L'Union du Cantal 19 avril 2017 à 08h00 | Par S. Chatenet

L’élevage : leur projet, leur boussole

Quelles sont les aspirations des jeunes Cantaliens en 2017 ? La passion de l’agriculture chevillée au corps, Louis, Céline, Bastien, Jérôme, Pierre, Cyril, etc., ont foi… en eux. À la veille du premier tour, L’union du Cantal est allé à leur rencontre.

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Céline, Jérôme, Bastien, Pierre, Cyril… élèves aujourd’hui, éleveurs demain.
Céline, Jérôme, Bastien, Pierre, Cyril… élèves aujourd’hui, éleveurs demain. - © L'union du Cantal

Ils ont vu leurs parents galérer, enchaîner les années difficiles ponctuées de maigres récoltes, tomber huit fois, se relever dix… Les soirées de Noël dans l’étable à assister à la naissance d’un veau, il y en a eu plus d’une. Ces vêlages de la nativité, valaient pour eux tous les cadeaux du monde. Des étoiles encore plein les yeux, Céline se souvient avec émotion de ces petits moments de communion volés au destin. C’est la somme de ces instants passés aux côtés des bêtes, qui a forgé son envie de devenir éleveur, malgré les difficultés, malgré l’intensité d’un travail que d’aucuns comparent à un sacerdoce.
Tout comme Céline, Jérôme, Bastien, Pierre, Cyril et les autres, ils ont su un beau jour qu’ils marcheraient dans les pas de leurs parents. Par devoir et souci de la transmission, peutêtre un peu, par passion, résolument. Tous suivent un cursus agricole au lycée Louis-Pasteur de Saint-Flour, avec la ferme intention de s’installer en agriculture “sans tarder”.


Devenir éleveur, leur cap

Et derrière leur candeur et leur enthousiasme juvéniles, ils sont impressionnants de maturité, bien au fait des embûches qui les attendent. “Si on veut construire un bâtiment, il faut faire des tas d’études, remplir des quantités astronomiques de papiers…pour au final, pas être sûr d’être soutenu”, affirme Bastien. À 16 ans, ils ont un raisonnement d’adultes pour devenir demain des chefs d’exploitation maîtres de leur destin.
Un rêve de gosse, que l’âpreté de la crise n’aura pas suffi à ébranler. Plus à l’aise dans une stabulation auprès de leurs bêtes que dans l’arène politique, les jeunes regrettent pourtant que trop peu de fondamentaux apparaissent dans les programmes des candidats à la présidentielle. “On lit, on écoute ce qu’ils racontent. Mais on ne sait pas où ils veulent nous amener”, estiment Kevin et Éric. À 19 et 18 ans, ils voteront pour la première fois. Sans adhérer franchement à un projet : “On sait pour qui on ne votera pas…” En l’absence de cap, orphelins de chef, les jeunes ont foi dans leur projet. C’est leur moteur, leur boussole autour de laquelle ils n’en finissent pas de se retrouver.


Résistance et résilience

Jérôme regrette que les candidats soient si coupés des réalités. L’agriculteur en herbe est convaincu que “celui qui proposera des prix agricoles plus justes et moins variables remportera l’adhésion de la plupart des paysans”. Il a suivi les premiers débats et sera attentif aux résultats, même s’il ne se fait guère d’illusions quant à la portée de l’action publique. “Tous les candidats ont défilé au Salon de l’agriculture. Ils se souviennent des agriculteurs une fois par an, et après, plus rien.” Ce manque de reconnaissance n’empêche pas la jeunesse de faire son chemin. “Oui, on sait qu’il y aura probablement des moments difficiles, qu’il faudra relever les manches, se serrer les coudes, mais ce métier d’éleveur on l’a choisi, témoigne Cyril, confiant dans les capacités de résistance et de résilience du monde agricole. Des générations nous ont précédés, et ont démontré que malgré les crises, notre métier avait un sens.” Si vue de Saint-Flour, l’Europe semble bien éloignée des préoccupations de ces jeunes adultes, ils savent toutefois ce que les agriculteurs lui doivent : “La politique agricole, même imparfaite, a le mérite d’exister. Il faut se battre pour que les spécificités de nos territoires de montagne soient reconnues à l’échelle européenne.” 
Mais de cette Europe à réinventer, “trop peu de candidats en parlent”. À moins que ce ne soit les journalistes qui n’en fassent pas suffisamment écho, “trop occupés à empiler les casseroles pour faire le buzz”…

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