vie de ses habitants et en attirer d’autres.

94 % des Cantaliens desservis par l’ADSL

“Il y a deux ans, seulement 39 % des Cantaliens avaient accès à l’internet à haut débit. 94 % seront desservis fin 2006”, affirme Bruno Janet, directeur des relations avec les collectivités locales à France-Télécom. “Le Conseil général et le Conseil régional prendront ensuite le relais pour faire en sorte que la quasi totalité de la population soit couverte fin 2007”, complète Fabien Miedzianowski, directeur des services d’information et des nouvelles technologies au Conseil général du Cantal, en évoquant la solution du Wimax. “Mais les tuyaux sans les services, ça ne sert à rien”, a souligné M. Janet, venu signer avec le président du Conseil général une convention qui, dans le prolongement du programme Cybercantal, vise à déployer de nouveaux usages d’internet dans les domaines de l’action sociale, de la santé, de l’aménagement du territoire, de l’éducation ou de l’administration électronique. Les neuf ateliers thématiques qui ont ponctué le colloque ont d’ailleurs permis de constater que les nouvelles technologies de communication, en abolissant les distances, voire en simplifiant les démarches administratives, peuvent rendre de nombreux services aux ruraux. Exemples : à partir du mois de juin, tout citoyen français pourra obtenir gratuitement via internet un acte de naissance grâce au site “actedenaissance.fr”, a témoigné une représentante de la Direction générale de la modernisation de l’Etat. Un agent du Conseil général des Yvelines a de son côté expliqué que sa collectivité espérait ramener de deux mois à quinze jours le délai d’instruction des demandes d’Apa (Allocation personnalisée à l’autonomie) grâce aux téléprocédures. Dans un autre domaine, une cancérologue du centre Jean-Perrin de Clermont-Ferrand a raconté comment, grâce à la visio-conférence, elle pouvait épauler un médecin généraliste et échanger des données avec lui où qu’il soit.


De nouveaux services en milieu rural

Ces nouvelles technologies peuvent aussi contribuer au maintien voire d’apporter de nouveaux services en milieu rural. Ainsi, le Conseil général a-t-il entrepris d’installer à l’échelle des cantons des “points visio-accueil”, grâce auxquels un usager peut par exemple dialoguer à distance avec un conseiller de la MSA, de la CPAM ou de l’ANPE (coût : 8 000 euros, pris en charge pour moitié par le Département). Le Conseil régional lui a emboîté le pas en lançant un programme d’équipement en “Points visio-public” qui, outre l’image, permettent d’échanger instantanément des documents grâce à un scanner et une imprimante : il prévoit d’en installer 60 en trois ans sur le territoire auvergnat, la première dans le Cantal à la Maison des services de Maurs. Chaque machine coûte 14 000 euros pris en charge à 80 % par le Conseil régional et 20 % par les conseils généraux. A l’autre bout, les organismes utilisateurs de ce service devront quant à eux s’équiper d’un matériel qui revient à 6 000 euros. Pour Jean-Michel Astier, président du comité scientifique du Forum européen de l’administration électronique (il dirige la société Communotic, qui a son siège à Saint-Vincent de Salers), organisateur de ce colloque avec le Conseil général, les nouvelles technologies peuvent conduire à “un rééquilibrage des populations et activités sur le territoire”. C’est le pari qu’il reste à relever.

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