L'Union du Cantal 18 juillet 2018 à 11h00 | Par Renaud Saint-André

L'engagement coule dans les veines de Denis Boudou, secrétaire général du syndicat des Jeunes agriculteurs du Cantal

Récemment nommé secrétaire général du syndicat des Jeunes agriculteurs du Cantal, l'éleveur de Saint-Constant-Fournoulès montre l'exemple de ce qu'il promeut : l'engagement.

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"Il y a 25 ans que je suis paysan !" Voilà comment Denis Boudou se présente, un sourire derrière sa barbe auburn. Le calcul est simple : né en octobre 1992, le jeune agriculteur était déterminé dès son plus jeune âge. Une vocation précoce qui a motivé Annie et Louis, ses parents, à moderniser l'exploitation. "J'étais encore en maison familiale quand mon père a acheté pour moi un tracteur. Sans mon installation, je ne suis pas sûr qu'il l'aurait changé", témoigne Denis. Une détermination à même de rassurer quant à l'avenir de l'exploitation familiale, ses deux soeurs ayant fait des choix très différents. Une motivation à intégrer le milieu agricole si poussée, qu'avant même son installation, il a adhéré au syndicat des Jeunes agriculteurs du Cantal, structure dont il se retrouve propulsé aujourd'hui numéro 2 : depuis avril, Denis Boudou est secrétaire général, le poste le plus important après celui de président qu'occupe son ami Francis Flagel, de Condat.

Ouverture d'esprit

"Le secrétaire général a pour mission la gestion de l'équipe salariée : une directrice, une animatrice et une secrétaire, plus deux personnes au service de remplacement. Et le travail qui me paraît le plus important, c'est la relance syndicale. À la rencontre de jeunes en cours d'installation ou fraîchement installés, je leur explique qui nous sommes, à quoi on sert et comment animer les territoires(1)", stipule celui qui court, un à un, tous les cantons du département. Denis Boudou leur parle d'engagement au sens large. "Ce n'est pas qu'aux JA ! C'est aussi au sein de leur commune, de leur banque ou de leur club de foot, plaide-t-il. S'ouvrir aux autres rapporte forcément. Pas nécessairement sur le plan financier, mais techniquement, intelligemment, socialement." Cette ouverture d'esprit, Denis Boudou la cultive de longue date. Dès qu'il a pu, il a intégré la maison familiale de Marcolès, à quelques kilomètres de la ferme. Puis, durant un an, il prépare une spécialisation laitière au pôle de formation agricole de Bernussou, à Villefranche-de-Rouergue. "La meilleure année de ma vie", s'enthousiaste-t-il. Et pas seulement parce qu'il goûtait à une forme d'indépendance, dans "un appartement à moi"... "À cette école, il n'y avait pas de professeurs à proprement parler, mais des formateurs qui étaient contrôleurs laitiers, éleveurs, ou qui travaillaient sur des machines à traire... Des choses pratiques, résume Denis. C'est un contrat de spécialisation qui se déroule en alternance. Comme mes parents avaient besoin de moi, durant cette année, je suis devenu leur salarié." Un an et demi plus tard, après un passage comme salarié du Contrôle laitier, le jeune agriculteur s'installe pour de bon. "Mes parents m'ont toujours poussé à voir autre chose avant l'installation. Ils ont eu raison." La formation mise en place par les JA, "Devenir acteur en milieu rural", suivie durant un mois complet en 2013, a également été déterminante, offrant cette ouverture d'esprit que revendique Denis Boudou et qui le guide encore aujourd'hui. "L'idée d'aller en groupe à Paris et Bruxelles, à la découverte des institutions, a été déterminante. Et tout ce qui a été abordé durant cette session m'est utile aujourd'hui : le fonctionnement des organisations professionnelles agricoles, la présentation d'autres systèmes d'élevage et même le volet communication qui m'amène aujourd'hui à répondre à un journaliste. Car devenir agriculteur, ce n'est pas rester au cul des vaches, c'est aussi être curieux, voir ce qui se fait ailleurs, analyser et en garder le meilleur. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai souhaité prendre des responsabilités au sein de cette formation dont je suis devenu co-responsable l'année suivante. À ce jour, je n'ai toujours pas envie de la lâcher. Et je prépare une nouvelle session qui se tiendra du 27 août au 7 septembre(2)."

Denis Boudou sur son exploitation de Saint-Constant-Fournoulès, en Châtaigneraie cantalienne.
Denis Boudou sur son exploitation de Saint-Constant-Fournoulès, en Châtaigneraie cantalienne. - © R. S.-A.

Une formation qui marque

C'est aussi cette formation, rebaptisée depuis "Devenir chef d'entreprise agricole", qui va offrir à Denis son premier visa pour entrer au bureau départemental des JA. Avant d'accéder au poste qu'il occupe, il était trésorier adjoint après avoir été président cantonal de Maurs. Parallèlement, Denis Boudou est trésorier de deux Cumas, trésorier adjoint du GDA de Maurs, administrateur à la caisse locale du Crédit agricole, adhérent à une banque de travail... et infatigable bon vivant. "N'oublions pas la convivialité. Aux JA, on considère que c'est important. C'est pourquoi, aux côtés des groupes lait, viande et installation, nous avons aussi ouvert un groupe convivialité. Julie Rigal, du canton de Vic, en est responsable", précise-t-il. Engagement, ouverture sur le monde, intérêt pour l'actualité et l'ensemble des productions, notamment à travers la presse agricole, mais aussi convivialité : voilà quelques-uns des messages que le secrétaire général des Jeunes agriculteurs du Cantal promet de s'employer à faire passer durant son mandat de deux ans. Renouvelable...

(1) Le Cantal compte autour de 300 jeunes agriculteurs à jour de leur cotisation.

(2) La dernière session avait été annulée faute de fonds Vivea suffisants. Pour s'inscrire à la prochaine formation, contacter les JA du Cantal au 04 71 45 55 67.

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